Bras de fer sur le calendrier électoral en RDC

Moins d’un mois après sa présentation au corps diplomatique et aux acteurs politiques de tous bords, le calendrier électoral de la CENI pour les élections générales de 2015 et 2016 en RDC, fait ressentir le manque à l’opposition congolaise. Une délégation menée par Ingele Ifoto, a proposé mardi 3 mars 2015 à la commission électorale nationale indépendante, un projet qu’elle juge plus réalisable et moins contraignan

Ils étaient une vingtaine d’opposants congolais, tous membres de la plate-forme Forces Acquises au Changement (FAC-opposition), à déposer un projet de calendrier électoral rectifiant celui publié par la CENI le 12 février dernier, jugé « incohérent, anticonstitutionnel, irréaliste et non-consensuel.»

Les 25 membres de l’opposition sont pourtant d’accord avec une partie du projet de l’organisateur d’élections fixant la date de la présidentielle et des législatives au 27 novembre 2016. Le couac, selon les Fac-opposition, serait les élections provinciales, urbaines et municipales de 2015 qui constitueraient techniquement un blocage à la feuille de route. Cette impraticabilité, notamment le gigantesque budget qu’elles requièrent, serait dilatoire – retardera à coup sûr la tenue de la présidentielle, lieu d’arrivée du second mandat de Joseph Kabila.

Il s’agit pour l’opposition de débusquer un piège certain sinon un écueil predictable aux futurs scrutins.

«Nous ne venons pas avec des ultimatum. Ce n’est pas le dada de l’opposition. L’opposition, elle est constructive, elle est responsable. Nous sommes venus comme responsables et surtout comme citoyens congolais, participer à la mutation politique de notre pays», a précisé Ingele Ifoto, modérateur des FAC-opposition.

Pour Gérard Bisambu, Directeur exécutif de la plate-forme « Agir pour des élections transparentes et apaisées », qui déclare que la Ceni en donnant un calendrier global, donne aussi un tas de contraintes, c’est couru d’avance. Les 151 points qui doivent conduire aux élections présidentielle et législative de novembre 2016, en partant des échéances locales et urbaines de 2015, incluant un audit externe du fichier électoral prévu pour la fin mars 2015, s’essouffleront peut-être en chemin.

Dans ces circonstances, tout porte à croire que les opposants ont découvert le pot aux roses dans la gestion du processus des scrutins à venir par les organes officiels de la république, prétendument acquis au pouvoir. Ils ont décidé de vigiler comme dans cet acte d’union où l’opposition, la société civile et la diaspora plaident pour une « programmation rationnelle » : c’est-à-dire pour le maintien constitutionnel des élections présidentielle, législative et sénatoriale et pour le report sine die des scrutins municipaux, urbains et locaux jugés complexes.

Le Vice-président André Mpungwe a pris acte et promet de soumettre le projet alternatif de l’opposition à la plénière de la Ceni. La joute ultime semble venue dans l’arène du pouvoir en RDC, le Torero qui ne connait pas sa bête est assuré de se faire encorner, disait Fred Vargas.

Christian Bokoli

Pour Direct.cd

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