Minaku proposerait 250 000 USD à chaque député!

Au moment où la République démocratique du Congo vit une situation économique préoccupante qui nécessite une rationalisation des dépenses, les échos provenant de l’Assemblée nationale qui font état d’une affaire des crédits immobiliers de 250 000 dollars à octroyer à chaque député national, sont susceptibles de tirer tout un pays vers le bas.

Plusieurs sources parlementaires discrètes ont vendu la mèche à la plupart des médias : le Bureau du président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, proposerait à chaque député national, toutes tendances politiques confondus, des indemnités de sorties anticipativement versées sous forme de crédit immobilier de 250 000 dollars américains.

Ce qui ferait une somme astronomique pour le Trésor public partant de l’idée que chaque député touche 12 000 dollars américains par mois. Cette somme multipliée par les douze mois d’indemnités de sortie, donne plus de 14 400 dollars par député. Reste à se demander où sortiraient les 10 600 autres dollars pour totaliser les 250 000 dollars pour ces crédits immobiliers. Ce qui pousse beaucoup de personnes, dans la rue comme au sein même de la Chambre basse du Parlement, à épiloguer sur les vraies motivations de cette action que plusieurs sources concordantes attribuent l’initiative à Aubin Minaku.

Pour les uns, le secrétaire général de la Majorité présidentielle chercherait à se remplir les poches pour ses ambitions politiques. Dans l’hypothèse où Joseph Kabila, qui subit des pressions àl’intérieur comme à l’extérieur du pays pour qu’il quitte le pouvoir à la fin de son dernier mandat en décembre prochain, décidait de choisir un dauphin, Minaku est parmi les personnes les mieux positionnées pour assumer la charge de représenter la Majorité présidentielle à la prochaine présidentielle. « Cette hypothèque met du coup le président de la Chambre basse du Parlement dans le besoin financier au point de monter des rubriques superficielles pour se donner des moyens, profitant des fonctions institutionnelles qu’il occupe actuellement », pense un analyste politique.

Pour d’autres, cette affaire sale des crédits immobiliers suppose que les députés nationaux, eux aussi, s’inscrivent dans la logique du glissement de leur mandat. Cela s’explique par le fait que le montant de ces crédits immobiliers est supérieur aux indemnités de sortie que chacun d’eux devrait percevoir. Le mandat des députés devrait expirer en février 2017. Mais l’incertitude sur l’organisation de la présidentielle et des législatives dans le délai constitutionnel est bien forte. Dans son dernier rapport déposé à cette Chambre législative, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) s’était déclarée dans l’incapacité technique d’honorer cet engagement constitutionnel cette année. Mais au-delà de tout, ce qui intrigue le plus est que cette proposition d’Aubin Minaku, si elle se révélait vraie, intervient dans un contexte économique difficile.

Face à la baisse sensible des cours des matières premières sur lesquelles repose la charpente principale de l’économie de la RDC, le gouvernement plaide pour une réduction de 30% du train de vie des institutions. Cette mesure, – portée à bras-le-corps par le président de la République qui, le 16 mars 2016, lors d’une réunion institutionnelle, avait réuni les chefs de toutes les institutions dans une réunion au Palais Peuple pour ce faire-, vise à sécuriser la santé économique, tout en affectant plus des ressources aux populations et provinces nouvellement démembrées.

Elle entre dans la ligne des 28 mesures urgentes adoptées par le gouvernement le 26 janvier pour stabiliser et relancer l’économie face à cette chute mondiale des cours des matières premières. Une réalité qui a même poussé le gouvernement, sous la bénédiction de l’autorité budgétaire qu’est le Parlement, à réduire de 2 milliards de dollars, le budget de l’Etat pour l’exercice 2016 initialement fixé à 8 milliards. Et voilà que l’Assemblée nationale continue d’être indexée comme l’institution la plus gourmande de la République.

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