La vague de mariages gagne Kinshasa.  Il s’y développe une nouvelle tendance: les jeunes à l’âge de 18 à 22 s’engagent  au mariage. Ceci  n’est  pas une mauvaise chose.  Parce que des temps immémoriaux,  les  mamans  se mariaient aussi   très  tôt.  C’est d’ailleurs encourageant. Mais,  ce qui est déplorable aujourd’hui, est qu’il y a un taux de divorce  surélevé et ce, pour des raisons évidentes.

Ils sont les  premiers  à aller    dans des églises pour la  bénédiction nuptiale,  dans des maisons communales  pour  se dire oui, et jurer pour le meilleur et pour le pire. Ils sont également les   premiers à  retourner aux mêmes endroits, pour se   dire que ‘’c’est fini’’. La question est de savoir pourquoi divorcent-ils ? Et, pour quelles raisons, ne prennent-ils pas plus de   temps, pour  se connaître ?  Quelques personnes interrogées tentent, dans ces précieuses colonnes de La Prospérité, d’y répondre.  Tenez, lance un premier intervenant : ‘’Le problème est d’être sûr de la personne à laquelle on s’engage, avoir une certitude de l’amour de l’un envers l’autre.

Mais,  au  contraire,  les jeunes ont plus d’intérêt que l’amour vrai, la réalité vécue  pendant  les  moments  de fiançailles est différente  de celle  qu’ils voient dans  le  mariage tout simplement parce qu’ils ne se découvrent pas.  Chacun cache ses mauvais comportements,   juste pour un intérêt quelconque.  Une fois que l’objectif  atteint, ils se retirent’’.   Une jeune fille, se voulant rassurante, soutient, en outre,  « qu’il y a aussi un problème de choix, ils  se marient plus par l’aspect externe qu’interne.  C’est pourquoi,  il y a tant de divorces. Les jeunes se marient maintenant  par complaisance, puisque l’autre s’est marié (e).   L’autre cherche aussi à se marier sans tenir compte de son choix. Il  n’y a pas d’âge approprié  pour le mariage.

Il  suffit juste d’être mature  et mûr ». Une autre  femme mariée martèle, pour sa part,   sur le manque d’expérience.   Pour elle, en effet,  un homme tout comme une  femme ne peut pas se marier à fleur d’âge parce qu’ils n’ont pas acquis  une certaine maturité.  « Les églises ainsi que les parents sont aussi à la base du divorce des  jeunes enfants parce qu’ils favorisent et mettent des moyens en jeu  pour les  marier.  Innocents, ces  adolescents se manquent mutuellement de considération. D’où, l’insoumission et le manque d’objectif ne font qu’exacerber le fossé. Ne sachant rien faire dans le mariage,  c’est alors que le divorce intervient car le mariage a des normes parce qu’on se marie pour la vie »,  affirme-t-elle, la main sur le cœur.

Par ailleurs, il y a aussi le phénomène dit «  yaka tofanda ». D’un  côté, l’on parle du divorce et de l’autre,  les hommes fuient leurs responsabilités  de prendre leurs  fiancées   en mariage. Ils empruntent des raccourcis : « Nzela mukuse».  Il semblerait que la dot  est tellement  plus élevée. Ce qui  ne  permet pas qu’ils  préparent   le mariage, selon des  normes qu’il faut.

« En  ce temps-ci, les parents vendent au lieu de donner en mariage leurs  filles.  Dans d’autres  tribus,   ils la  demandent grâce à une liste bien dressée constituent notamment,  des écrans plasma, le canal + etc.  Et, parfois,  une dot  évaluée autour de  1500 à 2000  dollars et, en plus,  deux listes, sont en un mot comme en mille, des barrières inoxydables.   Entre-temps,  il y a un problème sérieux de travail dans le pays.  Tu peux travailler dans une entreprise où l’on te paie  100 dollars.  C’est difficile de prendre en mariage une fille, même si tu fais des économies…  D’où,  la meilleure façon est  soit de  l’engrosser,  soit de  la pré-doter carrément, avant de  l’amener  chez soi », soutient, enfin,  un  jeune  homme sur fond d’un regard médusé.

Tous ceux  qui aspirent à  se marier un jour, doivent prendre le temps de  se préparer et de bosser dur  pour,  enfin,  honorer leurs  futurs conjoints. En revanche,  les parents  doivent prendre aussi conscience,  pour  revoir à la baisse,  le coût de la dot.  Car,  la femme n’est vraiment  pas une marchandise.

LPM & Ornella  Muyunga