Corruption : la plainte de Joseph Kabila sans suite !

Aujourd’hui, l’opinion semble donner raison à ceux qui n’ont pas cru en l’action du chef de l’Etat, la qualifiant d’opération de charme. Le silence est total du côté du PGR. Personne n’est interpellé, ni traqué, encore moins arrêté. On ignore même si des enquêtes ont déjà été initiées dans ce sens.

Cela fait aujourd’hui deux mois depuis que le président de la République, Joseph Kabila, a déposé, à travers son conseiller Luzolo Bambi, une dénonciation auprès du procureur général de la République, contre la corruption, le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Une très bonne initiative surtout que la RDC compte parmi les pays les plus corrompus, selon le rapport sur la corruption publié en décembre 2014 par Transparency International.

C’était, en effet, un certain mardi 23 juin 2015, que le chef de l’Etat a officiellement saisi le PGR pour lui remettre ce que d’aucuns ont qualifié de » plainte « , dénonçant ainsi de nombreux cas de détournements de deniers publics et de corruption. Ce, dans tous les secteurs de la vie nationale.

Selon des sources, des noms de plusieurs autorités du pays seraient cités dans cette dénonciation, dont des gouverneurs de provinces en fonction. Quelques anciens dirigeants figureraient également sur la liste.

Si les uns avaient salué l’action du chef de l’Etat pour arrêter l’hémorragie dans le secteur de la corruption et du détournement de deniers publics en République démocratique du Congo, les autres l’ont qualifiée d’une distraction pure et simple pour détourner l’attention des Congolais face aux problèmes réels, notamment l’organisation des élections législatives et présidentielle en 2016 pour une alternance.

Pour une autre catégorie de Congolais, c’était une action de charme pour attirer la sympathie de la population à quelques mois de la fin de ce mandat, de manière à la séduire pour obtenir demeurer au pouvoir au-delà du délai constitutionnel.

Aujourd’hui, deux mois après, l’opinion semble donner raison à ceux qui n’ont pas cru en cette dénonciation du chef de l’Etat. Le silence est total. Personne n’est interpelé, ni traqué, encore moins arrêté. On ignore même si des enquêtes ont déjà été initiées dans ce sens. Pourtant, Luzolo Bambi avait déclaré que » le Chef de l’Etat vient ainsi d’accomplir sa part de responsabilité, à la justice aussi d’accomplir la sienne « .

Au contraire, des cas ne cessent de se multiplier dans les institutions du pays, sans que le procureur général de la République ne s’y penche. Par exemple, à en croire des sources proches du Palais du peuple, lors du vote de la loi sur la répartition des sièges au Sénat qui était pour la deuxième fois en session extraordinaire pendant la même période de vacances parlementaires, des actes de corruption auraient été signalés. Comme plusieurs sources en ont fait état, le PGR pouvait bien mener d’autres enquêtes pour mettre hors d’état de nuire les ennemis de la bonne gouvernance en République démocratique du Congo.

Des bâtiments et édifices publics surfacturés, des passations de marchés obscures… méritent aussi des enquêtes et audits, car beaucoup d’individus se sont scandaleusement enrichis dans ces dossiers, dans l’impunité la plus totale.

Luzolo Bambi reconnait que » la corruption est devenue endémique en RDC « , et qu’il faut l’arrêter. Par exemple, rien que pour la fraude fiscale, 15 milliards de dollars américains vont dans des poches des particuliers chaque année, alors que le budget annuel de la RD Congo est de huit milliards.

Une autorité du pays dont le nom serait cité sur la liste des détourneurs des deniers publics et des corrupteurs, avait promis d’éventrer le boa au cas où il se trouvait devant les juges. L’opinion se demande si les concernés ont jugé mieux d’étouffer le dossier au lieu d’alerter la planète entière, car les loups ne se mangent pas entre eux.

De toutes les façons, le peuple attend voir la justice congolaise jeter les assassins économiques et financiers de la République démocratique du Congo en prison, avant la fin du mandat de Joseph Kabila qui interviendra dans 483 jours exactement.

Ainsi donc, avant les élections du 27 novembre 2016, la République démocratique du Congo quittera la 154ème place sur 174 pays classés comme les plus corrompus de la planète, à en croire Transparency International.

Par Lefils Matady

La Tempête des Tropiques

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