Alors que l’Etat demande aux Congolais de faire des efforts, il est aujourd’hui très difficile d’obtenir le montant des salaires de nos élus. La transparence financière de nos élus et de nos administrations est nécessaire pour instaurer une réelle confiance envers nos dirigeants.

– Combien touche le président de la République ?

– « Pourquoi tu veux savoir ? Ce n’est pas ton affaire. »

Cette conversation, je l’ai eu avec un cadre de la Cour des comptes de la RDC. Comme moi, beaucoup de Congolais sont fascinés par le train de vie des institutions du pays. A la base, une information relayée par les réseaux sociaux affirmait que le premier ministre, qui tient chaque semaine un conseil restreint appelé « troïka stratégique », touchait 80 000$ de per diem par séance ! Dans un pays où l’on demande au peuple de se serrer la ceinture, baisse des recettes de l’État oblige, la pilule a du mal à passer.

Une culture inexistante

Si sous d’autres cieux les informations appartenant au domaine public sont clairement définies et peuvent être obtenues par n’importe quel citoyen qui en fait la demande, en RDC, il est encore difficile d’établir une réelle distinction entre l’information « publique », « privée » et « secrète ». Le statut d’une information dépend largement de la compréhension qu’en font les différents protagonistes. La divulgation des avantages d’un haut fonctionnaire par un journaliste, peut facilement être interprétée comme une atteinte à la sûreté de l’État par les services de renseignement.

Dans le cadre d’un projet auquel je participais au sein du ministère des postes et des nouvelles technologies, j’ai été témoin de cette méfiance. Lorsqu’un conseiller a adressé une demande d’informations à un organisme public sur des entreprises évoluant dans les télécoms, la réponse fut glaciale. Le destinataire exigeait un document du chef de cabinet pour divulguer des informations pourtant d’ordre général.

Pour d’autres causes, les langues se délient

Alors qu’il n’est pas facile pour les cadres de l’administration de communiquer des informations concernant leurs activités, d’autres par contre se livrent à cet exercice sans problème. A l’occasion d’une visite des installations de la police par un groupe de jeunes activistes à Kinshasa, le commissaire général, Charles Bisengimana, a répondu sans détour à la question d’un jeune sur l’insécurité. Il révèle alors que 18 000 policiers constituaient l’effectif pour sécuriser les 10 millions d’habitants de la ville de Kinshasa. Un déficit humain qu’il a par ailleurs reconnu et espère combler par le recrutement. Pas sûr qu’un cadre du ministère de l’intérieur aurait eu le même franc parlé.

Un esprit à cultiver

La communication entre l’État et ses administrés passe par la transparence dans la circulation d’informations qui doit être une tradition pour que l’État puisse justifier l’efficacité de son action et que les citoyens puissent participer pleinement au débat démocratique. La censure entraîne la méfiance et crée un fossé entre gouvernants et gouvernés.

C’est dans cette dynamique que le ministère du plan, plus prompt à communiquer que d’autres administrations, a publié en décembre 2015, l’annuaire statistique reprenant les données des principaux secteurs de la vie nationale. Une mini-révolution en matière de transparence.

Toutefois, à ce jour… lire la suite ici