La famille de Christopher Ngoyi suspecte un empoisonnement

Dans une déclaration, la Société civile de la RDC dénonce l’  » enlèvement « , la  » détention irrégulière  » et  » injuste  » et déplore le  » refus  » de la justice d’accorder la libération provisoire à son coordonnateur

La santé et le dossier judiciaire de l’acteur de la société civile Christopher Ngoyi Mutamba, coordonnateur-général de la Société civile de la République démocratique du Congo, préoccupent au plus au point sa famille, le collège de ses avocats, ses collègues des organisations de la société civile, des politiques et d’autres personnes éprises de paix. C’est d’ailleurs la raison de la conférence de presse organisée, vendredi 25 mars dernier, au Centre Carter, à Kinshasa, par la Société civile de la RD Congo.

Certains politiques étaient présents à ce rendez-vous, notamment Martin Fayulu et quelques représentants des structures internationales. L’occasion a été donnée à Maître Patrick Tambwe Ngoy, membre du collège des avocats de Christopher Ngoyi, de procéder à l’évaluation du dossier judiciaire du prisonnier malade.

Une santé de plus en plus précaire

Me Patrick Tambwe, par ailleurs fils de Christopher Ngoyi, a présenté la situation de la santé de plus en plus précaire de son père, depuis sa détention à la Prison centrale de Makala. Face à la complication de la justice et à l’indifférence du gouvernement congolais, a dit Me Tambwe, la famille de Christopher Ngoyi suspecte un empoisonnement.

Mais bien avant cela, le n°1 de la FBCP, le défenseur des droits de l’homme Emmanuel Cole, a fait l’état des lieux de la situation des droits de l’homme en République Démocratique du Congo. La déclaration de la Société civile de la RD Congo, lue par José-Marie Mbu, dénonce ce que les membres de cette structure qualifient d’ » enlèvement « , ainsi que de  » détention irrégulière et injuste « . Cette organisation a surtout déploré le refus de la justice congolaise d’accorder la libération provisoire à Christopher Ngoyi.

Me Tambwe a rappelé que ce défenseur des droits humains a été enlevé le 21 janvier 2015 pour être gardé au secret à l’Agence nationale des renseignements (ANR) pendant 21 jours, en violation des articles 18,19 et 26 de la Constitution, avant d’être présenté officiellement, le 10 février 2015, à l’opinion. Depuis lors, Christopher Ngoyi Mutamba se trouve accablé de près de dix récriminations dont l’atteinte à la sureté de l’Etat, et croupit en prison sans jugement.

Ainsi, après une année d’emprisonnement, le coordonnateur-général de la Société civile de la RDC a vu sa santé complètement se dégrader à la suite d’une anémie suspecte qui inquiète sa famille, la société civile ainsi que le peuple congolais.

C’est dans ce cadre qu’il a été admis au Centre hospitalier Nganda au mois de février 2016 pour des soins médicaux. Malgré sa situation sociale de prisonnier, il a été contraint de prendre en charge seul les frais médicaux.

Pas de rapport médical

Christopher Ngoyi sera renvoyé en prison le 2 mars, sans avoir terminé les soins et subi certains examens exigés.

Le malade et sa famille ont tout fait pour entrer en possession du rapport médical, mais l’hôpital a refusé de répondre à cette demande pourtant légitime, a fait savoir son fils, Me Tambwe. Pour le moment, les mêmes complications resurgissent; soit le gonflement des pieds et les douleurs au ventre. Le détenu présente d’autres symptômes inquiétants.

La santé de Christopher Ngoyi Mutamba, âgé de 55 ans, exige des soins appropriés à l’étranger. Au cas contraire, il court le risque de perdre la vie.

Dans leur déclaration, ces organisations membres de la Société civile de la RD Congo ont exprimé leur profonde consternation après le prononcé rendu par la Cour suprême de justice le 16 mars dernier, suite à la demande de mise en liberté provisoire de Christopher Ngoyi Mutamba.

Une assistance réclamée

La Société civile de la RD Congo invite, à cet effet, les organisations internationales à concourir pour la libération immédiate et sans condition de ce prisonnier d’opinion. Elle exige, en outre, l’envoi d’une contre-expertise médicale réellement indépendante et l’évacuation du prisonnier à l’étranger pour des soins appropriés.

Elle sollicite une assistance financière pour la prise en charge du collectif de la défense qui a presté gracieusement jusqu’à présent et sollicite, également, une assistance de tout genre à la famille exposée à l’insécurité sociale.

Par rapport à l’appel de fonds à l’attention du malade, les gens de bonne volonté peuvent verser leurs contributions par virement bancaire à Of Africa (BOA) au n°compte de son fils intitulé  » Me Patrick Ntambwe Ngoyi, n°01150290002, code Swift: CDAFRICDKS  » en Franc congolais. Il y a aussi la banque correspondante: City Bank New-York en USD et la banque correspondante: BMCE Madrid (Swift BMCEESMM) en Euro.

Par LKT

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