L’UDPS, parti cher à Etienne Tshisekedi, justifie sa position de fille aînée de l’opposition en RDC. Normal, du reste. Après environ 30 ans d’existence, ce parti est mûr pour comprendre les choses, pour se situer au diapason qui est le sien, pour déceler où se trouvent les véritables intérêts du peuple, afin d’occuper la place qui est la sienne dans la cour des grands. 

Après quelques tergiversations destinées à l’éclaircissement de la situation, le sphinx de Limete a fini par réaliser qu’il parlait, à très peu de choses près, le même langage que le Président de la République.

Voilà pourquoi il s’est placé en ordre utile pour le grand forum que celui-ci a convoqué, afin que les Congolais de tous bords puissent se retrouver ensemble et discuter franchement, entre eux, des grandes questions concernant le futur proche, mais également lointain, de leur pays.

Il est important de rappeler que, constant comme il l’a toujours été dans sa vision de la démocratie, Etienne Tshisekedi wa Mulumba avait été le tout premier Congolais à réaffirmer que  » le dialogue [était] la voie royale de la résolution de la crise politique en République démocratique du Congo « .

Fidèle à sa logique et soucieux de la réussite absolue de ce forum que le peuple appelle de tous ses vœux, Tshisekedi avait saisi le secrétaire général des Nations Unies le 24 novembre de cette année afin de solliciter de lui qu’il puisse désigner un facilitateur pour ce dialogue.

Là également, l’un de plus vieux opposants africains, si pas le plus vieux à ce jour, a rejoint la prudence du président Joseph Kabila Kabange qui, précautionneusement, avait déjà pensé à une co-facilitation étrangère même si, à 55 ans en tant qu’Etat, les Congolais doivent absolument sortir de certains complexes et être sûrs d’eux, capables de traiter leurs affaires comme le font toutes les grandes nations de la planète.

C’est ce qui a conduit l’inamovible président de l’UDPS à prendre acte de la convocation, par le Président de la République, du très imminent forum appelé dialogue national inclusif.

C’est dire à quel point le besoin de dialogue des Congolais entre eux se fait sentir. En tant que Chef de l’Etat, Joseph Kabila, après avoir longtemps été à l’écoute de ses compatriotes à travers la consultation des différentes forces vives dont la majorité présidentielle, la Société civile, y compris toutes les Eglises, et l’opposition, s’est servi des prérogatives qui lui sont dévolues pour convoquer le dialogue.

L’ordonnance y relative, qui cadre parfaitement avec l’esprit et la lettre de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba,  a été rendue publique il y a quelques jours.

Ceux des opposants qui hésitent encore devraient suivre l’exemple du leader maximo en se décidant une fois pour toutes à naviguer dans le sens du courant, à savoir la prise véritablement en compte de la situation pas très reluisante des Congolais.

Evidemment, on ne doit pas se leurrer. Personne n’est dupe. Il est illusoire d’espérer voir tout le monde se mettre d’accord. C’est même l’expression de la démocratie, qui veut qu’il y ait diversité dans les opinions. Le souhait est donc que tout le monde se retrouve dans ce dialogue afin que toutes les énergies y soient canalisées.

Mais ceux qui préféreront, jusqu’à la fin, rester dehors, devront suivre la sagesse de l’un des opposants le plus en vue en RDC, en l’occurrence Vital Kamerhe, qui a récemment affirmé ne pas être opposé au principe du dialogue, même si son parti a décidé de ne pas y participer.

Si les résolutions qui vont sortir de ce forum peuvent aller dans le sens des vœux du peuple, a ajouté le président de l’UNC, eux, les partisans du  » non  » s’y inclineront et n’hésiteront pas un seul instant pour  » demander pardon au Président de la République du fait de lui avoir prêté des intentions malveillantes « .

Ne pas participer au dialogue convoqué tout en y étant pas opposé est une forme de l’accepter et d’avoir, donc, compris où se trouve l’intérêt supérieur de la nation.

Il ne reste donc plus que la fixation de la date et l’indication du lieu devant abriter ces travaux. Ces tâches, ainsi que l’établissement de l’ordre du jour et la fixation du nombre des participants, sont attendus de la commission préparatoire qui entrera très bientôt en action.

Valéry Mankenda