3ème mandat: Kabila, à l’image de ses opposants?

Face au président sortant se trouve l’opposition politique congolaise qui, à y voir de prêt, n’aurait pas échappé à la tentation de s’accrocher au pouvoir.

Dans toute sa diversité, l’opposition congolaise cristallise toutes les pressions, toutes les exigences. Mais son intransigeance sur l’alternance au pouvoir et le respect de la démocratie est d’une dureté qui laisse planer des craintes de violences si l’alternance est refusée.

Lors d’un échange avec des amis, pour mûrir le propos de ce billet, j’ai essuyé le reproche de me faire l’avocat du diable. Mon opinion est rejetée car je ne suis pas d’accord avec le « non » catégorique opposé à Kabila.

Kabila ressemble à la classe politique congolaise

C’est indéniable : le maintien de Joseph Kabila au pouvoir au-delà de ses deux mandats constitutionnels serait un des pires précédent en RDC. Mais il faut reconnaître que le refus d’alternance n’est pas du seul fait de Joseph Kabila, et encore moins de sa famille politique. C’est d’ailleurs une manie, une caractéristique commune dans notre classe politique. Il suffit de l’observer. Les opposants politiques ne se sont-ils pas eux-mêmes établis en empereurs au sein de leurs partis ? Qui aurait mieux fait que Kabila ? Qui aurait résisté à la tentation d’un mandat interdit alors que déjà les partis ne se démocratisent pas en interne ? Kabila n’est pas de la génération spontanée : il ressemble à sa classe politique, il rend ce qu’il a reçu d’elle.

Des chefs de partis éternels

Les congrès se succèdent alors que l’hégémonie des fondateurs des partis se fait plus immuable, hélas ! Les mécontents n’ont qu’à aller voir ailleurs ! C’est d’ailleurs une des raisons de la multiplication des partis politiques en RDC. Les hommes s’abreuvent de pouvoir, verrouillent autours d’eux, taillent tout à leur mesure au point de se confondre avec leurs partis. A l’UDPS (principal parti d’opposition d’Etienne Tshisekedi), cela fait des lustres que rien n’a bougé. Il est même donné candidat à la transition après le départ de Joseph Kabila en décembre prochain alors qu’il a plus de 80 ans.

Ils sont nombreux, comme à l’UDPS, les opposants qui gèrent leurs partis comme des boutiques, et où la succession suit la filiation plutôt que les règles démocratiques. D’ailleurs les appellations telles que « leader charismatique », « chairman », « patriarche », données à certains des opposants ne traduisent qu’une allergie pour l’alternance et une volonté d’accaparement.

Allergie congolaise à la succession

Qu’y a-t-il d’exceptionnel dans les velléités de refus d’alternance de Joseph Kabila alors que les partis politiques, sphère par excellence de conquête et d’apprentissage de l’exercice du pouvoir sont en proie aux mêmes maux ? La société congolaise elle-même n’est-elle pas infestée par cette allergie de l’alternance dans ses composantes les plus fondamentales ? On accède aux responsabilités pour les garder, même dans la fonction publique ! Les exemples sont nombreux dans les institutions religieuses et publiques, le sport… Et même dans les marchés communaux !

Il faut que Joseph Kabila favorise… lire la suite ici

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