Tout le monde, (Communauté internationale, la classe politique congolaise, l’Opposition principalement ainsi qu’une frange de la Majorité), ne jure que par l’alternance en 2016. Même si certains veulent donner un caractère particulier à cette revendication, elle n’a en réalité rien qui lui permette de sortir de l’ordinaire.

En effet, l’alternance n’est l’invention de personne encore moins le symbole d’identification d’un camp politique. Elle est tout simplement une exigence constitutionnelle, aussi normale et banale que toutes les autres dispositions constitutionnelles. Il n’y a aucun mérite à en faire un thème d’engagement ou de lutte politique.

Aucune garantie

Partant, il se pose un sérieux problème quant à l’entendement réel du concert alternance. Cette dernière demeure un principe d’organisation du pouvoir en RDC, impersonnel et impossible de soumettre à la manipulation politicienne.

Fort malheureusement, il s’est glissé, au sein de l’opinion nationale, des clichés complètement déformés du principe d’alternance. Un schéma pour le moins trouble est en train de prendre forme et tend à s’imposer comme la vérité.

Il s’agit du fait que pour plusieurs acteurs politiques, l’alternance ne se conçoit pas en dehors du remplacement de Joseph Kabila par un membre de l’Opposition. Personne, en invoquant le principe de l’alternance, n’ose envisager la victoire de la Majorité par un autre de ses proposés dûment mandaté par cette famille, politique et son Autorité morale. On s’acharne à vouloir ériger en principe le fait que pour J. Kabila de ne pas se représenter à la présidentielle de 2016 signifie automatiquement la défaite de son camp. Cette approche n’a aucun fondement et relève de la manipulation.

Kabila absent de la course en 2016, ne veut pas dire d’avance que la Majorité présidentielle a perdu le pouvoir. Avec une bonne organisation, un coaching conséquent et surtout le choix d’un pion efficace, l’actuelle Majorité est capable de conserver le pouvoir. Surtout en présence d’une Opposition incapable de se mettre d’accord autour d’une candidature unique. Et surtout aussi face à une Opposition dont la principale stratégie de lutte se résume à une fixation presque maladive sur la personne de Joseph Kabila.

C’est pratiquement pour administrer une cure de désillusion que dans certaines officines de Washington, on n’écarte pas la possibilité pour la Majorité de conserver le pouvoir.

Comme pour confirmer qu’il est complètement faux de vouloir présenter l’alternance en 2016 comme l’obligation d’une rupture par rapport au camp appelé à gérer le pouvoir. L’Opposition ne doit surtout pas dormir sur ses lauriers et penser qu’il suffit d’avoir Kabila hors course pour l’emporter le 27 novembre 2016. rien n’est d’avance garanti.

Par LP