Comment Edem Kodjo a tué le Dialogue!

En annonçant le démarrage des travaux du Comité préparatoire du Dialogue à la date du samedi 30 juillet 2016, prenant ainsi de court tout le monde, le facilitateur de l’Union Africaine (UA) s’est auto-éjecté, tout en sabordant le Dialogue politique, d’une pierre, deux coups!.

Le nouvel agenda de travail du Facilitateur fait problème, car il laisse penser à des initiatives lancées dans la précipitation.  Il est en effet bizarre qu’il ait attendu la fixation du meeting d’Etienne Tshisekedi et ses compagnons de l’Opposition au dimanche 31 juillet et celui de la Majorité Présidentielle au vendredi 29 juillet pour s’infiltrer entre les deux, donnant l’impression de vouloir faire ombrage aux organisateurs de ces deux matinées politiques.

Que perdrait-il s’il laisser exprimer d’abord les leaders de ces deux familles politiques et remettre en selle son Comité préparatoire après ? Pourquoi cherche-t-il à engager une sorte de course-poursuite contre les forces politiques ? Son interposition inexpliquée entre deux activités politiques de deux camps diamétralement opposés parait suspecte. En tant que Facilitateur neutre, il a intérêt à ne pas susciter la méfiance des uns ou des autres.

Edem Kodjo aurait pu attendre que les deux familles politiques, dont le menu principal va se focaliser sur le Dialogue, puissent s’exprimer sur leur vision de ce forum avant de lancer les travaux du Comité préparatoire. Que va-t-il se passer maintenant si l’Opposition rejette le Comité préparatoire, dans son format actuel où la classe politique est complètement ignorée alors que c’est elle la première intéressée par l’acte de convocation, le format, la durée, les termes de référence, etc.

En convoquant les travaux du Comité préparatoire, le Facilitateur a-t-il pris la précaution de se mettre d’accord avec l’Opposition, qui pose comme préalable à sa participation la convocation du Dialogue sous l’empire de la Résolution 2277 du Conseil de Sécurité des Nations Unies ? A-t-il sondé la Majorité présidentielle qui s’en tient à l’Ordonnance présidentielle de novembre 2015 ?

Edem Kodjo s’est-il assuré que les deux camps politiques acceptent de prendre part à des assises dont le format, la durée, l’ordre du jour… seront exclusivement fixés par les délégués de la Société civile ?

Faut-il lui rappeler qu’à ce stade, le préalable concernant la libération des prisonniers d’opinions n’est toujours pas satisfait ? Personne n’ignore que l’Opposition continue d’attendre un geste du Chef de l’Etat concernant des opposants et des activistes de la Société civile qui attendent encore leur sort devant les cours et tribunaux ? C’est le cas de Moïse Katumbi, Jean-Claude Muyambo, Christopher Ngoyi ? Ne sait-il pas que des opposants qui s’estiment avoir été condamnés injustement – cas d’Eugène Diomi Ndongala et des activistes du Mouvement Filimbi- sont cités nommément par l’Opposition sur la listes des prisonniers d’opinions à remettre en liberté ?

Il y a tellement des préalables à remplir et dont les réponses continuent d’être attendues par les uns et les autres que le mieux qu’aurait dû faire Edem Kodjo, c’est de penser à un nouveau tour de table avec ses partenaires politiques, de manière à éviter un énième et fatal blocage du Dialogue. Dans ce contexte actuel où la RDC semble s’acheminer vers le chaos, à en croire le dernier rapport du Secrétariat général de l’Onu au Conseil de Sécurité, il faudrait donner au Dialogue le maximum de chances de réussite, car c’est  l’unique alternative pour sauver le Congo et les Congolais. Avec sa disqualification par Tshisekedi et le Rassemblement, tout est à craindre pour l’avenir.

Avec Le Phare.

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