Comment la Francafrique pillait le Zaïre de Mobutu

Côte d’Ivoire, le Cameroun ou le Gabon sont beaucoup plus voyants dans la Françafrique que le Zaïre. Nous commencerons pourtant par examiner les liaisons franco-zaïroises, car ce pays très vaste, à la population nombreuse et potentiellement très riche est, sous l’apparence anarchique, un modèle contagieux d’exploitation criminelle. La Françafrique a cherché, et souvent réussi, à y supplanter les deux autres  » parrains  » traditionnels, la Belgique et les Etats-Unis.

PILLAGE

 » Tout ce qui a été dit et écrit à propos du président zaïrois est vrai. La réalité est même pire et plus dérisoire encore « . Le tableau qu’en présente Philippe Madelin, dans L’or des dictatures (30), est effarant. Celui qu’a vécu de l’intérieur et que décrit Emmanuel Dungia dépasse les conclusions de l’enquêteur.

Mobutu ne gère pas le Zaïre, il le vampirise :

 » Commencé de façon artisanale au début de son règne, le pillage ou mieux le « siphonnage » des ressources matérielles et financières du pays a ensuite été organisé sur une échelle industrielle à partir de l’année 1979 […]. Le Maréchal ne se fait plus d’illusions sur sa capacité de bâtir un pays moderne et de redresser une situation déjà fort compromise. Son ambition va alors se réduire à accumuler des richesses personnelles pour préparer sa retraite et éviter d’être pris au « dépourvu » (31) ».

Déjà pourtant, en 1979, le tableau était accablant. Erwin Blumenthal, ancien responsable du département des Affaires Etrangères de la Bundesbank (un témoin sérieux !), avait été envoyé à Kinshasa par le FMI et la Banque Mondiale pour redresser le Trésor zaïrois. Directeur de l’équipe du FMI au Zaïre, puis Directeur Général de la Banque du Zaïre en 1978-1979, il avait dû s’enfuir sous les menaces physiques. Il rédige en 1982 une étude confidentielle (32), après un long entretien avec l’ancien Premier ministre (exilé à l’époque) Nguz a Karl-I-Bond :  » Ce rapport montre d’une manière flagrante à quel point le système de corruption en vigueur au Zaïre, sous ses aspects les plus sordides et malfaisants, l’impossibilité de contrôle des fraudes, anéantissent toutes tentatives des institutions internationales, des pays amis ou des banques commerciales qui persistent à croire à un redressement de l’économie zaïroise. Il y aura certainement de nouvelles promesses (33) de Mobutu et des membres de son gouvernement et la dette extérieure qui ne cesse d’augmenter obtiendra de nouveaux délais mais il n’y a aucune – je répète aucune – chance à l’horizon pour que les nombreux créanciers du Zaïre récupèrent leurs fonds. On pourrait bien sûr me faire remarquer que j’ai quitté le Zaïre il y a presque trois ans et que les événements et les faits mentionnés dans ce rapport sont quelque peu dépassés. Se pourrait-il qu’entre-temps l’attitude du Président et la manière d’agir de ceux qui l’entourent aient changé ? Même si on voulait se persuader qu’un chat peut cesser un jour de s’intéresser aux souris : dans le cas présent, cela ne s’est vraiment pas produit (34) ».

Douze ans de cauchemar plus tard, Jacques Amalric constate :  » La preuve est aujourd’hui faite qu’en dépit de toutes ses promesses (35), le président zaïrois et ses proches tiennent toujours fermement les cordons de la bourse, pillent et détournent sans scrupules des ressources indispensables au renflouement du pays (36) ». En l’occurrence, les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent : un Occident trop content, on le verra, de ces détournements.

Erwin Blumenthal cite un rapport parlementaire qui dresse la liste des prélèvements de Mobutu et de sa famille sur la Banque du Zaïre, de 1977 à 1979. Il y en a pour plus de 3,6 milliards de Francs belges (environ 600 millions de FF). Or, il ne s’agit que de la partie visible des prélèvements. Mobutu, déjà à cette époque, faisait expédier clandestinement en Afrique du Sud des avions-cargos chargés de fûts de cobalt, et commercialisés par Philbro.  » L’argent ainsi perçu était versé directement au compte numéroté de Mobutu en Suisse (37) ». Des trains entiers de lingots de cuivre ou de zinc sont expédiés hors comptabilité de la Gécamines : chacune de ces expéditions peut représenter jusqu’à 100 millions de FF Le jeu est bien plus facile encore pour la soustraction des diamants. Non content de ces ventes clandestines, Mobutu prélève aussi une part sur les ventes officielles. Et quand l’Arabie Saoudite accorde au Zaïre un chèque de 5 millions de dollars, il l’encaisse personnellement.

Après avoir dressé la liste des biens immobiliers de Mobutu en Europe, et mentionné la fortune considérable administrée en Suisse avec l’appui de l’ancien Président de la Confédération, Nello Celio, Blumenthal évaluait la fortune du dictateur zaïrois : 4 milliards de $ en 1982.

Même si le  » Guide  » dépense énormément, même s’il faut peut-être aujourd’hui diviser ce dernier chiffre par 2, l’ampleur et la diversité des moyens de pillage que Mobutu a mis en place rendent vraisemblables de tels ordres de grandeur. Il fait par exemple imprimer jusqu’à trois fois les mêmes billets de banque (38). Les deux-tiers de la masse monétaire ainsi injectée vont alors directement dans sa cassette personnelle, et l’inflation atteint 8 000 % ; ce vrai faux-monnayage est orchestré par le Libanais Khannafer, les généraux Nzimbi et Baramoto (39). La fraude douanière sur les exportations d’or et de diamant fait perdre au pays plus de 6 milliards de FF par an (40). Le PNB apparent (hors exportations clandestines et économie de subsistance) a chuté de 38 % en 5 ans, à 150 $ par habitant (moins qu’en Somalie !). La production officielle de cuivre est passée de 40 000 à moins de 5 000 tonnes mensuelles pour les 7 premiers mois de 1994 (41).

La dégradation de l’outil de production n’explique pas tout : un document de l’administration zaïroise avoue, à propos de la production aurifère (tombée à 71 kg par mois !), que  » le recul de l’activité de l’or est principalement imputable à la recrudescence de la fraude et au manque de financement des comptoirs d’achat du Zaïre (42) ». D’autres financements s’y sont substitués, comme pour les diamants.

MAFIA

Quiconque observe le fonctionnement de l’économie zaïroise, son régime d’extorsion, les exactions des forces spéciales (43) (tandis que l’armée, démunie, doit racketter la population), la violence et l’arbitraire de l’exercice d’un pouvoir clanique, est acculé à l’emploi du mot mafia.  » Mafia politico-militaro-financière  » précise le bâtonnier de Lubumbashi Jean Mbuyu Luyongola (44).  » Le Zaïre connaît une dérive mafieuse, indique de même Colette Braeckman, en montrant la pertinence de ce terme :

 » Les secteurs réguliers de l’économie, la production de cuivre, les sociétés d’Etat, sont pratiquement à zéro, tandis que prospèrent des secteurs tout à fait mafieux : la production, si j’ose dire, de fausse monnaie, le paiement de cette impression de fausse monnaie par les trafics d’or et de diamants. Certains groupes gagnent beaucoup plus d’argent sur la marge que sur une économie régulière : […] les gens qui achètent le diamant, les gens qui font des trafics divers « .

 » Il y a de par le monde une masse considérable de narco-dollars. […] On ne peut pas les écouler d’un coup, il faut le faire discrètement. Alors, entre autres filières, ces narco-dollars arrivent, d’après certaines informations, dans les régions minières du Zaïre où se trouvent des gens qu’on appelle des « creuseurs », qui creusent le sol, qui tamisent les rivières pour essayer de recueillir des diamants. Avec l’argent sale, on paie de 30 à 50% plus cher les diamants que dans des comptoirs d’achat traditionnels, où l’on paie le prix régulier. Ces circuits de « blanchissage » ont donc cassé ces comptoirs d’achat traditionnels, souvent tenus par des sociétés aux mains de Juifs, en relation avec Anvers. Une sorte de mafia locale travaille avec les généraux et les grands militaires du Zaïre : ils offrent plus cher pour les diamants, ils les achètent, ils les sortent, ils les mènent sur les places de vente du monde entier et, contre ces vrais diamants, ils reçoivent des vrais dollars. Les narco-dollars, eux, ont été réinjectés dans le circuit local. Ils sont blanchis, ils disparaissent « .

Quelques précisions : les narco-dollars permettent aussi d’acquérir les diamants auprès des comptoirs d’achat (centre principal : Mbuji-Mayi, au Kasaï oriental). Ces comptoirs sont liés à Mobutu. Des intermédiaires libanais ont acheté la protection des principaux généraux de Mobutu, ce qui leur permet de circuler dans le pays, pour faire des affaires.

C. Braeckman explique ainsi l’éternel retour de Mobutu :

 » Dans la situation actuelle, certains intérêts économiques peuvent espérer avoir, avec Mobutu, plus facilement accès aux richesses, aux ressources du Zaïre, et éventuellement à sa reconstruction, que s’ils devaient traiter avec un régime, un gouvernement plus proches et représentatifs de la population, ou plus radicaux. […] Des faiblesses de l’économie de son pays, de la situation interne de chaos, de l’anarchie, [Mobutu] tire une force, en se disant le seul capable d’empêcher ce chaos. Et cette force lui permet d’aller plus loin encore. On se demande jusqu’où – et quand on voit le Rwanda, on sait jusqu’où cela peut aller (45). En même temps, il se présente comme celui qui peut mettre une limite à ce chaos. Alors que la cause même du chaos réside dans ce type de régime (46) ».

L’Occident fait semblant de croire que le nouveau Premier ministre Kengo wa Dondo pourra faire front contre Mobutu, le pillage et le chaos.  » Ceux qui aiment ce pays savent que Kengo ne pourra rien contre cette misère. Il revient pour faire ce qu’il peut et, bien sûr, prendre ce qu’il peut. Le mal, le vrai, il le connaît. C’est l’incontournable Mobutu. C’est lui que l’Occident doit combattre s’il veut aider la population zaïroise. Le reste, c’est du théâtre « , dit crûment Jean Mbuyu Luyongola (47). Il faudrait d’abord que Kengo veuille lutter contre le pillage : or, il lui a donné des gages considérables (48). Et Mobutu a si savamment déconcentré les points nodaux de la violence et du racket qu’il peut toujours laisser accuser des  » éléments incontrôlés « . Il s’agit parfois de sa DSP, comme lors de la mort de l’ambassadeur de France Philippe Bernard le 28 janvier 1993, ou même de son fils Manda.

Le cas de celui-ci  » relève du banditisme d’Etat  » :

 » [Dès sa sortie de l’académie militaire de Kananga,] il se lance dans des actes de brigandage qui sont sa vocation naturelle. Très vite, il s’associe avec des trafiquants libanais et de gros trafiquants (diamant, ivoire, cobalt,… ) qui trouvent en lui un renfort inespéré.

Au port de Matadi, Manda se présente avec les commandos de ses gardes du corps pour enlever des marchandises sans payer la moindre taxe douanière. Gare aux douaniers qui tergiversent. Ils sont copieusement rossés, les côtes brisées. […] La terreur est permanente chez les agents du Service des contributions, car M. Manda Mobutu a la réputation d’un tueur sans scrupules (49). Il leur est interdit de mettre le nez dans la dizaine de sociétés qui compose son « Groupe Madova S.P.R.L. ». […]

En 1984, un énorme scandale portant sur plusieurs milliards détournés aux caisses publiques, éclate au Ministère des Finances, oeuvre de trafiquants astucieux avec la complicité de fonctionnaires de l’administration. […] Plusieurs personnes sont arrêtées, dont le trafiquant Makola Seti, alias Ado, ami et associé de Manda Mobutu. Quelques jours plus tard, celui-ci se présente avec ses commandos à la prison de Makala, et en sort de force le trafiquant qu’il fait embarquer dans un vol de Brazzaville vers Bruxelles (50) ».

LIAISONS

 » En France, le premier homme d’Etat à tomber dans les manoeuvres séductrices du Maréchal est le Président Giscard. Premier chef d’Etat français à honorer le tyran de sa visite, il en était reparti avec des écrins de diamants taillés, amenés personnellement de Mbuji-Mayi par le PDG de la Miba (Minière de Bakwanga). Mais ce n’est pas tout. Sur ordre du Maréchal, la Banque Centrale du Zaïre est instamment priée de passer un contrat avec le groupe Lazard, très lié aux Giscard d’Estaing. Ce groupe empochera la coquette somme de six millions de dollars pour ses conseils à la Banque ! (51) ».

 » A Kinshasa, la radio nationale est installée dans un complexe démesuré en béton qu’à l’époque « on a dû construire parce que le Président Giscard avait insisté personnellement », comme le formule, pudiquement, un proche du maréchal Mobutu. Détail troublant : dans la direction de l’entreprise à qui fut confié le contrat travaillait alors un « parent » du chef de l’Etat français…(52) ».

 » Depuis de nombreuses années déjà, Chirac a ses entrées discrètes chez le Maréchal. Il ne rate aucune occasion de se rendre au n° 20 de l’avenue Foch, à deux pas du rond-point Etoile dans le seizième arrondissement parisien, lors de chaque séjour du Guide, dont il a presque adopté l’une des filles. […] En mars 1988, lors d’un séjour à Nice, le Guide charge son Conseiller Spécial Nkema Liloo de remettre en mains propres à M. Chirac cinq millions de francs français, à titre de contribution personnelle à son budget électoral (53) ».

Maître Jacques Vergès propose une stratégie pour dissuader Paris de prendre des sanctions. Des journalistes se laissent circonvenir, ou acheter. Jean-Louis Remilleux ose intituler ses Entretiens avec Mobutu : Dignité pour l’Afrique (54).

 » Pour avoir permis l’opération Turquoise proposée par le chef d’état-major particulier de François Mitterrand comme un « rétablissement », Mobutu a acquis des droits de reconnaissance. […] Au début de son premier septennat, François Mitterrand partageait avec Mobutu son propre chef d’état-major des armées [Jeannou Lacaze]. […] Aujourd’hui, à l’heure de la privatisation, Mobutu fait, pour les mêmes tâches, appel au capitaine Paul Barril, ex-numéro deux de la cellule anti-terroriste de l’Elysée désormais installé à son compte (55) ».

Dès la fin de 1981,  » l’ambassadeur Mokolo à Paris s’est gagné l’amitié [de] Jean-Christophe Mitterrand (56) ». Or Mokolo, qui n’est plus ambassadeur mais vit à Paris (surtout la nuit), est cité comme l’un des pivots des opérations franco-zaïroises, avec le concours de son successeur l’ambassadeur Ramazani Baya.

 » Manda Mobutu est connu pour son « amitié » avec Jean-Christophe Mitterrand […] et le député socialiste de Romorantin Jeanny Lorgeoux (57) ». Ce dernier, qui est aussi l’ami de Mobutu père, se rend fréquemment au Zaïre, et y introduit des entreprises françaises. La part de leur commerce ou de leurs affaires qui profite au pays lui-même est difficile à imaginer.

Au début de 1994, la troïka des pays observateurs de l’évolution de la situation politique au Zaïre (France, Belgique, Etats-Unis) a décidé depuis plus de deux ans d’appliquer des sanctions contre le régime Mobutu en interdisant au président zaïrois et à sa famille tout visa d’entrée sur leurs territoires. Pourtant, arrivé en France le 13 janvier, N’zanga Mobutu obtient du ministère de l’Intérieur un sauf-conduit de vingt-quatre heures, qui se transformera en trois semaines de séjour irrégulier. Le Quai d’Orsay, passablement irrité, adresse une première protestation à Charles Pasqua.

 » Balladur était tellement embarrassé par cette affaire, témoignait un haut-fonctionnaire, qu’il a refusé de trancher « . Bruxelles, informé à son tour de la  » trahison  » française en regard des sanctions, fait savoir à Paris son mécontentement  » pour la deuxième fois en un an « (58).

 » Le fait que le ministère de l’Intérieur ait dérogé à la règle des sanctions, estime un haut-fonctionnaire de la place Beauveau, aura peut-être un effet moteur et amènera le Quai d’Orsay à modifier son attitude face aux progrès politiques enregistrés à Kinshasa « . D’autant que le maréchal Mobutu, officiellement privé de dialogue avec la France, s’était, souligne-t-on dans l’entourage de Charles Pasqua, longuement entretenu avec François Mitterrand lors du dernier sommet de la Francophonie à l’île Maurice (59). Cette affaire de  » vrai-faux sauf-conduit  » est l’un des signes du forcing de Charles Pasqua en faveur de la réhabilitation de Mobutu – obtenue à l’été, avec l’opération Turquoise -, et de la convergence de son approche et appréciation du personnage avec celles de François Mitterrand. Quand aux  » progrès politiques enregistrés « , ils valent les promesses de Mobutu… Mais celui-ci  » compte de nombreux débiteurs dans la classe politique française (60) ».

François Mitterrand et Charles Pasqua copilotent par ailleurs une coalition zaïro-soudanaise contre ce que l’état-major de l’armée française appelle le Tutsiland (l’Ouganda, « allié » à la résistance sud-soudanaise et aux Tutsis du Rwanda et du Burundi). On sait les résultats de ce schéma fachodesque dans les choix de la France au Rwanda. Au Président ougandais Yoweri Museveni, on reproche, entre autres, de rester étranger aux réseaux françafricains. Nous verrons (chapitre 5) les aspects mafieux du régime soudanais. En tout cas :

 » Les services secrets français ont demandé au président Mobutu d’accorder un droit de passage aux troupes gouvernementales soudanaises qui tentent d’investir le dernier réduit des rebelles sudistes de John Garang. […] [Ce] droit de passage, déjà sollicité par les services secrets français en République centrafricaine, a été négocié entre Kinshasa et Khartoum depuis le mois de février. C’est alors que le chef d’état-major de l’armée zaïroise, le général Eluki, s’est rendu dans la capitale soudanaise, suivi il y a trois mois par le ministre de la Défense, l’amiral Mawua, lui-même ancien agent secret et également très proche de Mobutu. Selon nos informations, le commandant militaire du Haut-Zaïre, le général de brigade N’Guala, a ensuite reçu l’ordre de la présidence de ne pas empêcher le transit des troupes de Khartoum cherchant à prendre à revers les rebelles soudanais. « Constatez et faites rapport » lui a enjoint un message crypté (61) ».

Le 17 octobre 1994, François Mitterrand écrit au maréchal Mobutu :  » La lutte contre la criminalisation de l’économie zaïroise engagée par le Premier ministre, qui a déjà dû saisir Interpol pour un trafic de monnaie, est en effet, selon les informations qui me reviennent, une priorité (62) ». Il constate donc cette criminalisation. Il a pourtant conduit la France à renouer officiellement avec ce système (les liens officieux n’avaient jamais été rompus, mais ceux qui les opèrent ne répugnent pas aux surplus publics). Et il sait très bien (les services secrets français étant encore très présents au Zaïre) que Kengo n’a pas vraiment les moyens de mener la priorité assignée.


30. Fayard, 1993

31. Mobutu et l’argent du Zaïre, Révélations d’un diplomate, ex-agent des Services secrets, L’Harmattan, 1993, pp. 11 et 15.

32. Mais divulguée et publiée l’année même.

33. C’est nous qui soulignons.

34. Emmanuel Dungia, op. cit., p. 154.

35. C’est nous qui soulignons.

36. Réhabilitation pour services rendus, in Libération du 05/11/94.

37. Témoignage de Nguz a Karl-I-Bond, in Emmanuel Dungia, op. cit., p. 165.

38. Cf. S. Smith, Comment le maréchal s’enrichit, Libération, 05/11/94 ; chap. 8, infra.

39. D’après Jean Mbuyu Luyongola, bâtonnier de Lubumbashi, directeur du Centre des droits de l’Homme et du droit humanitaire de Lubumbashi, in Déclaration sur l’action du gouvernement Kengo wa Dondo, Groupe Juridique international des droits de l’Homme, 04/10/94.

40. Selon Nguz a Karl-I-Bond, redevenu Premier ministre après 1990. In Emmanuel Dungia, op. cit., p. 114.

41. Selon un rapport de l’administration zaïroise, Evolution récente de la situation économique, financière et monétaire, 09/94.

42. Ibidem.

43. Division Spéciale Présidentielle (DSP) du général Nzimbi, Garde civile du général Baramoto, Forces Spéciales d’Intervention (FIS), Forces d’Action Spéciales (FAS).

44. Déclaration sur l’action du gouvernement Kengo wa Dondo, citée.

45. Les barons du régime attisent la haine ethnique contre les Kasaïens du Shaba et les Banyarwanda du Kivu.

46. Déclaration de Colette Braeckman le 08/11/94. L’Afrique à Biarritz, op. cit..

47. Déclaration sur l’action du gouvernement Kengo wa Dondo, citée.

48. Lorsqu’il était Procureur général de la République, il faisait saisir par la Police des Matières Précieuses  » des lots de diamants, des lingots d’or, des pointes d’ivoires […]. [Elles] convergent vers son bureau et en ressortent aussitôt pour les soutes des avions Hercules C 130 de son ami le Général Kikunda. Ces avions vont souvent pour « entretien » à l’étranger. « . Devenu Premier ministre en 1982, Kengo participe à la  » grande prédation « . Il empoche d’énormes commissions  » sur les paiements sélectifs des dettes commerciales. Beaucoup de créanciers ont perdu tout espoir de récupérer leur argent. Pour être placé en bon ordre sur la liste des créanciers à payer, il faut cracher. Le directeur de Cabinet de Kengo négocie les dessous de table « . Dans le quartier résidentiel de la Gombe, à Kinshasa, il  » a privatisé et mis en location « , pour son propre compte,  » la moitié des bâtiments appartenant à l’Etat ! Les loyers lui sont payés en devises « . Il s’est fait construire dans la zone théoriquement protégée de Binza un palais  » aux dimensions gargantuesques « . Emmanuel Dungia, op. cit., p. 76-77.

49. Il se permet aussi d’utiliser la DSP à des fins personnelles.

50. Emmanuel Dungia, op. cit., p. 106-107.

51. Ibidem, p. 60-62.

52. Stephen Smith, in Libération du 2 février 1993.

53. Emmanuel Dungia, op. cit., p. 60-62.

54. Albin-Michel, 1990

55. Stephen Smith, La France reste vigilante, in Libération du 05/11/94.

56. Emmanuel Dungia, op. cit., p. 47-48.

57. Ibidem, p. 106-107.

58. D’après Alain Frilet, Le séjour en France du fils Mobutu sème la discorde au sein du gouvernement, in Libération du 04/02/94. En février 1993, le gouvernement Bérégovoy avait autorisé le maréchal Mobutu à séjourner pendant cinq jours dans sa résidence de Roquebrune Cap-Martin pour soigner ses  » maux de dents « .

59. D’après Alain Frilet, ibidem.

60. Jacques Amalric, Réhabilitation pour services rendus, in Libération du 05/11/94.

61. Stephen Smith, Matignon protège le Premier ministre zaïrois contre Mobutu, in Libération du 07/11/94.

62. Stephen Smith, La France reste vigilante, article cité.


« Les liaisons mafieuses de la Françafrique » / Dossier Noir numéro 2 / Agir ici et Survie / L’Harmattan, 1995

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