Plusieurs acteurs politiques de l’Opposition ne savent plus, voici plusieurs mois, ni tenir une réunion politique à Kinshasa ou en provinces, ni sortir de Kinshasa pour le Congo profond et vice-versa : cas de Moïse Katumbi, Gabriel Kyungu wa Kumwanza, Martin Fayulu, Charles Mwando Nsimba, Olivier Kamitatu, Delly Sessanga, etc.

Mais la situation du MSR (Mouvement Social pour le Renouveau) et de son « autorité morale », Pierre Lumbi, parait des plus préoccupants. L’homme a non seulement perdu sa liberté de mouvement mais, en plus, craint pour sa sécurité chaque jour qui passe.

Dans un communiqué remis hier à la presse, son parti exprime son ras le bol face à un environnement politique à la traque des opposants est systématisée, alors que l’Opposition devrait fonctionner selon les textes légaux et que les activités politiques de ses membres ne sont pas interdites. Le parti de Pierre Lumbi proteste énergiquement contre les restrictions des libertés et la chasse à l’homme déclenchée par le pouvoir en place contre tout ce qui bouge du côté de l’Opposition. Il en appelle à l’éveil des consciences afin de faire front contre la prise en otage de la démocratie par la majorité au pouvoir. Ci-dessous, la réaction du MSR :

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le Mouvement Social pour le Renouveau (MSR) informe l’opinion nationale et internationale au sujet des harcèlements, intimidations et menaces dont il fait l’objet depuis qu’iI a été exclu de la Majorité Présidentielle avec d’autres partis politiques du 67, plate-forme de l’opposition.

Le dernier acte de cet engrenage vient d’avoir lieu à Lubumbashi. En effet, ce lundi 14 mars 2016, alors qu’ils avaient à peine débuté une rencontre dans la salle de réunion de l’Hôtel Lubumbashi, le Camarade Pierre Lumbi, Président National du MSR et les cadres de la Fédération du MSR/Haut-Katanga, ont été brutalement empêchés de tenir leur réunion. Il s’agit là d’une énième preuve que, dans une République qui se déclare démocratique, la dérive totalitaire du pouvoir du Président Joseph Kabila atteint des sommets inégalés dans l’histoire de notre pays.

Pour les seuls mois de février et de mars, le MSR a été victime de plusieurs actes illégaux de violation de l’article 25 de la Constitution du 18 février 2016 qui garantit la liberté des . réunions pacifiques. En effet, ce qui est arrivé aujourd’hui au Camarade Président National a été également infligé à l’Honorable Florent Mulumba, Secrétaire Exécutif National Adjoint et nos cadres de la Fédération MSR/Kongo Central à Matadi le 6 février 2016 dans un Guest-House de cette ville; au Député Dieudonné Bolengetenge, Secrétaire Exécutif National, et les camarades du Comité Exécutif Fédéral de la Tshopo à Kisangani le 11 du même mois dans une salle paroissiale catholique, ainsi qu’au Comité Sous-fédéral du MSR de Kinshasa 4/Tshangu le 28 février au Quartier 12 de la Commune de N’djili.

Le MSR dénonce ces atteintes graves aux droits et libertés pourtant garanties par la Constitution de la RDC. Il y a lieu de s’interroger sur le sort que le pouvoir actuel de Kinshasa veut réellement réserver au peuple de ce pays.

Le MSR invite toutes les forces politiques et sociales engagées dans la lutte pour la démocratie ainsi que l’ensemble du peuple congolais à résister, de toutes leurs forces, à l’arbitraire et à la politique de terreur qui nous atteignent dans notre dignité de citoyens et d’êtres humains.

Peuple congolais, lève-toi; cette affaire te concerne !

Kinshasa, le 14 mars 2016

Le Mouvement  Social pour le Renouveau

Dieudonné Bolengetenge Balea

Secrétaire Exécutif National