Henri Mova : « Le président Kabila respectera la Constitution »

Le secrétaire général du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) a réaffirmé une fois de plus que le chef de l’Etat va respecter la loi fondamentale du pays. Il répond ainsi à ceux qui lui prêtent des intentions de la violer ou la changer.

Se confiant à Jeune Afrique, l’ex-diplomate, le secrétaire général du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, parti au pouvoir), Henri Mova Sakanyi, a, à propos de défections au sein de la majorité, indiqué que, pour la première fois, dans l’histoire de la jeune démocratie congolaise, les congolais sont face au scénario de la fin d’un deuxième mandat présidentiel.

« Certains estiment que la majorité présidentielle a peu de chances d’en sortir indemne. Et donc, ils élaborent des stratégies de sortie pour en tirer les meilleurs dividendes. C’est un calcul opportuniste », a-t-il fait remarquer. Avant de souligner : « D’ailleurs, l’itinéraire de la plupart de ces personnes est très sinueux. Ils ont mange à tous les râteliers, certains depuis la 1ère République ».

Certains ont servi Mobutu et la dictature

Sur la question de savoir s’il y a une crise au sein de la majorité et si certains doutent de sa capacité à remporter de nouvelles élections, le secrétaire général du PPRD a répondu par la négative. « C’est eux qui sont en crise d’identité. Ils ne savent pas en quoi ils croient et pourquoi ils se battent. Certains ont des raisons mesquines, liées à l’argent. Ils ont été attires par les sirènes de celui qui se présente comme le plus offrant…». Moïse Katumbi ? «  C’est ce qu’ils pensent. Avec ce qui se dit sur les richesses minières du Katanga, ils ont cru qu’il y avait un coffre-fort ouvert. Nous verrons bien ce qui se passera… », a-t-il poursuivi.

Pour lui, il est fantaisiste que les frondeurs affirment surtout se battre contre les projets de la majorité qui violeraient la Constitution. « Ils ne disent jamais qui est à l’origine de ces projets. Personne n‘a élaboré de stratégie qui consisterait à transformer les acquis constitutionnels du peuple congolais. Ces personnes devaient justifier leur départ. Pour l’embellir ils se sont trouvé des raisons prétendument démocratiques. Tout d’un coup, ils se seraient transformés en défenseurs de la démocratie… Pourtant, certains ont servi Mobutu et la dictature ».

Le dialogue pas enterre

S’agissant du dialogue politique rompu par les opposants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) qui aurait fait que la majorité présidentielle soit de plus en plus isolée, Henri Mova Sakanyi a laissé entendre que l’opposition a été la première à demander ce dialogue. « Quand le président s’y est résolu, une partie a dit non par réflexe pavlovien… Avec l’UDPS, il y a eu des consultations à l’extérieur du, pays, jusqu’à ce que son président, Etienne Tshisekedi, sorte ce communiqué. Mais il n’a pas dit que l’idée du dialogue était abandonnée », a-t-il dit.

Il est d’avis que le dialogue n’est pas enterré. « Bien au contraire, il n’y aura pas d’autre choix. Le contraire du dialogue, c’est la guerre. Le calendrier électoral est, par exemple, trop chargé pour le temps qu’il nous reste. Comment peut-on faire ? Nous devons nous mettre d’accord sur les priorités », a soutenu l’ex-diplomate. Avant de faire remarquer: Nous sommes un pays post-conflit. Chacun doit être responsable. Dans les pays où l’irréparable s’est produit, comme en Libye ou en Syrie, on appelle à la négociation. Evitons la catastrophe en négociant avant. Personne, en RD Congo, ne pourra gagner et gérer seul ».

Concernant la question de pourquoi le président ne dit-il pas publiquement son intention de se retirer à la fin de son mandat pour faire revenir la confiance, Henri Mova Sakanyi répond: Mais qui est ce bébé qui a besoin d’une berceuse pour se calmer ? Ces questions sont réglées par la Constitution. Elle est claire. Le président a dit qu’il la respectera. Que faut-il de plus ?».

Olivier Dioso/Le Potentiel

Commenter

Cliquez-ici pour commenter

Laisser un commentaire