A la fin du XIXe siècle, le roi Léopold II de Belgique a précipité des millions de Congolais dans un esclavage d’une rare brutalité. Un tribunal fictif le confronte aux témoins à charge pour reconstruire cette page particulièrement sombre de l’histoire coloniale.

C’est en 1885 que, contre les revendications de la France et du Portugal, la conférence de Berlin reconnaît la souveraineté de Léopold II sur ce qui devient alors l’État libre du Congo, possession personnelle du souverain belge. En une vingtaine d’années, le pillage des richesses du pays, ivoire et caoutchouc notamment, délégué à des compagnies privées, assure au monarque une fortune fabuleuse. Mais bientôt, des voix s’élèvent pour révéler et dénoncer l’exploitation éhontée à l’origine de cette richesse, les travaux forcés imposés aux Congolais, les mutilations faites à tous ceux, femmes et enfants compris, qui ne respectent pas les quotas de production. En 1908, Léopold II est contraint par le Parlement de céder “sa” colonie à la Belgique. Le procès montré dans ce documentaire n’a jamais eu lieu en réalité, malgré les efforts en ce sens du journaliste et écrivain britannique Edmund Dene Morel, l’un des premiers à alerter l’opinion internationale sur les exactions commises. Mais il permet, grâce à la sobriété de sa mise en scène, d’éclairer de manière sensible des faits historiques avérés mais longtemps passés sous silence.