Dernier sale coup de Mandela contre Mzee LD Kabila

Nous sommes 19997, à quelques jours de la chute de Mubutu, Nelson Mandela tente un coup bas contre Mzee LD Kabila. Révélations. 

Le 6 mai, Bill Richardson reçoit N’Gbanda à l’ambassade américaine de Kinshasa. «Mobutu a manqué la meilleure occasion pour s’assurer une bonne sortie. Rien n’arrêtera désormais Kabila. Or, nous l’avions assuré que le Président Mobutu accepterait de se retirer pour que sa famille politique organise la transition avec l’AFDL. C’est dommage que Mobutu ne tienne même pas compte du sort de sa famille et de ses proches collaborateurs. Il entraîne tout le monde dans sa chute.» (16)

Mobutu a déjà un pied dans la tombe. Mais par son obstination, son amour-propre et son aveuglement, il donne un dernier coup de pied à ses maîtres américains, comme pour se venger de leur trahison… La dernière tentative américaine d’emprisonner Kabila dans un «gouvernement d’Union nationale» dominé par les mobutistes et autres agents américains, vient d’échouer… grâce à Mobutu.

Kabila est en train de réaliser un tour de force unique dans l’histoire de l’Afrique indépendante. Disposant au départ de très peu de troupes, il s’est forgé une armée nationaliste en traversant le pays. Il a soulevé toutes les populations en soutien à la lutte armée de libération. Chaque fois que les Américains ont proposé des formules de «dialogue inter-zaïrois» pour l’arrêter, Kabila les a dribblés et a poursuivi sa course jusqu’au but.

Le 14 mai, se rapprochant des faubourgs de Kinshasa, Kabila refusera de se rendre sur le Outeniqua pour y subir les assauts des Américains, Français et Sud-Africains. N’Gbanda rapporte: «Le Président Mandela explosa littéralement et traita Kabila de tous les noms pour “son manque de culture politique et de respect envers les Chefs d’Etat et les aînés”.» (17) Ce 14 mai, Mandela comptait soumettre à Kabila et Mobutu un «avant-projet d’accord» qui disait ceci: «L’Autorité de Transition sera composée de l’Alliance et d’autres forces politiques du Zaïre dans des proportions à déterminer en commun par les deux parties.» Il prévoit «le transfert du pouvoir d’Etat au dirigeant du parti majoritaire de l’Autorité de Transition». «Simultanément avec ce transfert du pouvoir, Mobutu se retirera comme Président.» (18)

La confusion délibérée de ce texte montre bien que le but essentiel de Mandela et de ses patrons américains est de dérober la victoire, devenue certaine, à Kabila. Dans le Plan Mandela, Mobutu reste en place jusqu’au transfert du pouvoir et il peut donc peser sur la décision. Le pouvoir n’est pas transféré à l’AFDL et à son Président, mais au «parti majoritaire». L’intention est toujours d’arriver à la formation d’une majorité néocoloniale anti-Kabila.

La perfidie de Mandela était telle qu’il fit une ultime tentative de priver les nationalistes congolais de leur victoire. Après la rencontre manquée avec Kabila, il va voir Mobutu sur son lit. Il lui annonce que l’Afrique du Sud exercera des pressions sur Kabila pour qu’il arrête sa marche sur Kinshasa. Il propose à Mobutu la constitution d’un triumvirat avec Kabila pour l’AFDL, N’Gbanda pour la mouvance mobutiste et Kamanda pour l’opposition. Ce triumvirat doit organiser les structures provisoires de la transition! C’était la dernière version du plan américain pour laisser le pouvoir aux mains des mobutistes en marginalisant Kabila.

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