Quand le PPRD brandit le spectre du chaos en RDC

Le parti présidentiel en République démocratique du Congo (RDC) a déclaré vendredi se préparer à contrer toute tentative d' »insurrection » dans un pays sous tension politique à un an de l’échéance du mandat du président Joseph Kabila. 

Le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD, la formation de M. Kabila) organise « un ensemble d’activités pour réveiller la flamme militante de ses membres, mettre à niveau la capacité d’agir et contrer l’insurrection qui nous est promise » par certains « leaders politiques » d’opposition, a déclaré à l’AFP son secrétaire-général, Henri Mova Sakanyi – jusqu’il y a peu ambassadeur de RDC en Belgique.

« Nous devons faire échec à tous ceux qui » chercheraient à « nous ramener aux années d’obscurantisme« , nous « préparons la base à être alertée » contre « certains discours déstabilisateurs« , a-t-il ajouté.

Alors qu’aucune date n’est fixée pour la présidentielle devant permettre d’élire le successeur de M. Kabila (à qui la Constitution interdit de se représenter, et dont le mandat échoit au 20 décembre 2016), M. Mova voit 2016 comme « une année hautement politique » avec des risques de « secousses« .

L’opposition congolaise accuse depuis des mois M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, de chercher à tout faire pour se maintenir à la tête de l’État au-delà de la fin 2016. Dans l’ensemble, elle refuse à ce jour de participer au « dialogue national » en vue d' »élections apaisées » que cherche à promouvoir M. Kabila, y voyant un « piège » destiné à reculer l’échéance de la présidentielle ou le mode d’élection du président.

Le pouvoir a mis en garde début décembre l’Église catholique et une large coalition d’opposition après que l’une et l’autre eurent invoqué dans des déclarations publiques l’article 64 de la Constitution congolaise, disposant que « tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions » de la loi fondamentale. Le gouvernement et le procureur général de la République ont vu dans ces propos une « incitation à la violence« , ce dont se sont défendus les intéressés.

Dimanche, Kinshasa a haussé le ton contre un forum d’opposants et de membres de la société civile congolaise ayant eu lieu sur l’île de Gorée, face à Dakar, la capitale sénégalaise, du 12 au 14 décembre, accusant la quarantaine de participants – dont certains poids lourds de l’opposition – à cette rencontre de chercher à « déstabiliser les institutions de la RDC »

« Nous pensons que le dialogue peut nous éviter (…) le chaos« , a dit M. Mova accusant ceux qui le rejettent, comme « les participants à la rencontre de l’île de Gorée« , d’avoir « leurs solutions qui passent par la violence« .

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