Dans un communiqué daté du lundi 12 octobre 2015, l’organisation non gouvernementale “Centre des Droits de l’Homme et du Droit humanitaire” (CDH) se dit “profondément préoccupée par des propos injurieux et attaques personnelles dirigées contre Monsieur Moise Katumbi Chapwe” sur le média public la RTNC (Radio télévision nationale congolaise).

Et ce en violation de la Constitution ainsi que de la législation régissant la presse au Congo-Kinshasa. Basée à Lubumbashi, cette ONG ne va pas par quatre chemins en épinglant l’animateur Jean-Pierre Lushima Djaté. “En effet, note le communiqué, en date du 04 octobre 2015 vers 10h00, heure locale de Lubumbashi, l’animateur Lushima Djaté a utilisé comme tribune, le plateau de la RTNC/Kinshasa dans son émission ’Congo-Histoire’, pour proférer des injures publiques à l’endroit de Monsieur Moise Katumbi Chapwe, le traitant notamment de voleur et de traître juif motif pris de sa double démission comme gouverneur du Katanga et président interfédéral du parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD)”.

Le CDH dit son étonnement de voir “cet agent payé par le trésor public” se permettre “en toute impunité d’utiliser un média public pour attenter à l’honneur et à la dignité d’un citoyen”. Et de souligner l’impassibilité qu’affichent le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (Csac) et le ministère des Médias face aux agissements du sieur Lushima Djaté. Pour le CDH, le fait de démissionner d’un parti politique en l’occurrence le PPRD ou d’un poste de gouverneur ne peut en aucun cas constituer une “une infraction”. En revanche, poursuit-il, l’utilisation de la “tribune d’un média public pour débiter des propos diffamatoires contre toute personne, est une violation des dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (Pidcp) dûment ratifié par la République Démocratique du Congo”.

Il en est de même “de la Constitution et de la Loi organique No 11/001 du 10 janvier 2011 portant composition, attribution et fonctionnement du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication ainsi que de la Loi No 96/002 du 22 juin 1996 fixant les modalités de l’exercice de la liberté de la presse”. Après avoir déploré l’impunité dont bénéficie cet animateur de la part de la haute direction de la RTNC, le CDH de souligner que l’opinion congolaise “est scandalisée” par la sévérité à géométrie variable dont font preuve les pouvoirs publics en la matière. A titre d’illustration, il cite “la fermeture, en violation des procédures, des chaînes privées sans motif valable”. C’est le cas notamment de la Radio-Télévision Lubumbashi Jua (RTLJ), qui émet depuis Lubumbashi dont la fermeture date de jeudi 20 novembre 2014 par un arrêté signé par… le directeur de cabinet du ministre des Médias.

Motif invoqué : incitation de la population à la haine tribale. Dans ses recommandations, le CDH demande au ministère des Médias “de prendre des mesures disciplinaires exemplaires” tant à l’égard des dirigeants de la RTNC que de leur agent “pour les faits décriés qui ternissent l’image de la RDC”. B.A.W