Elections 2016 : Tension entre Kinshasa et Londres

Lambert Mende qualifie de « menaces « les propos de la Grande Bretagne sur le processus électoral et juge inadmissible que la RDC soit l’objet d’un  « chantage » sur base  « d’allégations et procès d’intentions » 

Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga, a minimisé hier jeudi 19 novembre 2015, lors d’une conférence de presse, l’aide que la Grande Bretagne pourrait apporter au processus électoral en République démocratique du Congo (RDC).

Ce, après que Danae Dholakia, envoyée spéciale de la Grande Bretagne pour la région des Grands Lacs, ait déclaré que son pays s’apprêterait à revoir sa coopération avec la RDC  » si le calendrier électoral n’était pas respecté, s’il y avait détérioration de la situation liée à un report des élections et s’il y avait une révision de la Constitution « . Il estime que ce sont des menaces auxquelles la RD Congo ne cédera pas.

Selon le ministre des Médias, si ces propos sont exacts, le gouvernement de la RDC voudrait tout d’abord marquer son étonnement face à ce qu’il qualifie de  » série d’anticipations négatives et obscures  » de la part de l’envoyée d’un Etat partenaire.

Il ajoute qu’au stade actuel, les Congolais n’ont pas besoin de promesses, mais de gestes concrets de la part de leurs partenaires pour organiser des élections et soutenir le programme de développement. Car la plupart de ces promesses, souvent, ne sont jamais tenues à l’approche des échéances annoncées.

» Les sponsorings annoncés à grand renfort de publicité sont généralement balayés du revers de la main sous couvert de conditionnalités qui semblent n’être que des alibis pour ne rien faire « , a-t-il lancé.

Le ministre rappelle que lors des élections de 2011, les Congolais avaient réussi, seuls, à les organiser, sans l’aide internationale, alors que des promesses fermes leur avaient été faites.

Pour le gouvernement, les élections constituent une matière de souveraineté par excellence. Il trouve inadmissible que, sous prétexte de coopération, un chantage soit fait à la RDC sur base  » d’allégations et de procès d’intentions « .

Des accusations contre le contingent congolais en RCA

Selon Lambert Mende, contrairement à ce qu’un média étranger a diffusé, Joseph Kabila n’a jamais pris la décision de retirer le contingent congolais en mission en République centrafricaine, pour cause de mauvaise conduite suite aux accusations d’abus sexuels.  » Le chef de l’Etat congolais n’a jamais signifié une telle décision au Conseil de sécurité de l’Onu « , a-t-il clarifié.

Pour lui, les allégations relatives aux délits d’abus sexuels imputés aux FARDC sont fausses et non avérées. Car, poursuit-il, sans aucune preuve ni détail solide.

Mende reconnait que les forces congolaises déployées en RCA ont, peut-être, commis des actes répréhensibles pendant leur mission dans ce pays, mais rien ne permet d’affirmer qu’ils se soient rendus coupables d’abus sexuels.  » Il s’agit purement et simplement d’une campagne de dénigrement « , a-t-il conclu.

Le ministre des Médias menace, à son tour, de sanctionner RFI (Radio France Internationale) au cas où elle continuerait à accuser, sans preuve, la République démocratique du Congo.

Par Lefils Matady

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