Dialogue: Mugalu appelle les « églises de réveil » à la rescousse du « raïs »

Désemparé par les communiqués publiés par la Cenco (Conférence épiscopale nationale du Congo) respectivement le 12 et le 22 novembre 2015, Joseph Kabila compte ses alliés pour le soutenir au Dialogue.

Chef de la Maison civile de Joseph Kabila, le « pasteur » Théodore Mugalu wa Mahungu s’est rendu lundi 30 novembre à l’église kinoise du pasteur Jean-Bosco Kindomba. Selon un des participants qui a contacté la rédaction de Congo Indépendant, toutes les célébrités des églises évangéliques dites « églises de réveil » – « églises du sommeil », ironisent les kinois – étaient présents. Outre Jean-Bosco Kindomba, il y avait les pasteurs Kiziamina Kibila, Pascal Mukuna, Albert Kankenza, Denis Lessie et Aggrey Ngalasi.

Selon cette source, Mugalu a demandé aux « hommes de Dieu » présents de publier une déclaration appuyant la tenue d’un « dialogue politique inclusif » ainsi que l’idée lancée par Joseph Kabila de modifier le mode de scrutin afin de permettre au président sortant de briguer un troisième mandat. Mugalu a-t-il convaincu? « Non, dit notre source. Les pasteurs présents ont exprimé leur opposition à cette idée ». Et d’ajouter : « Pour eux, agir autrement reviendrait à hypothéquer l’avenir du pays ». Voilà une histoire surprenante de la part des « Papas pasteurs » dont la vénalité est connue au-delà des frontières nationales. Une affaire à suivre.

Dans une dépêche datée du 30 novembre, l’Agence congolaise de presse rapporte que les chefs des confessions religieuses regroupés au sein de la CIME (Commission d’intégrité et de médiation électorale), ont « salué » l’annonce de la convocation du « dialogue politique ».

Craignant sans doute une « instrumentalisation » de la part du pouvoir kabiliste, les prélats catholiques ont claqué la porte de la CIME depuis le 16 septembre dernier.

Les chefs des confessions religieuses restées dans la CIME ont condamné « fermement tout appel sous quelle que forme qu’il soit et d’où qu’il provienne, évoquant le sang et la violence comme mode d’expression en lieu et place de la promotion de la paix ». Suivez leur regard. Il s’agit d’une allusion clair au second communiqué de la CENCO. « Nous demandons au peuple congolais de faire preuve de vigilance dans l’esprit de l’article 64 qui stipule que ’Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou tour groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution’ », peut-on lire dans le message publié le 22 novembre intitulé : « Faudrait-il encore que le sang coule en RD Congo? »

Revenons à Théodore Mugalu. Bien qu’il occupe un poste qui requiert un certain devoir de réserve, le chef de la Maison civile de Joseph Kabila n’est pas à sa première démarche pour la rédaction d’une nouvelle Constitution. But : permettre à son patron de remettre le compteur à zéro et briguer un troisième mandat.

En octobre 2014, Mugalu avait battu campagne pour la rédaction d’une toute nouvelle Constitution «fondée sur des valeurs chrétiennes». Deux mois auparavant, le « pasteur » déclarait sans rire devant des membres de la jeunesse salutiste que « le Congo a besoin d’une Constitution stable qui tienne compte des valeurs chrétiennes et des aspirations des pères fondateurs de la nation congolaise». Pour lui, la Loi fondamentale en vigueur est une «une pâle copie de la loi belge». «Pour instaurer la bonne gouvernance des affaires de la Cité, soulignait-il, les Congolais doivent donc associer Dieu, car il n’y a de bon que Dieu». « Une histoire de fous », diront certains.

B.A.W
© Congoindépendant 2003-2015

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