Mandat de la Monusco : Kikaya à la tête d’une équipe diplomatique à New York

Le gouvernement de la Rdc n’est pas opposé au renouvellement (annuel) du mandat de la Monusco, encore moins de sa brigade d’intervention. Il défend, néanmoins, des positions susceptibles de favoriser une fin de mandat rapide de cette mission, comme le demanderaient des pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU qui se plaignent d’une mission assez couteuse qui n’en finit pas.

Partira, partira pas ! La question revient chaque année pour-la Mission de l’Onu pour la stabilisation du Congo, Monusco en sigle, dont les mandats ne cessent d’être renouvelés, depuis son arrivée en République démocratique du Congo en 1999.

Pour le dernier mandat en date qui prend fin le 31 mars prochain, l’opinion sera fixée ce même jour sur son renouvellement à l’issue de la session du Conseil de sécurité des Nations unies sur la situation en RDC. Dans les couloirs du siège des Nations unies, des diplomates congolais sont visibles en contact avec les ambassadeurs des pays membres du Conseil de sécurité, nous apprend-on des sources locales.

A la vérification des faits, Kinshasa a effectivement déployé sur New York, en prévision du renouvellement du mandat de la Monusco, une équipe diplomatique conduite par le diplomate en chef du Chef de l’Etat, Barnabé Kikaya bin Karubi assisté des ambassadeuns itinérants Séraphin Ngwej et Jean-Léon Ngandu ainsi que de l’ambassadeur Christian Ileka Atoki.

Ces ambassadeurs de la République démocratique du Congo ne sont pas en villégiature au siège des Nations unies, mais ils prennent des contacts divers pour contribuer à la préparation de la résolution des Nations unies qui refléterait l’image réelle de la situation du pays et qui tienne compte de sa souveraineté.

Le gouvernement de la Rdc n’est pas opposé au renouvellement (annuel) du mandat de la Monusco, encore moins de sa brigade d’intervention. Il défend, néanmoins, des positions susceptibles de favoriser une fin de mandat rapide de cette mission, comme le demanderaient des pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU qui se plaignent d’une mission assez couteuse qui n’en finit pas.

Ainsi, Kinshasa voudrait que l’on réduise les effectifs militaires de la Monusco en clarifiant le rôle opérationnel des unités restantes et en concluant un plan de sortie cohérent de cette force en faisant une distinction entre les volets civil et militaire. Concernant les FDLR, Kinshasa voudrait que soient délocalisés, en toute urgence, les éléments rendus volontaires et actuellement cantonnés dans les sites de Kanyabayonga et Kisangani.

Par rapport à l’Accord cadre d’Addis-Abeba, le gouvernement congolais a toujours eu l’impression qu’il est le seul concerné par l’application de cet accord régional, les autres parties prenantes n’exprimant aucune volonté de sa mise en œuvre. Ainsi, il a toujours exigé que tous les Etats signataires de l’Accord cadre, respectant les termes de cet instrument, en s’abstenant formellement de soutenir ou d’appuyer les forces négatives, ou de servir de base arrière pour déstabiliser l’un ou l’autre Etat de la région.

C’est dans ce cadre qu’il condamne les dirigeants des ex M23 qui empêchent leurs ex combattants congolais de retourner au pays et qui les entretiennent dans des pays voisins pour une reprise éventuelle des hostilités, et sollicite des sanctions prévues à leur égard.

Considérant la question des réfugiés comme étant l’une des causes de l’instabilité de la région des Grands lacs, Kinshasa déplore la lenteur ou le manque de volonté dans le chef de certains pays, à savoir le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi, de faire appliquer les résolutions issues des accords tripartites avec la Rdc et le Hcr. Ainsi, voudra-t-il que la résolution du Conseil de sécurité de l’Onu intègre l’exigence à ces pays du respect de ces accords.

Dans le chapitre de la protection civile, le gouvernement congolais a toujours reproché le Bureau conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme en RDC de travailler en vase clos en refusant le partage des données à sa disposition et la prise en compte des observations du Gouvernement, faisant fi de la souveraineté de notre pays. A cet effet, un partenariat responsable avec le Gouvernement est exigé par Kinshasa.

Dans le même ordre d’idée, le gouvernement congolais n’a jamais compris que le BCNUDH puisse, par son, comportement, encourager les appels à la haine, à l’intolérance, et au soulèvement populaire que lancent certains milieux, minimisant les risques de ce genre de comportement.

Le gouvernement est d’avis que des sanctions à l’égard des éléments de la MONUSCO, civils comme militaires, responsables d’abus sexuels en RDC, doivent être prises et des preuves des sanctions prises dans leurs pays d’origine, doivent être également montrées, à l’instar des cas des condamnations des officiels congolais par notre justice.

Sur le plan de la consolidation de la démocratie, les ambassadeurs de la Rdc ne manqueront pas de plaider pour la tenue d’un dialogue politique national inclusif en RDC, et de saluer le Communiqué conjoint ONU-UA-UE-OIF du 16 février 2016 qui engage les acteurs politiques et la société civile de la RDC à participer audit dialogue, ainsi que la nomination de Monsieur Edem Kodjo en qualité de facilitateur international du dialogue politique en RDC.

Les envoyés du gouvernement congolais ne manqueront pas de relever les performances courageuses des forces armées de la Rdc, toujours au front et souvent seules, déroutant les forces négatives de provenances diverses dont les Fdlr, AdfNalu, LRA, M23.

Telles sont les positions du Gouvernement que l’équipe diplomatique du Chef de l’Etat défend à New York en vue de leur intégration dans la résolution attendue au 31 mars.

Tshibambe Lubowa/La Nouvelle République

Leave a Comment

Laisser un commentaire