Etienne Tshisekdi, l’autre dictateur!

Des élections présidentielle et législative totalement manquées, un excès de radicalisation, de maladresses et un Kabila écrasant ont eu raison de celui que l’histoire politique congolaise voir mondiale retiendra comme le plus vieil et farouche opposant, mais aussi, celui qui aura tout raté, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, l’autre dictateur.

Lorsque les congolais opposés à Joseph Kabila sont allés voté le 28 novembre 2011, beaucoup plaçaient leurs espoirs en cet homme, leader charismatique et surtout, le seul qui n’a vraiment jamais fait partie d’une classe politique pourrie jusqu’à la moelle épinière, pour reprendre l’expression à un chroniqueur politique Kinois.

Il faut dire que les ingrédients étaient réunis. Jean-Pierre Bemba n’était plus là, Vital Kamerhe sentait encore la Majorité Présidentielle, Kengo wa Dondo le Mobutisme et surtout, Kabila lui était passé complètement à côté de la plaque lors de son premier mandant. Etienne Tshisekedi, l’homme qui a tenu face à Mobutu, le saint, n’avait qu’à fédérer les forces de l’opposition autour de lui et le tour était joué.

Inutile en effet de revenir sur la longue et fatidique série de ratées qui s’en suivra, l’on retiendra simplement que le Lider-Maximo sort de ces élections totalement isolé, en se faisant sa propre fixation, sans tenir compte de la vraie réalité. La réalité justement est qu’en politique, surtout congolaise, les idées ne font plus bon marché, les forces en présence étant jugées par leurs capacités à trouver un compris, les militants par leurs niveau de ventres vides, les députés par leur soit financier, la vieille politique à la Tshikas n’avait plus pignon sur rue.

Kabila, lui, le savait, il arrose d’abord les policiers et militaires avant d’en faire de même pour toute personne ou structure capable de faire basculer les choses. Et même si l’Eglise Catholique n’avait pas de prix, JKK savait sans doute compter sur les ventres affamés des kinois. Des anti-valeurs sans doute, qui ne sont pas à encourager, mais, Tshikedi, qu’avait-il proposé?

Aujourd’hui donc, plusieurs mois après cette chaotique élection, le président à vie de l’UDPS ne semble toujours pas avoir compris la leçon. Et des récents épisodes ? D’abord un raté spectaculaire suite à la volte-face dans le dossier « alliance APARECO – ARP – UDPS », en suite, une suspension de son secrétaire général qu’il avait malgré une cuisante défait à l’élection législative maintenu, suivie des querelles internes liées à une absence de débat démocratique dans un parti en mode « propriété privée ». Et pour couronner le tout, la divergence d’opinion avec nul autre que son propre fils Félix Tshisekedi, pressenti pour succéder à son père à la tête du parti Etat Famille.

Mais non, Etienne Tshisekedi a fait une noble lutte pour notre pays, à ce titre, il mériterait d’être admis dans l’ordre des héros nationaux. Mais ce que les combattants et tous les congolais ont hontes ou font semblant de ne pas l’accepter, même si le Sphinx n’a jamais dirigé, la gestion de son parti reste néanmoins dictatoriale, comme Mobutu, il n’a jamais laissé entrevoir un autre avis dans sa cour, c’est lui le chef, c’est lui qui décide… c’et lui, l’autre dictateur.

Depuis Kinshasa,
Benjamin Litsani Choukran,

3 Commentaires

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  • on ne l’injure pas. Il faut voir les choses en face, le vieux pourra ne pas diriger le pays, il lui est pas interdit d’écrire sa vision et de mettre à notre disposition pour qu’après lui, nous puissions réaliser sa vision qu’il a depuis longtemps du Congo. Est-ce que c’est mauvais ?

    • Quel est cet homme politique qui targue de Pere de l’indépendance sans en jouer le moindre rôle durant les périodes de lutte pour l’indépendance écrira ses mémoires sans se dénoncer durant ses règnes ? Pour écrire ses mémoires, il faut avoir dire de ce qu’on a fait en politique, tout ce qu’on a fait dans la participation à la chose publique. Or nos politiciens, notamment la génération des commissaires du gouvernement qui avaient déposé les institutions depuis le mois de septembre 1960 sont les fossoyeurs de notre indépendance. Comment peuvent-ils nous dire en réalité comment était mort Lumumba et les millions des congolais économiquement, politiquement et socialement assassinés par leurs méthodes de gestion. Tshisekedi, comme d’ailleurs tous ceux avec lui avaient participé des années durant à asseoir la dictature de l’autre dictateur ne se livrera jamais au peuple congolais.