Election de nouveaux gouverneurs : la MP rejette les accusations de la VSV

Pour la MP, les consignes de vote aux membres d’une plateforme existent dans toutes les démocraties. Ce n’est donc pas une violation de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Lundi son porte-parole Alain Atundu Liongo a réagi. Il a rejeté les menaces et la corruption dont parle l’Ongd. La MP reconnait avoir réuni les députés provinciaux membres de sa plate-forme, donc les siens et non ceux de l’Opposition. L’objectif, c’est d’élaborer des stratégies de vote afin de gagner la mise dans les 21 provinces, ce qui est légitime et conforme à leur Charte.

Pour la MP, la VSV ne peut pas l’empêcher de donner des mots d’ordre de vote à ses sociétaires conformément à cette Charte. De même, indique-t-il, la VSV ne peut lui montrer comment faire son propre lit. Pour la MP, les consignes de vote aux membres d’une plate-forme existent dans toutes les démocraties, ce n’est pas une violation de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Le porte-parole de la Majorité présidentielle (MP) réagissait ainsi aux allégations de l’Ong Voix des Sans Voix (VSV) qui a tenu dimanche dernier une conférence de presse à son siège, avenue des Ecuries, Joli-Parc à Kinshasa-Ngaliema. L’objet de la rencontre animée par le directeur exécutif Doly Ibefo Mbunga, son adjoint chargé de l’Administration Rostin Manketa et Laurette Misenga, responsable de la Communication était de dénoncer des menaces qui auraient été faites par la MP aux députés provinciaux de 21 nouvelles provinces.

Ce n’est pas au hasard, mais en prévision de l’élection des gouverneurs de provinces qui est fixée au 26 mars en cours. Des informations préoccupantes que la VSV affirme avoir eu à documenter, donc à vérifier font état des pressions de tout genre sous-forme de consignes de vote assorties de menaces et de diverses représailles de la part des ténors de la MP, mais aussi du PPRD, le parti présidentiel à l’endroit des députés provinciaux de 21 nouvelles provinces. 
Entre autres menaces, la VSV aligne le blocage de fonctionnement de ces nouvelles provinces par la rétention des fonds alloués à la rétrocession au cas où le mot d’ordre de la MP n’était pas suivi et que la gestion de ces entités échappait au camp présidentiel. D’après VSV, d’importantes sommes d’argent ont été remis aux députés provinciaux pour ce faire et d’autres promises après l’élection en question.

Tout cela, sur fond d’intimidations, affirme la VSV. L’Ongd note par ailleurs avec regret que tous les députés provinciaux, MP tout comme Opposition, de la province du Kwango dans l’ancien Bandundu, 16 au totale sont urgemment convoqués à Kinshasa depuis le

1er mars où ils sont pris en charge financièrement. Selon la VSV, ces provinciaux du Kwango sont en train de recevoir des consignes strictes de vote en faveur de Larousse Kaboula, commissaire spécial du Kwango et candidat gouverneur de la MP et du PPRD. Pour la VSV, ces faits prouvent à suffisance que l’achat des consciences fait partie des stratégies de la MP pour torpiller la démocratie en RDC.

Une démarche suicidaire qui met à mal la cohésion nationale

L’Ongd est d’avis que cette démarche de la MP qu’elle qualifie de suicidaire met à mal la cohésion nationale et la démocratie dans les nouvelles provinces y compris le Kwango. Ce qui va générer des frustrations et des tensions dans ces nouvelles provinces.

Cet état de choses ne peut laisser la VSV indifférente. D’autant qu’il est susceptible de fragiliser la jeune démocratie congolaise et surtout d’éloigner toute perspective de favoriser la vraie cohésion nationale à travers le dialogue politique souhaité réellement inclusif. Ces pratiques rétrogrades prennent aussi des libertés avec l’article 21 de la Déclaration universelle des droits de l’homme sur les élections : « Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l’intermédiaire des représentants librement choisis.

Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d’égalité aux fonctions de son pays. La volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics. Cette volonté doit s’exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté de vote ».

Liberté De Voter Conformément Aux Convictions

C’est sur cette base que la VSV pense qu’il est du devoir de la CENI et des autorités congolaises de faire scrupuleusement respecter la liberté du vote et le critère de vote secret. Ces principes veulent que l’électeur ou les députés provinciaux pour le vote au second degré, votent conformément à leurs convictions. Ils doivent être libres de toute influence ou pression quelle qu’elle soit au moment du vote.

La VSV croit dur comme fer qu’un gouverneur élu sur base des injonctions sera un très mauvais gouverneur. Il n’aura aucun compte à rendre à la population, mais plutôt à ceux qui ont donné des consignes de vote. En ce qui concerne la CENI, la VSV fustige les injonctions dont elle a fait l’objet de la part de la MP pour invalider irrégulièrement certains candidats gouverneurs.

Des injonctions qui violent l’indépendance de la Ceni

Ces injonctions sont illégales, pour l’Ongd et elles violent l’indépendance et la neutralité de cette Institution d’appui à la démocratie. Quant au dialogue inclusif qu’elle appelle de tous les vœux. C’est le dialogue qui respecte les délais constitutionnels dans l’organisation de l’élection et qui favorise l’alternance démocratique en 2016.

La VSV recommande aux parties prenantes d’aller rencontrer le Facilitateur Edem Kodjo pour lui signifier que le dialogue dont a besoin le peuple congolais c’est celui qui respecte la Constitution du 18 Février 2006. La MP n’est pas restée insensible à ces accusations portées contre elle par la VSV.

Kandolo M./Forum des As

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