“Kabila désir” ou le désir de Kin Kiey Mulumba

« Le « glissement » ? Mais on y est déjà, à moins que ce soit le pourrissement, que peut-être l’opposition souhaite…D’ores et déjà, il est certain que le pays ne sera pas prêt à mener le cycle électoral tel qu’il est prévu. Il faut donc réfléchir à d’autres solutions.. »
Ministre chargé des relations avec le Parlement, Tryphon Kin Kiey Mulumba a gardé de son passé de journaliste et d’éditeur (Le Soft) le goût des analyses pointues, dérangeantes s’il le faut. De passage en Belgique, il nous a confié quelques une de ses réflexions. Pour lui, «en face, le pouvoir n’a guère d’interlocuteur. Etienne Tshisekedi, le chef historique de l’UDPS, a accepté le principe du dialogue avec le pouvoir, Vital Kamerhe n’est pas pour ce dialogue mais il souhaiterait pouvoir s’entretenir en tête à tête avec le président Kabila. La vérité, c’est qu’aucun parti n’est réellement prêt à aller aux élections dans les délais impartis. Il faut donc réaménager… »

Ainsi qu’il l’avait déjà confié à RFI, Kin Kiey Mulumba nous confirme qu’il n’est pas réellement favorable au « glissement » c’est-à-dire à un recul de la date des élections pour des raisons techniques ou présentées comme telles, (manque de financement, absence de la communauté internationale qui est loin d’être prête à financer l’exercice…)Pour lui, qui a mis sur orbite un slogan simple « Kabila désir » il n’y a qu’une solution, voir Joseph Kabila rester au pouvoir afin de poursuivre le travail commencé.

Eloquent, Mulumba ne se fait pas prier pour rappeler les réalisations du « chef » : « le pays est en pleine construction, le Congo a enfin décollé. Même dans l’arrière pays on construit des infrastructures, les routes sortent de terre, à Kinshasa le nouvel aéroport a été inauguré ainsi qu’à la Luano (Lubumbashi), la société des chemins de fer a été dotée de nouvelles locomotives, des villes nouvelles sont en construction, la stabilité est rétablie, la production de cuivre atteint le record historique d’un million de tonnes par an…. Jeune encore, le président est en pleine possession de ses moyens, pourquoi le mettre en congé alors qu’il a encore tant à faire… »

Le ministre ne nie cependant pas la réalité des mouvements populaires mais il minimise la portée des émeutes de janvier, et relativise les injonctions internationales : « lors de son voyage en Afrique, le président Obama a dit que les présidents devaient respecter leurs constitutions, ne pas s’éterniser au pouvoir. Mais il oublie que dans on propre pays, le président Roosevelt a été reconduit quatre fois. Qu’en Ouganda le président Museveni est au pouvoir depuis 1986. Qu’au Rwanda le président Kagame se prépare à se faire réélire. Ce qui compte pour moi, ce n’est pas la personne de Kabila, c’est le Congo, il faut maintenir l’élan actuel… »

Un éventuel changement de constitution n’émeut pas le ministre, qui rappelle que l’essentiel c’est de préserver les acquis de la démocratie, « notre presse est l’une des plus libres du continent, la population congolaise est très attachée à ce climat de liberté. ». Mais surtout, pour défendre une prolongation de M. Kabila à son poste présidentiel, le ministre, un « vieux de la vieille » qui connut la fin du mobutisme et participa à la rébellion du RCD Goma, ne craint pas les accents prophétiques : » la guerre n’est pas nécessairement derrière nous. La région n’est pas stable, les périls restent nombreux : la rébellion du M23 n’a pas totalement désarmé, il y a toujours des violences à Beni, le péril islamique est une réalité, on parle des la guerre de l’eau… Autrement dit, le Congo a besoin, a envie, d’un homme comme le président Kabila… »

Le seul point sur lequel M. Mulumba ne communique pas, ce sont les sentiments du président lui-même. Lui, c’est clair, il désire Kabila. Mais Kabila lui-même, désire-t-il poursuivre, en dépit des termes de la constitution, et des exemples du Burkina Faso et du Burundi où la perspective d’un troisième mandat a suscité les troubles que… lire la suite sur le blog de Colette Braeckman

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  • Mr Tryphon, soyez sage en respectant la Constitution. Il ne faut être vieux pour quitter le fauteuil, sinon un typhon vous balayerait et cela serait dommageable pour vous.