La facilitation en République Démocratique du Congo, n’est jamais une tâche aisée pour quiconque qui tente l’aventure. Ce n’est pas Edem qui nous dira le contraire après l’avoir prévenu. Les ambitions démesurées de la classe politique et les agendas cachés des uns et des autres compliquent l’ancien Premier ministre togolais.

Pour preuve, trois semaines depuis qu’il a annoncé la mise en place du comité préparatoire du Dialogue. De ce fait, à l’instar de la Ceni, le premier chronogramme qu’il a présenté sourire aux lèvres, tombe caduc.

Face à cette complication, le facilitateur a disparu non seulement des artères de la capitale mais, aussi des médias dont il est si friand. A l’immeuble Serkas où est installé le bureau de la facilitation, c’est le silence total.

Aux dernières nouvelles, le diplomate togolais a été signalé discrètement à Addis-Abeba. Il serait parti rendre compte des couacs auxquels il a fait face à son mentor, la présidente de la Commission de l’Union Africaine Madame Zuma.

De l’UDPS

Après s’être réjoui d’être parvenu à obtenir dans sa gibecière l’UDPS, il a vite déchanté. Le parti d’Etienne Tshisekedi réclame « la paternité » de la liste de l’opposition au comité préparatoire du Dialogue.

L’Opposition doit être représentée par douze personnes au sein de ce comité qui comptera 30 membres. En outre, le préalable imposé au facilitateur de souscrire au Dialogue dans le cadre de la résolution 2277 des Nations Unies.

Le secrétaire national en charge des Relations extérieures de l’UDPS, Félix Tshisekedi indique : « L’UDPS qui a été l’un des fers de lance des discussions qui ont amené au Dialogue réclame la paternité de cette liste. Ça ne signifie pas que nous voulons que tous les douze doivent être de l’UDPS. Mais, nous voulons répondre de la présence de chacun d’entre eux ».

En outre, l’UDPS dit ne pas vouloir des opposants qui réclament une transition dans le comité préparatoire du dialogue.

Et de préciser, à cet effet : “ Aujourd’hui, nous avons des gens qui se réclament de l’Opposition et qui se trouvent au gouvernement. Il ya des opposants qui ont déjà fait des déclarations en disant que le Dialogue va accoucher d’une période de transition qui sera dirigée par Joseph Kabila. Nous ne nous inscrivons pas dans cette logique. Et nous ne voulons pas de ce genre d’opposants dans nos rangs “. La mise en place du comité préparatoire du Dialogue annoncée pour la semaine du il avril n’est toujours pas intervenue. Ce comité doit comprendre 30 membres (12 de l’opposition, 12 de la majorité et 6 de la société civile).

La saisine de la Cour Constitutionnelle

La saisine de la Cour constitutionnelle a depuis lors donné des insomnies à Kodjo se sentant ainsi court-circuité par la majorité. Il s’agit d’interpréter l’article 70 de la constitution, une matière qui pouvait être sujette à débat au Dialogue. Cette initiative ne favorise pas les autres forces politiques méfiantes d’intégrer la dynamique du Dialogue.

Somme toute, le retour de l’ancien secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine pourra revitaliser de nouveau, les préparatifs du dialogue.

Par LP