Depuis la publication du calendrier électoral, le point d’arrivée pour tous les athlètes politiques congolais pour chaque course électorale est bien connu. La ligne d’arrivée la plus importante est celle du 27 novembre 2016, et le premier à la franchir devrait présider pour cinq ans aux destinées de la RD Congo et depuis un moment, les ambitions s’égrainent.

Longtemps annoncée, la candidature de Freddy Matungulu a été absente en 2006 et en 2011. Mais cette fois, il semble bien que l’homme de Bretton Woods ait décidé d’en découdre avec les professionnels de la politique tapis dans la jungle de Kinshasa. Et sa fracassante démission du Fonds Monétaire International, abandonnant ainsi honneurs et salaire plantureux pour dit-il “apporter sa quote-part aux efforts visant le mieux-être de son pays”, sonne comme le premier acte d’une course de fond et des fonds, dont le dénouement est annoncé le 27 novembre 2016. Ci-après, le message par lequel Freddy Matungulu annonce sa démission.

Démissionne du FMI , premier acte vers la course à la présidence de la RD Congo?

Le 17 février 2003, j’avais démissionné de mon poste de Ministre des Finances de la République démocratique du Congo pour ne pas cautionner des abus dans la gestion de la chose publique. En juillet de la même année, je reprenais mes fonctions d’économiste au siège du Fonds monétaire international à Washington, aux Etats Unis. Le retour au FMI m’a réimposé l’obligation de réserve m’empêchant de me prononcer sur les enjeux économiques et politiques dans mon pays, la République démocratique du Congo (RDC).

Le grand débat des deux dernières années sur l’avenir du pays m’a profondément ému et interpellé, m’amenant à me poser des questions sur l’opportunité de maintenir un silence qui paraissait indifférent, voire complice à certains égards. Devrais-je continuer de me taire ?
Devrais-je continuer de figurer sur les listes du personnel du FMI et priver le Congo de mon apport à la réflexion sur les défis auxquels la nation fait face? Mon devoir supérieur n’était-il pas plutôt d’apporter ma contribution au débat sur les enjeux politiques de l’heure dans ce pays qui m’a vu naître et qui a fait de moi ce que je suis ? Après mure réflexion, j’ai décidé de prendre une retraite anticipée du Fonds monétaire international, institution de Bretton Woods qui a été mon employeur pendant les vingt dernières années.

Mon départ du FMI m’affranchit ipso facto de la lourde obligation de réserve que m’imposaient mes fonctions au Fonds monétaire, en même temps qu’il me permet de retrouver la pleine liberté d’expression et d’action grâce à laquelle je peux enfin, en tant que citoyen et expert, apporter ma quote-part aux efforts visant le mieux-être de mon pays.

Freddy Matungulu Mbuyamu Ilankir, Mwalimu

Fait à Washington, DC, USA