Escalade verbale entre le parlement Belge et l’Assemblée Nationale de la RDC

L’Assemblée nationale congolaise a dénoncé « l’ingérence de la Chambre des représentants belges dans les affaires internes de la RDC » après l’adoption par les députés belges d’une résolution réclamant la tenue d’élections en République démocratique du Congo dans le respect de sa Constitution, en particulier en ce qui concerne les délais et la succession des mandats présidentiels.

L’Assemblée rappelle le principe universel de non-ingérence

« Le Bureau de l’Assemblée nationale rappelle le principe universel de non-ingérence cristallisé par la résolution 2625 de l’Assemblée générale des Nations unies relative aux principes de droit international touchant les relations amicales et la coopération entre les Etats conformément à la charte des Nations unies« , indique un communiqué du bureau de la chambre basse du parlement congolais daté de vendredi et parvenu dimanche à l’agence Belga.

Les élus belges ont, dans une résolution adoptée mercredi, notamment demandé au gouvernement de geler l’aide bilatérale directe accordée à la RDC si la date des élections prévue par la Constitution – c’est-à-dire avec le 19 septembre, trois mois avant la fin du second mandat du président Joseph Kabila – n’est pas respectée. Le parlement envisage aussi des sanctions ciblées (interdictions d’entrée sur le territoire et gels d’avoirs) à l’encontre d’auteurs de violences et de violations des droits de l’homme.

Chaque Etat, poursuit le message du bureau, a le droit de choisir et développer librement son système politique, social, économique et culturel. Il a aussi le devoir de respecter la personnalité des autres Etats et il jouit des droits inhérents à la pleine souveraineté.

Un « droit d’appliquer le principe de réciprocité« 

Le président de l’Assemblée, Aubin Minaku Ndjalandjoko – par ailleurs secrétaire général de la Majorité présidentielle (MP), qui soutient l’action de M. Kabila -, a ajouté que le bureau de l’Assemblée nationale « se réserve le droit d’appliquer le principe de réciprocité« .

« Le bureau rappelle encore le protocole de partenariat liant la Chambre des représentants du Royaume de Belgique et l’Assemblée nationale de la RDC, qui recommande davantage de consultations avant toute prise de position pouvant concerner l’une ou l’autre partie. Le bureau invite en conséquence la partie belge, dans le cadre dudit protocole, aux consultations susmentionnées, et s’interroge sur la conformité des allégations portées par la résolution en rapport avec le principe de non-ingérence et entend saisir l’Assemblée plénière dès la rentrée parlementaire de septembre 2016 en vue d’une réaction qui tienne compte du principe de réciprocité« , conclut le communiqué.

A moins de six mois de la fin du mandat du président Kabila, le climat politique est tendu en RDC en raison de l’incertitude liée au très probable report de l’élection présidentielle censée avoir lieu avant la fin de l’année.

Aux termes de la Constitution, M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, et dont le second mandat se termine le 19 décembre, n’a pas le droit de se représenter.

Commenter

Cliquez-ici pour commenter

Laisser un commentaire