Le feuilleton judiciaire de Vital Kamerhe, l’un des opposants les plus en vue en République démocratique du Congo, a rebondi lundi à Kinshasa avec son renvoi devant la Cour constitutionnelle.

Ancien président de l’Assemblée nationale et ex-meilleur allié du président congolais Joseph Kabila, M. Kamerhe est poursuivi par la justice pour une affaire de diffamation.

Lundi, la Cour suprême de justice a estimé qu’elle était compétente pour juger M. Kamerhe. Face à cette décision, les avocats de l’opposant ont déposé une requête en inconstitutionnalité, qui a été accepté par la Cour.

Ce pourvoi doit donc désormais être examiné, à une date non encore déterminée, par la Cour constitutionnelle, nouvellement entrée en fonction.

Président de l’Union pour la nation congolaise (UNC), M. Kamerhe est poursuivie pour une affaire qui l’oppose à une députée du parti au pouvoir, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, Wivine Moleka.

En 2011, l’opposant avait fait des déclarations dénonçant une fraude électorale massive et avait cité en exemple le cas de la députée.

Un procès était ouvert mais les deux parties étaient parvenues à un arrangement à l’amiable.

L’Union pour la Nation Congolaise, le parti de Kamerhe dénonce la nouvelle procédure comme  un acharnement aux allures politiciennes destiné à empêcher son leader de se présenter à la prochaine présidentielle en obtenant sa condamnation.

Selon l’AFP, Me Mukendi s’est étonné de la “célérité de la procédure” relancée selon lui par le ministère public lundi, après une semaine de violences meurtrières à Kinshasa provoquées par un projet de révision de la loi électorale pourfendu par un collectif d’opposants codirigé par M. Kamerhe.

Pour les opposants, la révision de la loi électorale n’a d’autre but que de permettre à M. Kabila, de se maintenir à la tête de l’État au-delà de ce que permet la Constitution. Bien qu’amputée de sa disposition la plus contestée, la nouvelle loi adoptée dimanche ne semble en mesure d’apaiser aucune des craintes qu’ils avaient exprimées.

M. Kabila est au pouvoir depuis 2001. La Constitution lui interdit de se représenter au terme de son mandat, fin 2016.

Ancien président de l’Assemblée nationale, M. Kamerhe a été le directeur de campagne de M. Kabila lors de l’élection présidentielle de 2006. Entré en dissidence en 2010, il est arrivé troisième (avec moins de 8% des voix) à la présidentielle de 2011, marquée par des irrégularités massives.

Le secrétaire général de l’UNC, Jean-Bertrand Ewanga, avait été condamné en août à un an de prison ferme après un meeting de l’opposition dénonçant les velléités prêtées alors à M. Kabila de vouloir modifier le constitution pour pouvoir se représenter en 2016.