Kabila met ses menaces envers Katumbi en exécution

Quand joseph Kabila avait annoncé le 5 janvier passé que le Katanga sentira maintenant l’autorité de l’Etat, il ne badinait pas.

Chaque jour qui passe, il met petit à petit ses menaces à exécution. Après la purge dans les Services de sécurité où les responsables de l’ANR (agence nationale des renseignements), de la Police, de la DGM (direction générale des migrations), c’est le tour du secteur financier de goûter au courroux présidentiel. Les responsables provinciaux des régies financières du Katanga (Direction Générale de la Douane et Accises-DGDA-, Direction Générale des Impôts-DGI-, Direction Générale des Recettes Administratives, Domaniales, Judiciaire et de Participation-DGRAD) d’être relevés de leurs fonctions.

La mesure est tombée comme un couperet le mardi 13 janvier 2015, soit un jour après le passage du premier ministre Matata Ponyo au poste frontalier de Kasumbalesa. Le ministre des finances, Henri Yav, a instruit les responsables nationaux de ses Directions « de remplacer sans délai tous les responsables provinciaux du Katanga des régies financières ». La mesure la plus inédite est celle qui affecte la douane où le ministre des finances ordonne que les responsables soient changés « à tous les niveaux et à tous les postes douaniers ».

Le nouvel argentier poursuit en demandant à Déo Rugwuiza, patron de la DGDA « d’effectuer sans tarder au sein du poste douanier de Kasumbalesa un changement de tous les chefs de division exerçant les fonctions de sous-directeur ou d’inspecteur, de tous les chefs de bureau assumant les fonctions de contrôleur ou de receveur principal ainsi que de tous les attachés de bureau de première classe exerçant les fonctions de vérificateur ou de receveur ».

Ces changements doivent être étendus à tous les autres postes douaniers de la province du Katanga tel Kalemie, Dilolo, Kolwezi, etc. précise l’ancien directeur de cabinet du chef de l’Etat. Qui dit déchéance dit aussi nomination. Demain les désignations vont tomber dans les régies financières. Kabila avait dénoncé la mauvaise gestion du Katanga stigmatisant notamment la fraude et la corruption à Kasumbalesa, principal poste frontalier de la RDC, situé au sud du Katanga.

Certains analystes estiment que le réveil du chef de l’Etat est tardif s’il on admet que la corruption est généralisée à Kasumbalesa. D’autres n’y voit qu’un prétexte pour gêner aux entournures le gouverneur du Katanga dont l’influence auprès des responsables provinciaux des régies financières était considérable. Dans sa guerre contre le tandem Katumbi-Kyungu, Kabila abat une à une ses cartes. On attend la réaction du gouverneur et du président de l’Assemblée provinciale. Cette guerre au sommet de l’Etat sera-t-elle longue et populaire ? Aux Katangais de trancher !

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