Le jour où des abeilles ont failli faire tuer les présidents Kabila… et Mobutu

Nous sommes en octobre 2002. L’avion du président Joseph Kabila a été pris dans un tourbillon d’abeilles qui se sont réfugiés dans l’un de ses réacteurs. 32 ans plus tôt, le président Mobutu fut lui-même, en son temps, victime d’abeilles.

Le chef de l’Etat venait de quitter, le mardi 8 octobre 2002 à 13h00 locales la ville de Dar-es-Salaam (Tanzanie) où a eu lieu le mini-sommet sur le processus de paix au Burundi. Hewa Bora, le nom de l’avion présidentielle de l’époque, a dû se reposer aussitôt son décollage, à la suite de cette agressions pour le moins insolite, par ces voltigeurs indésirables.

Selon la dépêche de l’AFP, l’avion du chef de l’Etat, à bord duquel avaient pris place, outre le président Joseph Kabila lui-même, le ministre She Okitundu et Vital Kamerhe, alors bras droit du Chef de l’Etat, a Pu re-décoller à 18h30′ locales, sans plus d’histoire. Tels sont les faits.

Kabila — Mobutu, deux Joseph, les mêmes abeilles

Si en Afrique, des abeilles ont causé des désagréments à des avions ou à des navires, en Occident ce sont des moineaux ou des alouettes qui menacent quelques fois la sécurité des navigants aériens ou de haute mer.

Pour revenir aux abeilles de Dar-es-Salaam, elles rappellent un autre fait tout aussi insolite. En 1970, le bateau présidentiel « Kamanyola » à l’époque entreprend la manoeuvre d’accoster au port fluvial de Mushie. Le président Joseph Mobutu Sese Seko vient de Bandundu et comme à l’accoutumée, une foule nombreuse de militants du MPR l’attend sur le quai et aux alentours. Mais voilà qu’un essaim d’abeilles vient troubler l’ambiance de fête, en mêlant leurs bourdonnements insolites au « Djalelo » des militants et aux cris de e « Tata ayei, nzala esili »…. C’est la panique. Le sauve-qui peut.

Sur la berge la foule de militants se met à courir dans tous les sens, pour échapper aux dardes des abeilles. La première tentative d’accostage du Kamanyola échoue. Mais, c’est mal connaître le Maréchal qui ordonne au commandant du bateau de refaire la manoeuvre. Peine perdue. La population d’abeilles se fait plus nombreuse, plus menaçante. Après un troisième tour infructueux, obligeant l’équipage et la suite présidentielle de s’enfermer dans les cabines, le chef de l’Etat décide de rebrousser chemin. Les membres de la suite présidentielle allèrent de leurs commentaires, les uns aussi incongrus que les autres…

Ça n’arrive qu’aux « Joseph »?

Le président Joseph Kabila et le maréchal Joseph Mobutu Sese Seko, en dehors du fait qu’ils ont le même patronyme, et assume de hautes charges au sommet de l’Etat, n’ont pas le même destin. Et, pour le cas de menaces d’abeilles, c’est le président Joseph Kabila qui a encouru de gros risques pour sa vie. Je ne voudrais pas imaginer une seule fois les conséquences éventuelles de la présence de l’essaim des abeilles dans l’un ou l’autre réacteurs de l’avion présidentiel dans les deux en plein vol et à des miles de Dar Es-salaam! Le président Joseph Mobutu, lui, a eu tout le temps de s’abriter dans ses appartements et défier ainsi les abeilles qui n’en pouvaient mais…

Constatons et naïvement que les abeilles de Mushie au Congo et celles de Dar-es-Salaam en Tanzanie sont de la même espèce et savent se montrer téméraires vis-à-vis des chefs d’Etat congolais. Surtout, quand on s’appelle « Joseph », le président Joseph Kasa-Vubu excepté, dont on ne connaît aucune aventure avec des abeilles.

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