Mbikayi envisage un « Conclave de Kinshasa »

L’opposant remet en cause celui organisé par Etienne Tshisekedi à Bruxelles qu’il juge « abusif et  de caractère injurieux. »

Le Conclave de l’opposition tenu en Belgique, à Bruxelles à l’hôtel Genval ne cesse d’alimenter la chronique politique, en République démocratique du Congo. Ces assises sous les hospices d’Etienne Tshisekedi partagent l’opinion congolaise à travers ses résolutions dites de Genval.

A en croire l’opinion nationale, le lieu de la rencontre dudit conclave ne pose jamais problème étant donné, la Constitution confère la liberté d’expression, la liberté d’opinion et la liberté de se mouvoir. Donc, la forme ne pose jamais problème. Sinon, la même opinion indique que le contenu et la destination du contenu frise la conscience nationaliste de congolais, qui voient en ce geste la continuité du paternalisme et impérialisme occidental sous la couverture de la classe politique dite de l’opposition. Cette dernière, animée d’une haine viscérale contre la personne de Joseph Kabila est en réalité, incapable de fédérer et de convaincre l’opinion d’une vraie alternance comme le propose le porte-parole de la Nouvelle Classe Politique et sociale.

L’opposition qui convoite le poste de Président de la République à la mandature prochaine, ne jure que de faire partir l’actuel Chef de l’Etat en fonction par le soulèvement populaire, toute en respectant la Constitution  à son article 64. Ce dernier, risque de se retourner contre elle, si seulement si, les institutions légalement établies sont menacées.

Au regard des résolutions prises à Genval qui ont été remises au Vice-Premier ministre, ministre belge des Affaires étrangères, l’opinion nationale a vu d’un œil injurieux de la part des opposants qui ont pris part au conclave de l’Udps.

L’histoire renseigne que l’opposition congolaise ne l’est pas réellement. Ils sont agitateurs, contestataires en tout et pour tout car, devoir de mémoire renseigne que si le processus électoral tarde à décoller, elle pointe du doigt le camp du pouvoir  en ce que la responsabilité revient à la Majorité présidentielle du fait qu’elle a manqué la volonté politique de financer le processus électoral.

Cependant, le camp du pouvoir affirme que la volonté y est, mais que l’opposition dans ses agitations et contestations avait récusé le premier calendrier partiel avec l’appui de la communauté internationale en exigeant celui qui est global. Ce dernier, a été également jugé indigeste par la même opposition. Depuis, c’est l’impasse. Les deux camps se disputent le monopole de l’interprétation des dispositions constitutionnelles à tort et à raison avec une lecture erronée et biaisée des opérateurs politiques de la RDC.

Du coup, la suspicion s’installe dans les états-majors des partis politiques qui s’accusent mutuellement d’une part de vouloir se maintenir au pouvoir, d’autre part vouloir créer le chaos aux institutions légalement installées et démocratiquement élues.

Pour couper la poire en deux, les élus du peuple toute tendance confondue saisissent la Cour Constitutionnelle pour interprétation des articles querellés. La haute Cour, qui a pour mission d’éclairer les zones d’ombre entre politique, tranche en faveur de la démocratie, de la paix. C’est-à-dire, le Président en fonction attende l’installation effective du nouveau Président élu.

Malgré l’éclairage de la Haute Cour, l’opposition monte au créneau puis organise le 26 mai, la manifestation en protestation dudit arrêt de la Cour. Entre temps, le dialogue bat de l’aile en raison de contraintes soulevées par l’Union pour la démocratie et le Progrès social.

Deux choses l’une, l’Udps tente de convaincre les radicaux, les anti-dialogues de rejoindre le camp du dialogue, se voit piéger par ses invités qui le contraignent à refuser le dialogue made in Kabila.

De tentacules en tentacules, la réponse vient enfin de celui que tout le monde attendait de prendre à bras le corps la situation politique de la RDC, à l’occurrence Ban Ki Moon. Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies remet le pendule à l’heure, pour dire que toute l’opposition doit favoriser le dialogue tel que convoqué par le Président de la République Joseph Kabila.

Ceci dit, cette communauté internationale sous couvert du Secrétaire général de l’ONU coupe court aux récriminations de l’opposition à vouloir s’accrocher à la résolution 2277 qui, en réalité ne parle pas du dialogue politique entre acteurs politiques plutôt, poursuivre le dialogue entre les pays agresseurs : le Rwanda et l’Ouganda à favoriser la paix, l’intégrité territoriale de la RDC, question de mettre terme au phénomène des groupes armés.

Le Conclave de Bruxelles a un caractère injurieux

En acteur politique avisé, ancien coordonnateur de la Coalition pour le Vrai Dialogue, Steve Mbikayi attend faire la réplique contre Bruxelles, du fait de son attachement patriotique  et nationaliste à son pays, organiser le Conclave de l’opposition Kinshasa.

Ces assises regrouperont, à l’entendre parler l’opposition qui a été exclue de Bruxelles et/ou celle qui n’a pas été conviée aux assises de Genval. Parmi les acteurs politiques de l’opposition qui ont dit niet au bradage de la souveraineté de la République démocratique du Congo et qui ont vu d’un mauvais œil la remise des résolutions au belge de Didier Reynders, se disent consterner et attend faire la même chose, cette fois-ci, les résolutions seront remises notamment au Chef de l’Etat et au facilitateur dudit dialogue devant le panel des organisations internationales présentes au Congo.

Parmi les personnalités envisagées à prendre part au Conclave de l’Opposition pro-dialogue figurent Justin Bitakwira, Arthur Z’Ahidi Ngoma, Ne Mwana Nsemi, Azarias Ruberwa, Docteur Matusila, Sylvanius Mushi Bonane et les autres personnalités de l’opposition.

Ce forum dit-il, aura pour sous-bassement de favoriser la tenue du dialogue en faisant pression au Chef de l’Etat de signer l’Ordonnance le convoquant, pousser Edem Kodjo à publier les listes du Comité préparatoire au dit dialogue.

Pour les anti-dialogues, le réalisme politique voudrait que les acteurs politiques tirent la conclusion que techniquement, la Ceni, pouvoir organisateur, insiste sur le fait que l’élection présidentielle n’aura pas lieu dans le délai constitutionnelle comme le prétend l’opposition radicale.

Le réalisme politique voudrait aussi que l’opposition radicale, l’opposition nationaliste, l’opposition citoyenne tire également les conséquences que le fichier électoral doit  intégrer les nouveaux majeurs estimés à plus de 8 millions d’électeurs ; de l’enrôlement et identification des congolais de l’étranger et aussi tenir compte de la nouvelle configuration administrative et politique du pays, en ce que la RDC compte à ce jour 26 provinces, plutôt 11 comme aux scrutins de 2006 et 2011.

Le réalisme politique voudrait aussi que l’opposition soit unie, en vue d’affronter la Majorité au pouvoir au dialogue dans ce que Sylvanius Mushi Bonane appelle « Procès contre la Majorité présidentielle ».

Il en va de même de dire tout haut que l’actuel Chef de l’Etat, ayant achevé son mandat présidentiel, faute de convoquer le corps électoral conformément aux dispositions des articles 73 et 74, ne peut organiser les élections sans la participation de l’opposition à l’exécutif central. C’est-à-dire, diriger le Gouvernement par le Premier Ministre de l’opposition.

Tous les ingrédients réunis, la transition est possible en République démocratique du Congo car, à tout problème, la solution est possible là où les hommes vivent ensemble. L’essentiel est de sauver le peu qui reste des Congolais, que de brûler la République à cause des ambitions démesurées des uns.

Ainsi, il importe de dire que « les rumeurs sont des mensonges inventés par des envieux, souvent répétés par des crétins et crus par des idiots. Les intelligents vérifient avant de croire », précise la philosophie contemporaine.

Pius Romain Rolland/L’Avenir

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