Kamerhe dit « six fois » non au Dialogue!

Le Président de l’Union pour la Nation (UNC), Vital Kamerhe, a présenté, mardi 12 janvier 2016, ses vœux de nouvel an aux cadres et militants de son parti. A cette occasion, il a dit « six fois » non au dialogue convoqué par le Président de la République, non à un quelconque 3ème mandat, non au glissement, non à la violation de la Constitution, non au référendum constitutionnel et non à la révision de la Constitution.

En retour, Vital Kamerhe dit oui à la libération des détenus politiques et d’opinions, oui aux élections présidentielle et législatives dans le délai constitutionnel et, oui à l’alternance démocratique en décembre 2016.

En lieu et place du dialogue politique qu’il juge piégé, l’opposant Vital Kamerhe revient sur sa proposition de la tenue d’une Tripartite CENI-Gouvernement –Opposition pour dégager un consensus et organiser les élections dans le délai constitutionnel. Pour ce faire, il faudrait un minimum de volonté politique, dit-il. L’UNC réaffirme son attachement à la résolution de toute crise politique par des voies pacifiques, dans le seul intérêt général. Seulement, ‘‘cet attachement aux principes de la démocratie, notamment sur le dialogue, est quelque peu mis à mal par le contexte du moment qui ne permet ni production intellectuelle de progrès, ni une participation citoyenne au dialogue piège projeté par le pouvoir là où des calculs personnels priment sur lé débat général’’. Dans sa position anti-dialogue, l’opposant Vital Kamerhe est renforcé par ses collègues de la Dynamique et du G7.

Tous déclarent que les matières devant faire objet du dialogue, sont plutôt des prérogatives des Institutions existantes, à savoir le Gouvernement et la CENI. Ces opposants considèrent cette volonté de ramener dans un cadre extra-institutionnel les questions relatives à la sécurité des personnes et de leurs biens, au financement des élections, au calendrier électoral, etc. comme une violation de la Constitution. Pour ce qui concerne la situation sécuritaire au Grand Nord de la province du Nord-Kivu, Vital Kamerhe suggère au Chef de l’Etat de convoquer une réunion à laquelle devront participer les acteurs politiques congolais et la Monusco.

Des divergences

La prise de position de l’UNC vient rappeler, si besoin en était encore, que l’Opposition ne développe pas une même stratégie dans l’attitude à adopter face à la Majorité au pouvoir. Par rapport au dialogue, l’Opposition tient deux discours. Etienne Tshisekedi, Président de l’UDPS, va, dans les jours qui viennent, regagner Kinshasa pour participer au dialogue politique, la voie royale à ses yeux pour organiser des élections apaisées dans le pays.

Si le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, avait la sagesse de désigner rapidement un médiateur ou facilitateur, l’UDPS/Tshisekedi n’aurait eu aucun mal à rejoindre la table des discussions avec le camp présidentiel. Dans la semaine qui a précédé les fêtes de fin d’année 2015, il y a eu plusieurs déclarations en faveur d’un dialogue consensuel. La sainte Eglise Catholique, qui avait annoncé des manifestations pro-démocratie en février prochain, semble avoir changé le fusil d’épaule. Les princes de l’Eglise, à la suite d’une directive du Pape François, prônent désormais le dialogue.

Jusqu’où sont-ils prêts à aller ? Difficile à prédire. Dans la foulée, le Secrétaire général de l’ONU a, lui, aussi, encouragé le Président Kabila à privilégier le dialogue. Sur place à Kinshasa, la Monusco demande aux acteurs politiques à trouver un compromis politique pour faciliter le travail de la CENI. La CENI, elle-même, est à la recherche d’un consensus auprès des églises. Les deux Chambres du Parlement sont dans l’attente des conclusions éventuelles du dialogue.

Le Gouvernement affiche son incapacité à financer les élections. C’est dire qu’aucune solution, à court terme, ne proviendra des Institutions, sauf sursaut d’orgueil. On se retrouve, donc, en face de deux positions contradictoires. Le temps avance et les échéances électorales approchent. Si rien n’est fait pour désamorcer la crise, la confrontation sera inévitable. Pourtant, la RDC n’a pas besoin d’ouvrir une nouvelle page de turbulences politiques.

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