Comme coup d’essai, c’est un véritable coup de maître. L’appel à la prière lancé par Moïse Katumbi Chapwe au peuple congolais, au pays comme à l’étranger, a été suivi partout en RDC avec succès.

Les échos en provenance de principales villes du pays renseignent que les deux minutes de prière ont été observées du fait de la thématique, à savoir respect de la Constitution et des délais constitutionnels ainsi que le retour de la paix dans l’Est. Seule note noire à cet enthousiasme général : l’intrusion des policiers dans certaines paroisses de Kinshasa pour empêcher la messe programmée.

Le peuple congolais demeure optimiste quant à la tenue d’élections en cette année 2016 et rejette toute initiative qui viserait la modification de la loi fondamentale. Aussi reste-t-il accroché au respect des délais constitutionnels et aux dispositions immuables de la Constitution, notamment les articles 220 et 73 relatifs aux mandats présidentiels et à la convocation de l’élection présidentielle 90 jours avant la fin de la mandature actuelle.

Fort de ces convictions, le peuple congolais n’a pas hésité un seul instant hier mardi à répondre positivement à l’appel que lui a lancé Moïse Katumbi Chapwe. Il s’agit de l’observance, pendant une durée de trois mois, de deux minutes de prière chaque jour à 12 H00. « Cette année électorale, prions deux minutes chaque jour à 12 heures pour la paix et pour que Dieu guide notre lutte démocratique », a twitté Moïse Katumbi.

En clair, l’ancien gouverneur élu de l’ex-Katanga s’inscrit dans la lutte pacifique et appelle ses compatriotes à faire leur cette conviction selon laquelle « rien n’est impossible à celui qui croit ». Ne dit-on pas que seule la lutte libère ? Cet appel, l’ex-sociétaire du PPRD, qui évolue depuis dans l’Opposition, l’adresse aux fidèles congolais de toutes les confessions religieuses, sans omettre ceux de la diaspora congolaise disséminée à travers le monde entier.

En sa qualité d’opposant, Moïse Katumbi Chapwe n’a jamais caché son rejet du dialogue initié par le chef de l’Etat. Comme d’autres membres de l’Opposition, regroupés au sein du G7 et de la Dynamique de l’Opposition ainsi que du Front citoyen 2016, le président du TP Mazembe soupçonne la majorité au pouvoir de vouloir manigancer, par le biais du dialogue politique, pour obtenir un glissement du processus électoral en cours.

Kinshasa, la note négative

A Lubumbashi, la population a observé les deux minutes de la prière à 12 heures. Des témoins disent avoir vu à la place Moise Tchombe ou de la Poste, deux icônes de la crème politique katangaise, à savoir Carles Mwando Nsimba et Gabriel Kyungu wa Kamwanza. En revanche, à Kinshasa, une note négative a été signalée. Les forces de l’ordre se sont improvisées en trouble-fête. Selon maints témoignages, les policiers se sont introduits dans des paroisses et autres lieux de prière pour dire aux curés que les messes, qu’ils comptaient dire, n’étaient pas autorisées (sic). Il y aurait même eu des arrestations de ceux qui ont voulu faire de la résistance.

« Des prêtres confirment que des policiers ont pénétré chez eux pour leur interdire de le faire au nom du gouvernement », confirme un tweet de Sonia Rolley, une correspondante de Rfi à Kinshasa.

Qu’est-ce à dire ? Qu’il faudrait désormais aller à l’hôtel de ville (ou ailleurs) solliciter une autorisation pour une messe ou une séance de prière dans un lieu clos ? C’est à dormir debout !

Le Potentiel