Selon cette étude, 61% d’entre eux, appartenant à la catégorie sans positionnement politique, ne visent pas des buts électoraux mais, c’est par souci de posséder une carte d’identité ayant cours légal, craignant ainsi de subir les conséquences d’autrefois, qu’ils veulent participer à cette opération annoncée au courant du mois de juillet.

L’étude réalisée par l’Institut de sondage Les Points et publiée le 2 juillet relève que globalement, 86% de la population congolaise active, toutes tendances confondues, société civile ainsi que les personnes ne faisant pas partie d’un quelconque parti politique, sont disposés à aller dans les centres d’inscription de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), pour se faire enrôler.

L’étude a, en effet, noté que 61% d’entre eux, appartenant à la catégorie sans positionnement politique, sont prêts à se faire enrôler non pour des fins électorales mais par souci de posséder une carte d’identité ayant cours légal, craignant ainsi de subir les conséquences d’autrefois. « Il s’agit, pour cette catégorie, d’une simple précaution pour des éventuelles opérations financières et des activités administratives », a précisé l’Institut Les Points.

Une opération administrative de routine

L’étude a indiqué que, pour cette catégorie de sondés constituée majoritairement des responsables de familles et des jeunes, les questions électorales passent au second rang, autant les tâtonnements des politiques sur la question du dialogue ne semble pas augurer l’organisation des élections paisibles. Ils se disent désagréablement surpris, a souligné l’institut de sondage, par une communication de la Céni en dents de scie sur l’inscription des électeurs et une sensibilisation limitée aux grandes agglomérations du pays faisant ainsi obstacle à l’adhésion massive de la population. Ils reprochent également, a-t-elle renseigné, aux formations politiques et à la société civile de se focaliser sur le dialogue en oubliant totalement leur rôle d’éducation électorale du souverain primaire.

Dans ses analyses, l’Institut Les Points prévient que si elle venait à se confirmer, cette tendance présagerait à la fois un moindre taux de participation aux prochaines élections et une véritable sanction contre les acteurs politiques en fonction. Il se dégage également, à appuyer cette structure, les prémices d’une rupture entre la centrale électorale et les potentiels électeurs dont l’intérêt au processus électoral s’amenuise au gré des événements et faute d’une stratégie de communication permanente adaptée à la situation de l’heure. « Par conséquent, l’opportunité de l’enrôlement des électeurs perd de sa quintessence électorale et devient une opération administrative de routine. Elle n’entre plus dans la droite ligne des préparatifs des élections », a conclu l’Institut Les Points.

Valider la qualité d’électeur

L’étude a, par ailleurs, relevé qu’à l’opposé, 74 % de sondés appartenant essentiellement aux partis politiques (opposition et majorité) attendent fiévreusement l’enrôlement des électeurs pour « valider leur qualité d’électeur en prévision des opérations électorales futures ». A en croire cette opinion qui s’est clairement dégagée, cela devrait essentiellement leur permettre de se porter candidats aux différents scrutins. Selon l’étude, cette deuxième catégorie ne veut, en aucun cas, manquer le train des élections. « Elle apporte une indication significative en termes de taux élevé des candidatures lors des prochaines élections », a fait observer cette étude.

L’Institut Les Points a, par contre, noté que 4% d’électeurs, généralement constitués des sympathisants de l’opposition ne sont intéressés ni de loin, ni de près par l’opération d’enrôlement des électeurs. Il ne jure que par l’organisation de l’élection présidentielle et des législatives avant la date du 19 décembre 2016. De ce nombre, a expliqué l’étude, sont les « défenseurs du respect du délai constitutionnel ».

Mais, l’étude a également fait constater l’importante proportion des indécis, estimée à 10 %. Ces derniers sont, selon l’étude, ceux qui préfèrent observer l’évolution de la situation avant de se déterminer face à l’enrôlement des électeurs et à la suite du processus électoral congolais. Leur taux, a-t-elle indiqué, laisse une marge de manœuvre à la Céni et à l’ensemble des parties prenantes au processus électoral pour réviser leurs stratégies de communication et de sensibilisation.

Il est, en effet, noté que face à l’ardeur des discours les plus virulents sur les questions de l’heure dont le Dialogue, l’enrôlement des électeurs, l’organisation des élections présidentielle et législatives ainsi que la fin du mandat du chef de l‘Etat, et en toute responsabilité, la Céni a levé l’option d’entamer l’opération de révision du fichier électoral en se basant sur le consensus général dégagé autour de la question. Le lancement de l’appel d’offre international pour l’acquisition des kits, le 10 février 2016 en a été l’acte inaugural. Près de cinq mois après, la centrale électorale s’apprête à lancer définitivement l’enrôlement des électeurs dont la phase pilote est prévue en province de Nord-Ubangi. Qu’en pensent les électeurs, cibles privilégiés de ladite opération ? Sont-ils disposés à accompagner la Céni dans cette initiative ? Ont-ils été suffisamment mobilisés sur l’opération d’enrôlement ? C’est donc à ces différentes interrogations que l’Institut de sondage Les Points a voulu trouver des réponses, à la suite de cette récente étude qui vient de donner les positions de la population face à ces questionnements.

Lucien Dianzenza
Adiac-Congo