DIRECT.CD — Après l’interview au journal Belge “La Libre” où il affirmait notamment que le gouvernement avait “tenté de l’éliminer”, Moïse Katumbi donne un plus de détails dans un autre entretien, cette fois au journal français Le Monde. 

Moïse Katumbi préférerait mesurer sa popularité à Kinshasa ou au Katanga, la riche province de la République démocratique du Congo (RDC) qu’il a gouvernée de 2007 à 2015, plutôt que de recevoir dans un palace parisien. Repos médical ou début d’exil forcé ? Candidat à la succession de Joseph Kabila pour une élection qui ne se tiendra certainement pas à la date prévue de novembre, l’homme d’affaires passé à l’opposition vient de subir sa première condamnation par la justice congolaise le 22 juin. Trois ans de prison pour un litige immobilier qui le rendent inéligible. Il risque par ailleurs la réclusion à perpétuité suite à une inculpation pour « atteinte à la sûreté de l’Etat » dans une affaire de recrutement présumé de mercenaires.

Dans cet entretien au journal Le monde, l’homme affirme être prêt à regagner Kinshasa.

“Je veux rentrer le plus vite possible. Je n’attends que le feu vert de mon médecin en Angleterre, que je consulte au moins une fois par semaine. Je ne crains pas d’être arrêté, car ma conscience est tranquille”, affirme-t-il.

A la question de savoir s’il se sent en danger, l’ancien gouverneur du Katanga répond sans équivoque:

“Avec ce pouvoir aux abois, le danger est réel. Aujourd’hui, les hommes politiques ne peuvent plus s’exprimer, les arrestations arbitraires continuent. Lors de mon audition à Lubumbashi – dans l’affaire de recrutement de mercenaires –, on a voulu me tuer. Des policiers cagoulés sont venus me piquer en m’injectant un produit mystérieux. Après cet incident, j’ai été mis sous assistance respiratoire. C’est alors que les médecins m’ont autorisé à me faire soigner à l’extérieur. Cela n’a pas empêché la justice de m’inculper au même moment et de diffuserl’information sur une télévision avant même de me la signifier.”