C’est un homme reconnaissant à son Dieu créateur pour l’avoir gardé et à son pays pour tous les soutiens obtenus, qui a atterrit hier  à l’aéroport international de N’Djili. Luhonge Kabinda Ngoyi, vice-président de l’Assemblée nationale qui était parmi les victimes des attentats de Bruxelles le 22 mars 2016, se dit prêt à reprendre son travail.

« Vous voyez bien que je suis rentré et vous le constatez que je suis en bonne santé, debout sur mes deux pieds et près à travailler pour mon pays », s’exprime-t-il, avant d’ajouter que c’est vrai qu’on a été pris dans une sorte de turbulences, un problème qui n’a rien à avoir avec nous Congolais, mais qui a tué beaucoup des Congolais et beaucoup sont encore malades.

Mais le concernant, il avoue qu’il est en bonne santé et est rentré dans son pays pour travailler comme et pour apporter sa pierre au développement de la Rd Congo.  Il a toutefois rappelé que c’était pénible de vivre cette expérience malheureuse qu’il a traversé pendant ces mois. « Mais Dieu merci, il nous a préservés de toutes ces turbulences. C’est comme ça que nous sommes rentrés aujourd’hui, avec évidemment quelques cicatrices, quelques souffrances par-ci par-là, mais nous nous portons bien. Mes frères, mes amis, les députés, les collègues peuvent se rassurer que j’ai été préservé par la grâce de Dieu et je suis rentré au pays ».

En rentrant au pays, la première idée qui lui est arrivée en tête, c’est d’abord de dire merci au Chef de l’Etat, parce qu’il s’est déployé corps et biens pour nous sauver non seulement moi, mais aussi plusieurs Congolais qu’il a laissé dans différents hôpitaux. Et le Président s’est déployé effectivement aussitôt qu’il a été informé de cette triste calamité. « Nous lui devons sincèrement tout et nous lui disons encore merci et tout notre cœur », dit-il.

Malheureusement, constate-t-il,  je dois aussi signaler que pendant mon absence, le collègue que j’avais laissé soufrant aussi en France (l’UDPS Kombo Nkisi), nous a quittés. « Je voudrais pour cette occasion, présenter toutes mes condoléances les plus attristées à la famille du disparu », dit-il, tout en insistant sur le fait qu’il croit finalement que le temps va lui être donné pour qu’il puisse présenter de vive voix toutes ses condoléances à la famille de l’illustre disparu.

Et de renchérir, en ce qui concerne le président de l’Assemblée nationale et plusieurs autres qui sont venus à mon chevet lorsque j’étais couché comme mort, je présente également mes sincères remerciements, parce qu’il était le tout premier, aussitôt que l’événement a été annoncé, à se déployer dans tous les sens  pour savoir exactement ce qui nous était arrivé.

Le Gouvernement solidaire

Il sied de souligner que tout juste après ces attentats de Bruxelles, le Gouvernement de la République avait fait une déclaration, dans laquelle il avait manifesté sa solidarité non seulement envers la Belgique, pays frère, mais aussi les Congolais victimes. Dans sa déclaration, il écrivait qu’après les attentats meurtriers de 2015 à Paris et de cette année notamment à Ouagadougou, Bamako et Abidjan; après les massacres ininterrompus de Congolais dans le Grand Kivu, la Belgique vient à son tour d’être frappée par la barbarie aveugle du terrorisme qui n’épargne décidément aucune région de la planète. En effet, hier mardi 22 mars 2016, des terroristes ont semé la mort et la désolation à Bruxelles.

« Au nom du peuple congolais qui compte par ailleurs quelques-uns de ses fils parmi les victimes de ce crime que rien ne saurait justifier, le Gouvernement congolais exprime sa compassion et adresse au peuple frère de Belgique ses condoléances les plus attristées », indique la déclaration, qui ajoute qu’au-delà de la révolte qu’inspire cette tragédie, et des hommages aux malheureuses victimes, le temps est venu pour qu’un front commun des nations civilisées se mette enfin en place, contre ces crimes odieux qui ne font que se répandre.

L’expérience des officines terroristes tapies dans la paisible ville de Bruxelles, que les Congolaises et Congolais apprécient tant, prouve, si besoin en était encore, que le terrorisme se nourrit de la clandestinité et de l’anonymat. C’est dans cette optique que, conscient du lien avéré entre anonymat et criminalité, le Gouvernement congolais a toujours privilégié des mesures visant la protection inconditionnelle de la société contre tous ceux qui, sous les prétextes les plus divers, s’estiment en droit de poser des actes sans être vus ni connus.

L’appel à l’enregistrement de tous les usagers des téléphones portables ainsi que de toutes les personnes morales et ONGs qui fonctionnent en marge de la légalité participe de cette dynamique. Les donneurs des leçons peuvent se rendre à l’évidence de l’absurdité de leur démarche visant à stimuler, encourager, financer et protéger divers groupes pour lesquels l’anonymat participerait des libertés fondamentales.

Que le terrorisme se soit furtivement introduit dans notre pays par le Nord-Kivu, avec son cortège des massacres aveugles des populations innocentes, et que cette province soit en même temps devenue la tanière de l’activisme associatif clandestin, n’est guère une coïncidence. Les derniers événements à l’Université de Goma où certains locaux ont été incendiés par des inconnus, mardi dernier, au moment même où des innocents se faisaient tuer à Bruxelles, en sont une illustration.

Le Gouvernement congolais espère que tous ces événements mettront d’accord les bonnes consciences, quant à la nécessité d’en finir avec toute complaisance susceptible de nourrir l’obscurantisme, l’anonymat et l’irresponsabilité, qui sont les terreaux propices au terrorisme.

JMNK/L’Avenir