Contrairement à ce qu’avance ce journaliste de Jeune Afrique, entre peuples, la cohabitation se porte merveilleusement bien. 

Je n’ai pas l’intention, ni la prétention de réfuter au travers de ce billet, les allégations du journaliste de renom Pierre Boisselet. Dans son article Rwanda – RDC : ennemis intimes, il écrit, ce que d’aucuns murmurent en soliloque dans la région des Grands-Lacs, une affirmation approximative.

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Contrairement à ce qu’avance ce journaliste de Jeune Afrique, entre peuples, la cohabitation se porte merveilleusement bien. Du commerce, des jobs, des amitiés et pourquoi pas des fiançailles transfrontaliers se nouent et s’entretiennent au jour le jour et sans gêne. Ceci, depuis que la population de tout côté d’ailleurs (surtout celle vivant au bord de la frontière rwando-congolaise) a réalisé que la frasque politicienne de mise par la classe politique – j’allais dire crasse politique – profite aux nantis et sans souci dans des proportions démesurées qu’elle ne l’est à la classe moyenne et mille soucisLes herbes disent « halte au combat entre éléphants ».

Une autre remarque, que je porte à la connaissance de chercheurs, experts et analystes des questions congolaises et régionales. Ce ne sont pas les politiques qui font le peuple mais c’est le peuple qui fait (légitime) le politique. Un Roi sans royaume, où a-t-on déjà vu cela? N’inversons pas les choses jusqu’à ce point.

Je reviens à l’essentiel. Il est de pratiques, us, habitudes et mœurs  que plus d’un congolais de Goma (ville congolaise, frontalière à la ville de Gisenyi se trouvant au Rwanda) bavent d’envie de voir s’exécuter ou s’accomplir dans l’imaginaire collectif de son pays. Certaines « personnes à la langue bien pendue »  disent qu’on ne respire pas dans ce pays de mille collines à cause de la multitude de restrictions et interdits auxquels sont soumis tous les citoyens. Pourtant tout n’est pas asphyxiant. 

La liste n’est pas exhaustive, mais retenons ces cinq points.

1. La femme est un être humain considérée telle quelle.

Contrairement au Congo, la femme au Rwanda jouit pleinement de ses droits tant politiques, culturels que socio-économiques. Au grand jamais, tu ne verras un mari rwandais porter une main ou un bâton sur sa femme. Au Congo, cela est incroyable et on a vu de maris congolais exiger leurs familles de plier bagage et rentrer au bercail (au Congo Ndlr) parce que semble-t-il la police rwandaise, alertée par les voisins l’empêchait d’éduquer sa femme en la fouettant. Au XXIème siècle ? Mais bon sang, on est où là ? Désormais, presque toutes les jeunes mariées congolaises nourrissent l’envie d’émigrer au Rwanda juste pour se mettre à l’abri de menaces d’éducation cynique de maris imprévisibles.

Quant en ce qui concerne les droits politiques et économiques des femmes, l’inclusion des rwandaises dans les instances de prise de décision force l’admiration dans toute l’Afrique centrale.

Trois initiatives ont été mises au point pour favoriser l’intégration des femmes rwandaises dans tous les domaines transversaux. Cet extrait de la chronique Editions en ligne des Nations unies en dit long à ce sujet :  

–          la première concerne la mise en place d’un système parallèle de conseils de femmes et d’élections réservé aux femmes qui assure un mandat pour tous les corps d’élection. Ces conseils sont élus par les femmes seulement au niveau de base et par chaque secteur.

–          Une autre initiative concerne un système à triple scrutin qui garantit aux femmes un pourcentage de sièges à la fois au niveau du secteur et du district.

–          Le troisième programme comprenait la création du Ministère du genre et de la promotion féminine, ainsi que des postes réservés aux femmes dans le gouvernement et les ministères.

Ces positions garantissent la proposition et la mise en oeuvre des politiques qui tiennent compte des besoins spécifiques des femmes dans différents domaines. La nouvelle Constitution prévoit que 30 % des postes, dans les administrations ou en politique, doivent être réservés aux femmes et garantit leur engagement actif à tous les niveaux de la gouvernance et de l’élaboration des politiques. Aujourd’hui, les femmes qui font partie du gouvernement sont considérées par les Rwandais plus accessibles et plus dignes de confiance que leurs homologues hommes. «Les hommes sont d’un accès plus difficile que les femmes […]

Tandis qu’au Congo on s’en tient toujours à remettre en cause le combat des femmes pour leur intégration dans les instances de prise de décision.

2. La corruption, paix à ton âme

Au Rwanda, c’est déjà ancré dans l’imaginaire, le subconscient même du nouveau né, que quand un citoyen est en infraction, point n’est besoin de tenter de corrompre l’agent de l’ordre commis soit à la douane, à l’aéroport, au stade ou même au marché. Peine perdue. On a l’impression qu’ils sont vaccinés, voire immunisés contre le virus de la corruption. Comment ne pas envier cela au Congo où la corruption se porte à merveille. En traversant la barrière congolaise, – alors qu’au Rwanda, toutes les formalités sont orientées vers un guichet unique -, tu es frappé par le nombre de services (une vingtaine) qui t’attendent comme leurs proies même si tous tes papiers sont en ordre. Tu dois acheter des unités et payer le transport du « chef ». C’est une corruption voilée et dont personne ne dénonce auprès des services compétents. Au Congo, tout est possible et rien ne choque. Les pouvoirs publics sont là pour ruiner le petit peuple. Les fonctionnaires de l’Etat éprouvent de la peine à faire un distinguo entre droits et faveurs des voyageurs, entre patrimoine public et patrimoine privé. Une confusion entretenue et qui demeure impunie.

  1. 3.     Les Infrastructures, l’Energie et les Investissements impressionnants.

En foulant le sol rwandais, le congolais de Goma est touché par les bâtisses toutes vitrées, vraiment modernes, toutes les routes asphaltées même celles menant dans les quartiers périphériques sont aménagées en pierre issue de la lave volcanique dont le stock se retrouve curieusement à Goma. Toujours au Rwanda, contrairement au Congo, l’eau coule sans problème,l’électricité (dont la grande partie est fournie par le barrage de Ruzizi se trouvant au Sud-Kivu au Congo) est garantie vingt quatre heures sur vingt quatre. Sans se faire supplier, les Eglises dites de réveil font moins de tapage diurne et nocturne ; les débits de boisson, bars, jouent la musique sobrement. De quoi motiver les savants, élèves, étudiants, moines de migrer vers ce pays. Une sérénité qui dénote qu’ici on travaille. Un pays modestement riche.

Certaines personnes me diront : « oui ils sont impliqués dans la déstabilisation au Congo », j’en conviens avec eu, mais maintenant que nos autorités ont compris qu’à toute agression militaire, on ne négocie pas, mais, on réplique chirurgicalement par la force du feu. Attendons voir si elles vont concrétiser ces promesses qu’elles ne cessent de nous rabâcher et dont le seul alibi était la guerre. La guerre est finie. Plus d’excuse d’ajournement d’actions pour l’essor du Congo.

4.    L’environnement très bien protégé

Le Congo est un  dépotoir de sachets et un sanctuaire de l’insalubrité de toute l’Afrique centrale. Mais en allant de l’autre côté de la barrière congolaise, quel que soit ton rang, ton âge, ta peau, et ton niveau intellectuel, Monsieur ou Madame doit obligatoirement transplanter ses biens dans une enveloppe en papier ou autre emballage bio dégradable. Donc tenez-le pour dit. Le sachet au Rwanda, tu ne verras nulle part. Comment ne pas admirer ou copier cette bonne pratique ?L’environnement est sain et la nature sans souillure. Le Rwanda est beau et propre. Des collines, des ruisseaux, une merveilleuse plage très prisée par tous les jeunes de Goma, pourtant nous partageons le même Lac « Kivu » (mais au Congo notre plage n’en est pas une, elle est naturelle, en pierre, très sale et comme si cela ne suffisait pas, les pêcheurs de poissons et fretins ont squatté un espace de ce terrain pour y aménager leur marché pirate) un air doux et agréable, un beau paysage ;bref les touristes s’extasient dans ce pays nain d’Afrique mais d’une beauté ample et imposante. Le tourisme et tout son corollaire (Hôtel, transport, rentrée de devises, etc.) paie dans ce pays, en dépit de taxes exorbitantes auxquelles font face les entrepreneurs. Mais quand on voit la contre partie idoine, on est tenté de travailler à perte mais au profit du trésor public.

  1. 5.     La bonne gouvernance

Plus qu’un symbole de l’Afrique qui bouge, le Rwanda a une diplomatie entreprenante, une justice juste et objective, une armée dissuasive, une éducation gratuite pour tous, une langue (le Kinyarwanda) promue, une jeunesse formée sur les valeurs de grandeur et de puissance.

Côté politique, je ne vous cache rien, le Rwanda est la pure forme de dictature (qui s’affiche sans réserve) qui puisse exister en Afrique. Un monarque règne sans partage. Il remporte des élections à plus de quatre-vingt dix pour cent. L’opposition est muselée ou carrément le monarque met en place sa propre opposition. Ceci n’est pas à copier.

Toutes proportions gardées, le Congo ne rayonne pas du point de vue gouvernance démocratique vis-à-vis du Rwanda. A voir comment l’administration publique rwandaise est gérée, on envie la carrière d’un agent public (Salaire, avantages, primes, promotion sont non seulement dignes mais aussi réguliers). Ce qui est rarissime au Congo.  Le fonctionnaire public congolais est l’enfant pauvre du gouvernement. Pourtant l’argent ne manque pas. Juste la volonté politique. Surtout quand on sait qu’en Afrique : le miroir de la dignité et de la richesse d’un homme n’est rien d’autre que les soins et l’ornement assurés à sa femme. Sa confidente. Mais l’ironie de l’histoire au Congo veut que l’homme (élite politique) se soigne plus que sa femme (agent public) ne le fait. L’origine de tous les maux (trahison, frustration, corruption, et j’en oubli d’autres.) DOMMAGE.

La politique congolaise ne motive pas la jeunesse à s’engager avec impétuosité et ardeur. Un Congo (sauf dans l’acronyme RDC) qui est tout sauf démocratique. Pour preuve, tous les dignes opposants ou même partisans du pouvoir qui osent ou même dans leurs rêves critiquer sa majesté, le Roi tout puissant, ils sont non seulement interpellés pour outrage à l’autorité suprême mais aussi condamnés pour atteinte à la sûreté de l’Etat.

Oh, non je n’en reviens pas quand je réalise que notre unique et digne député de Goma, Muhindo Butondo Nzangi purge injustement d’une peine de trois ans de prison ferme dans le geôlier mouroir de Kinshasa, la prison de Makala pour avoir critiqué l’inertie du pouvoir dans la gestion de la crise dans sa circonscription du Nord-Kivu. Mon indignation monte d’un cran quand j’analyse la politique chez nous. Une vraie démocrature. Comme disait l’autre, Un