Vague des démissions en RDC

Plusieurs personnalités politiques ont quitté leurs fonctions cette semaine en République démocratique du Congo; une première dans un pays où les politiciens ont réputation de s’accorcher au pouvoir. 

Après Charles Mwando Simba, aujourd’hui vendredi, c’est le tour de Modeste Mutinga de rendre le tablier comme rapporteur du Sénat. Contacté au téléphone, il a confirmé se soumettre volontiers à cette exigence, après avoir été reçu par le secrétaire général Aubin Minaku qui a signifié à chacun des personnes concernées le choix entre le désaveu de leurs leaders respectifs pour garder le poste ou la démission. « Si nous demandons au chef de l’Etat de respecter les deux mandats constitutionnels, pourquoi moi je m’accrocherais alors que j’ai accompli  pratiquement deux mandats comme rapporteur du Sénat ? ». Il est aussi fait état de la démission du secrétaire général adjoint Molisho de la Majorité présidentielle, ce même vendredi. Des membres du gouvernement seraient aussi en train de rédiger leurs lettres de démission, tirant les conséquences des ordonnances présidentielles de révocation. Une nouvelle culture vient de voir le jour.

Des majors que la MP avait haut perchés dans les institutions ont décidé de tirer les conséquences de révocations du conseiller spécial Pierre Lumbi et du ministre du Plan Olivier Kamitatu. En cascade, des démissions se succèdent. La première est venue du 1er vice-président Charles Mwando Nsimba qui l’a déposé le jeudi 17 septembre 2015 auprès du président de l’Assemblée nationale. Il est suivi par le rapporteur de la Chambre basse Ezadri. Aujourd’hui, la série va continuer avec les démissions du sénateur Mutinga et du secrétaire général adjoint de la MP Mulisho. La liste risque d’être longue d’autant plus que des membres du gouvernement ont décidé, eux aussi, de quitter les avantages au nom de leur conviction sur le respect de la Constitution.

Les révocations, mercredi, de deux personnalités du Groupe de 7 (G7) a ouvert les vannes à une série qui est loin de se refermer sans conséquences. Le premier à ouvrir le bal, c’est le président de l’Union nationale des démocrates fédéralistes (Unadef), Charles Mwando Nsimba, l’un des signataires de la lettre demandant au président Kabila le respect de la Constitution pour l’organisation des élections. Il a déposé sa démission du poste de 1er vice-président de l’Assemblée nationale. L’annonce a été faite au cours d’une conférence de presse animée, jeudi 17 septembre, par les membres du G7 au Fleuve Congo Hôtel. Tout le quorum affichait complet. A l’exception de Gabriel Kyungu wa Kumwanza retourné à Lubumbashi pour s’occuper de l’assemblée provinciale de sa nouvelle province, Pierre Lumbi empêché, Banza Maloba en déplacement, tous les signataires ont répondu présents, à savoir Charles Mwando Nsimba, José Endundo Bononge, Olivier Kamitatu, Christophe Lutundula, … Les absents se sont faits représentés par des hauts cadres de leurs partis respectifs. Le député Muhindo Nzangi notamment a représenté l’ex-conseiller spécial du chef de l’Etat, Pierre Lumbi.

A la même occasion, le doyen Mwando Nsimba qui a présidé la conférence de presse, a annoncé que « le G7 est dorénavant une plate-forme politique, son fonctionnement va être établi et rendu public dans une charte ». C’est dire que non seulement ces « frondeurs-rénovateurs » ont pris acte de leur révocation, mais ils en ont tiré les conséquences qui s’imposent. « Notre démarche consiste au respect de la Constitution qui limite le nombre de mandats à deux ; nous voulions un débat interne, malheureusement la réunion avait tourné en un procès politique », a indiqué Mwando Nsimba.

Le G7 a indiqué clairement qu’il ne voulait pas s’embarquer sur le « virage dangereux » qu’a pris la MP. Ces ex-cadres de la Majorité présidentielle tracent désormais leur propre chemin. « Nous allons créer un grand mouvement populaire qui va entraîner le peuple dans l’organisation des élections libres dans le délai constitutionnel ».

Vont-ils rejoindre l’Opposition ? « Il est hors de question », a rétorqué Kamitatu. Le G7 considère qu’il défend une ligne qui est démocratique, une valeur qui est le respect de la Constitution. Ont-ils pris la bonne décision ou c’est sous l’effet d’un simple procès d’intention que les signataires soupçonnent Joseph Kabila d’éviter l’alternance ? « Si nous nous sommes trompés, c’est à la MP de nous prouver qu’elle est pour le respect de la Constitution », a renchéri l’ex-ministre du Plan. « Nous avions voulu que les débats sur l’alternance se fassent à l’interne. En réponse, ce sont des ordonnances de révocation », a-t-il conclu.

A propos de démissions, les 7 leaders du G7 ont laissé la latitude à chaque membre d’user de sa liberté, devant sa conscience. Peu importe le nombre, le plus important pour le « Groupe de 7 » reste la symbolique d’une nouvelle culture de démission introduite dans les mœurs politiques congolaises.

Soutien  de la base

Pendant que, entre-temps, dans un communiqué rendu public le même jeudi, le Bureau politique de la Majorité présidentielle demande à tous les parlementaires membres des bureaux de deux Chambres, ainsi qu’à tous les ministres dont les partis sont représentés dans le G7 à « désavouer publiquement les signataires de la lettre ouverte adressée à Joseph Kabila ou à démissionner », les états-majors de sept partis exclus de la MP affichent un soutien indéfectible à leurs leaders respectifs.

Le comité directeur de l’Alliance pour le renouveau du Congo (ARC) a exprimé jeudi dans un communiqué son soutien à son président national, Olivier Kamitatu, renvoyé du gouvernement par Joseph Kabila pour avoir signé la lettre des sept. Le parti affirme aussi son « soutien indéfectible au G7 dans son combat visant le respect de la Constitution et des valeurs républicaines et démocratiques ».

Même réaction du côté du Mouvement social pour le renouveau (MSR) qui soutient également son autorité morale, Pierre Lumbi, révoqué de ses fonctions de conseiller principal du chef de l’Etat en matière de sécurité.

Le président Joseph Kabila a révoqué mercredi le ministre du Plan, Olivier Kamitatu et son conseiller spécial en matière de sécurité, Pierre Lumbi. Plus tôt dans la journée, le bureau de la Majorité avait décidé d’exclure les sept frondeurs qui en étaient à leur troisième lettre à Joseph Kabila. Le G7 accuse la Majorité présidentielle d’user des manœuvres dilatoires pour ne pas tenir les élections d’ici à fin 2016.

Des démissions en cascade

Après Charles Mwando Simba, aujourd’hui vendredi, c’est le tour de Modeste Mutinga de rendre le tablier comme rapporteur du Sénat. Contacté au téléphone, il a confirmé se soumettre volontiers à cette exigence, après avoir été reçu par le secrétaire général Aubin Minaku qui a signifié à chacun des personnes concernées le choix entre le désaveu de leurs leaders respectifs pour garder le poste ou la démission. « Si nous demandons au chef de l’Etat de respecter les deux mandats constitutionnels, pourquoi moi je m’accrocherais alors que j’ai accompli  pratiquement deux mandats comme rapporteur du Sénat ? ». Il est aussi fait état de la démission du secrétaire général adjoint Molisho de la Majorité présidentielle, ce même vendredi. Des membres du gouvernement seraient aussi en train de rédiger leurs lettres de démission, tirant les conséquences des ordonnances présidentielles de révocation. Une nouvelle culture vient de voir le jour.

 

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