Gabriel Kyungu : “S’il m’arrive aujourd’hui quelque chose de mauvais, c’est M. Kabila qui en sera responsable »

Un des frondeurs de majorité au pouvoir à Kinshasa a déclaré dimanche qu’il rendait le président Joseph Kabila “responsable” de ce qui pourrait lui arriver, après l’encerclement par la police de son lieu de culte dominical à Lubumbashi (sud-est de la République démocratique du Congo).

“S’il m’arrive aujourd’hui quelque chose de mauvais, c’est M. Kabila qui en sera responsable”, a déclaré à la presse Gabriel Kyungu wa Kumwanza en quittant “l’église basilique de la Kenya” après la levée du barrage de police devant ce lieu de prière catholique.

“Nous sommes un État de droit et je ne peux pas accepter d’être intimidé tout simplement parce que je prêche le respect de la Constitution”, a ajouté M. Kyungu, figure politique du Katanga (sud-est de la RDC) et chef de l’Union nationale des fédéralistes du Congo (Unafec).

Selon un correspondant de l’AFP accouru sur place, près de 200 hommes en uniforme de la police encerclaient l’église de la Kenya vers 08h00 (06h00 GMT) alors que M. Kyungu assistait à la messe dominicale.

Ils étaient armés de matraques et de boucliers, de kalachnikovs et pour certains de lance-roquettes. Une mitrailleuse lourde montée sur une jeep complétait ce dispositif. Le cordon policier autour du lieu de culte a fini par être levé vers 11h00 (09h00 GMT).

M. Kyungu est l’un des membres fondateurs du G7, groupe de sept partis ayant décidé jeudi de quitter la Majorité présidentielle faute de pouvoir y faire entendre leur point de vue après la révocation de deux de leurs chefs exerçant des fonctions au sein de l’exécutif.

Le feu couvait depuis lundi avec la publication d’une lettre ouverte du G7 au chef de l’État enjoignant celui-ci de ne pas céder à la tentation de s’accrocher au pouvoir mais de préparer l’alternance au sein de sa majorité en vue de la présidentielle devant avoir lieu en novembre 2016.

M. Kabila est à la tête de la RDC depuis 2001 et la Constitution lui interdit de briguer un nouveau mandat. Il entretient cependant le doute sur ses intentions et son avenir politique, et l’opposition le soupçonne depuis des mois de chercher à tout faire pour rester en place plus longtemps, au besoin en retardant les échéances électorales.

AFP

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