Joseph Kabila entend secouer la tutelle impérialiste !

Les rapports entre la RDC et la communauté internationales tournent au vinaigre depuis que des puissances occidentales se sont avisées de déconseiller au Président Joseph Kabila de modifier la Constitution, d’entraver l’échéance électorale de 2016, de briguer un troisième mandat à l’expiration de son second et dernier en cours. La répétition de ce message à plusieurs reprises avec insistance et parfois sur un ton impératif a fini par mettre tout l’establishment dans tous ses états.

Kinshasa trouve que cela est une ingérence inacceptable dans les affaires internes de la RDC, au mépris de son indépendance et de sa souveraineté. Pour qu’on se le tienne pour dit, le chef de l’Etat congolais réunit les ambassadeurs occidentaux accrédités à Kinshasa et leur reproche sans ménagement de se permettre de tenir des réunions avec des politiciens congolais dans leurs chancelleries sur la politique du pays.

Dans sa gestion du pays, l’Etat congolais n’a pas d’ordres à recevoir de qui que ce soit. Dimanche 15 février dernier, il réunit encore les diplomates occidentaux (une vingtaine) et leur signifie qu’il renonce à tout soutien de l’ONU aux opérations de traque des FDLR que mènent déjà les FARDC seules.

Tout bien considéré, on peut dire que la communauté internationale s’est acquis implicitement le droit de regard sur la République Démocratique du Congo, avec la complicité et la complaisance des politiciens arrivistes en panne de popularité et d’ancrage dans la société, qui se font adopter et propulser au pouvoir par des puissances occidentales néocolonialistes, agissant toujours sous les auspices de la Communauté internationale. L’indépendance et la souveraineté sont dès lors aliénées.

C’est la Communauté internationale qui téléguide discrètement la désignation et la déchéance des dirigeants en RDC. C’est elle aussi qui téléguide le maquillage des résultats électoraux et la proclamation des élus.

C’est elle qui détient le secret de l’organisation des élections apparemment démocratiques, libres et transparentes, mais dont les résultats à la compilation sont délibérément falsifiés pour les rendre conformes au schéma des puissances occidentales.

Sont bien connus le rôle joué et la mission accomplie en 2006 par Louis Michel, Aldo Ajello, l’Eufor et le Comité international d’accompagnement de la transition (CIAT). Le scénario a été réédité en 2011 par des experts de l’Union européenne et de l’ONU discrètement avec le concours des diplomates occidentaux accrédités à Kinshasa.

Les impérialistes sont avertis !

Nos dirigeants trouvaient alors que le rôle joué et la mission accomplie par la Communauté internationale en 2006 et 2011 étaient dignes d’éloges et acceptables sans s’imaginer le moins du monde alors qu’ils aliénaient l’indépendance et la souveraineté dont ils auraient tort de se prévaloir encore. C’est en vertu du droit de regard implicite exercé par la Communauté internationale sur la RDC que des puissances capitalistes occidentales déconseillent de modifier la Constitution, d’entraver l’échéance électorale de 2016, de briguer un troisième mandat et s’opposent à la désignation des généraux impliqués dans des violations des droits de l’homme dans les opérations de traque des FDLR.

Les états d’âme qu’on observe à présent dans les cercles du pouvoir et les gesticulations qui s’ensuivent ont pour couronnement la montée au créneau par le Président Joseph Kabila qui entend secouer la tutelle impérialiste qu’il sent peser sur lui et sur son establishment. Ce bras de fer entre Kinshasa et la Communauté internationale ressemble au retour de manivelle pour les puissances impérialistes qui tirent les ficelles.

Joseph Kabila n’a pas tort de leur faire avaler des couleuvres et de tirer à boulets rouges sur elles. Ce sont elles qui créent des désordres en Afrique, fabriquent des dictatures déguisées en démocraties, dotent ces dictatures de brigades antiémeutes bien équipées pour réprimer les populations et contrarier toute révolution populaire, empêchent par tous les moyens les leaders patriotes, nationalistes, populaires d’accéder au pouvoir, fomentent des rébellions armées, font et défont les régimes politiques au gré de leurs intérêts, moissonnent finalement ce qu’elles sèment.

Tous les dictateurs devenus » présidents à vie » révisionnistes des constitutions ont été fabriqués et catapultés au pouvoir par des puissances impérialistes qui, après leur avoir fait le coup du presse-citron, les trouvent aujourd’hui encombrants et dépassés, et les somment de débarrasser le plancher aussi sec. C’est conforme à l’esprit et à la lettre de la Charte de l’impérialisme. On décrète d’autorité légal ce qui est illégal ; vainqueurs aux élections ceux qui sont perdants ; et vice-versa. Il faut se savoir les reins solides pour se frotter à ce dragon vaguement nommé » Communauté internationale » dont l’ONU est l’incarnation.

Monstre tireur de ficelles

Ce dragon déstabilisateur des pays africains anciennes colonies occidentales, qui suscite de par le monde des guerres, des ruines, des dévastations, des chaos, des bouleversements anarchiques,un pyromane qui s’érige ensuite en sapeur-pompier. Tant de casquettes dont se coiffe ce monstre à plusieurs visages, difficile à définir ou à juger en profondeur.

Il est ancré dans ce pays (Congo-Zaïre-RDC) plus que nulle part ailleurs au lendemain de la proclamation de l’indépendance. C’est ce dragon qui tire jusqu’ici les ficelles dans les domaines politique et économique, depuis l’assassinat odieux de Patrice Lumumba en passant par le règne de Mobutu. Il téléguide discrètement la désignation des dirigeants à partir des élections dont les résultats sont délibérément travestis en faveur des candidats jugés dignes d’être des intendants soumis et serviles des intérêts des puissances impérialistes occidentales.

On ne permet jamais, absolument jamais aux leaders populaires patriotes, nationalistes d’accéder au pouvoir, car ils sont censés représenter l’image de Patrice Lumumba, et capables de remettre en cause les principes impérialistes du dragon qui sous-tendent tous les enjeux politiques dans ce pays. Sa tutelle pèse lourdement et durablement la RDC.

Ce n’est pas une mince affaire

C’est cette tutelle trop pesante et profondément ancrée que le président Joseph Kabila voudrait secouer à la force du poignet ! C’est une guéguerre. L’entreprise n’est pas de la portée d’un seul homme, d’autant plus sorti lui-même des entrailles du monstre, la victoire contre le dragon.

La réussite requiert le concours et la mobilisation de tous les fils et filles de ce pays, indissolublement unis, en communion de sentiments et d’affinités patriotiques, débarrassés de taupes à la solde des impérialistes, se dressant alors comme un seul homme. Si ces conditions ne sont pas réunies, agir en électron libre comporte beaucoup de risques suicidaires certains.

Le bris de ses chaînes et l’autodétermination d’un peuple dépendent de lui-même, de sa capacité de s’affirmer et se prendre en charge. On peut évoquer des cas historiques du 4 janvier 1959, du 16 février 1992, des 19, 20, 21 janvier 2015. Secouer la tutelle impérialiste n’est pas une mince affaire. Seule la révolution populaire est capable de miracle pour déboucher sur la satisfaction des aspirations du plus grand nombre des citoyens. Serions-nous près ou loin de ce stade aujourd’hui ? Seuls les visionnaires peuvent prétendre répondre à cette question.

Par Jean N’Saka wa N’Saka

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