28 novembre -28 décembre 2015 : dialogue, déjà un mois depuis le discours de Kabila !

28 novembre -28 décembre 2015. Ça fait exactement un mois depuis que le Président Joseph Kabila a prononcé son discours dans lequel il convoquait le dialogue politique national inclusif. Le 30 novembre, pour matérialiser sa pensée, il a pris une Ordonnance qui définissait les contours du dialogue.

Au passage, Joseph Kabila annonçait la mise sur pied, dans un délai de dix jours, d’un Comité Préparatoire du dialogue. Le 14 décembre, dans son discours sur l’état de la Nation, il a davantage insisté sur la nécessité,  pour la RDC,  d’aller au dialogue. Dans trois jours, il en sera fini avec l’année 2015. Rien n’indique que le dialogue pourrait bientôt débuter. Comme pour en rajouter au suspense, un communiqué de la Présidence a invité les Congolais à attendre les conclusions des consultations menées dernièrement au pays par Said Djinnit,  l’Envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU dans la région des Grands Lacs.  C’est comme si les regards des politiciens congolais étaient, à nouveau, tournés vers New York, siège de l’ONU, implorant le ciel pour que Ban Ki-Moon se résolve, enfin, à désigner un Facilitateur international.

En effet, la nomination d’un médiateur international, doté de pleins pouvoirs, est la condition non négociable posée par l’UDPS d’Etienne Tshisekedi pour participer au dialogue. Pourtant, le Président de la République ne croit pas un seul instant, du moins si l’on s’en tient à son discours sur l’état de la Nation, que la solution aux problèmes de la RDC proviendrait de l’extérieur ; ni de l’ONU, ni de l’Occident ou encore de l’Orient.
Les deux tendances

A examiner de près la situation politique en RDC, on réalise que l’on se dirige droit au mur. Les jours passent et se ressemblent. Comment débloquer le processus électoral ? Deux grandes tendances s’affrontent. L’Opposition, composée principalement de la Dynamique et du G7, considère que la stabilité du pays réside dans le respect absolu des lois de la République, particulièrement,  de la Constitution. La Majorité Présidentielle estime, plutôt, que le dialogue politique est l’unique voie pour des élections apaisées. Les Institutions du pays donnent l’impression d’effectuer un saut vers l’inconnue. Dans le camp des pro-dialogue, on y rencontre des forces politiques qui exigent la présence de la Communauté internationale. C’est le cas de l’UDPS dont la participation au dialogue est vivement souhaitée par la Majorité Présidentielle. A priori, on serait tenté de prendre position. Seulement voilà, il est plus facile d’anticiper sur les conséquences des décisions que prendront les uns et les autres ; au lieu d’épouser les thèses des gens bornés qui réduisent des millions de Congolais en esclavage. Selon toute évidence, il n’y a aucun mal à respecter et faire respecter la Constitution. La campagne nationale d’éducation civique devrait, d’ailleurs, porter essentiellement sur l’observance des lois du pays. Il n’est pas, non plus, interdit de privilégier le dialogue comme mode de résolution des conflits. Des groupes organisés, à l’instar de l’Eglise catholique et d’autres forces de la Société civile, sont favorables au dialogue, à la condition que la Constitution de la République ne soit pas contournée. Mais, pour quelle raison, un tel discours passe mal ? La réponse, il faudra la trouver dans le discours développé par les acteurs politiques qui cherchent à confier au futur forum politique un caractère souverain. C’est-à-dire, un dialogue fondateur, une répétition du Dialogue inter Congolais de Sun City. Pour rééditer un tel exploit, les organisateurs se doivent de rechercher un large consensus. Ce qui est loin d’être acquit. Comment imposer à la Nation les décisions issues d’une portion congrue de la population congolaise ? C’est le nœud du problème. Dans tous les cas, les ambitions personnelles, résultant de la folie de grandeur, ne doivent pas l’emporter sur le destin du pays. A chacun de respecter ses limites.

La Pros. 

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