Les derniers secrets de Koyagialo

Il fut aussi loyal avec Kabila qu’il le fut avec Mobutu.

Miracle entier: voici un Ngbandi – homme de l’Equateur, pur sang de l’ethnie de Mobutu, martyr du Shaba-Katanga où il fut gouverneur pour se retrouver en prison, martyr de la démocratisation du pays, emprisonné certainement à tort à la suite d’un «printemps noir» qui fit long feu mais conduisit inexorablement à la perte du Léopard, Louis-Léonce Koyagialo Ngbase Te Gerengbo paraît paradoxalement avoir été si adulé par les Katangais après certainement le terrifiant passage de Manzikala qu’un Katangais Augustin Katumba Mwanke – autre gouverneur de province mais Kabiliste – le prit en amitié et en fit un véritable confident.

TRAGIQUE DESTIN.

Il lui fit gravir tous les échelons – de simple permanent de la majorité présidentielle se déplaçant à pied au poste de Premier ministre de la République certes intérimaire après avoir été Vice-premier ministre en charge des Postes, Téléphones et Télécommunications. Louis-Léonce Koyagialo Te Gerengbo avait voulu regagner la maison, l’Equateur qu’il avait quitté trop jeune pour se mettre au service de la Nation aussitôt son diplôme universitaire en poche. Jamais élu, ce grand commis de l’Etat avait voulu prendre sa revanche sur lui-même en remettant à Kabila l’Equateur après l’épisode Jean-Claude Baende. Il n’a jamais su prendre les rênes de la province. La mort lui avait fixé rendez-vous. Inexorablement. Un certain 14 décembre 2014 à Jobourg où, depuis plusieurs mois, il luttait contre elle. Le Soft International publie l’interview qu’il nous accorda peu avant qu’il ne quitte le secrétariat de la Majorité Présidentielle pour entrer au gouvernement. Ce fut en juin 2011.

Louis-Léonce Koyagialo Ngbase Te Gerengbo a accepté jeudi 23 juin de répondre à des questions à bout portant du Soft International. Notamment à celle faisant état des rumeurs sur le retour de Vital Kamerhe Lwa-Kanyiginyi dans la famille politique du Chef de l’Etat. «Il est le bienvenu. Il a tout intérêt à ne pas brûler ce qu’il a adoré hier. Il a écrit un livre laudatif pour Joseph Kabila. Je crois qu’il doit être cohérent avec ce qu’il a écrit sinon les Congolais risquent de ne pas croire en lui». Il lui oppose la culture Shi. Dement la rumeur qui lui attribue le rôle de directeur de campagne de Kabila en 2006. Nous livre nombre d’autres secrets… (Le Soft International daté 1109, 1ère éd. datée vendredi 24 juin 2011).

Au fait, comment vous appeler? Excellence Monsieur le Secrétaire Exécutif? Secrétaire Exécutif?
Ce fut du temps de l’Alliance de la Majorité Présidentielle AMP. Maintenant, je fais fonction de Secrétaire général de la Majorité Présidentielle MP en attendant la désignation du titulaire par l’Autorité Morale. Je crois que c’est pour bientôt.

En attendant la désignation du titulaire ou en attendant l’existence de la Majorité! On la dit en hibernation, elle est mort-née…
La Majorité existe, ses composantes sont là: les composantes physiques – partis politiques, personnalités politiques, associations qui se réclament de l’Autorité Morale en l’occurrence Joseph Kabila Kabange. Ce sont les structures qui ne sont pas encore mises en place. En réalité, les structures existent, il faut en désigner les animateurs. Je vous confirme que c’est pour bientôt.

Vous avez souvent dit «c’est pour bientôt». Cela ne risque-t-il pas d’apparaître long, depuis?
Cela n’ira pas jusqu’au 28 novembre!

Ne voyez-vous pas les Partis politiques, les Personnalités politiques, les Associations désemparés face au vide?
Il y a attente mais pas vide. Attente légitime. Nous avons signé officiellement la Charte le 5 avril. C’est vrai que le temps tient les gens en suspens. Un peu de patience. Je crois que dans quelques jours, les Congolais connaîtront ceux qui vont animer les structures de la Majorité Présidentielle.

Êtes-vous informé? Dans une vie politique normale, ouverte, on peut faire des supputations…
Avec la transparence qu’on lui connaît, on sait que le Président de la République ne travaille pas seul. On travaille avec lui, on met les idées ensemble. Mais c’est lui qui est le chimiste de la solution.

Il y aurait eu une réunion récemment à Kingakati…
Ce ne fut pas une réunion, à proprement parler. On a échangé. Moi, j’ai échangé avec lui.

Avec le Président de la République?
Oui.

Etiez-vous là avec d’autres membres de la Majorité?
Non, il n’y en avait pas d’autres. J’étais seul.

Vous avez rencontré le Chef de l’Etat à Kingakati sur cette question?
Oui. Il était question pour moi de préparer la remise-reprise. Voilà!

Est-elle prête cette remise-reprise?
Je suis prêt à tout moment. Je le savais depuis le 5 avril.

Mais, dans l’intervalle, l’opposition s’organise! Ne vous fait-elle pas peur?
Je ne sais pas! Je crois que chacun fait son lit comme il l’entend. Nous faisons aussi le nôtre comme nous l’entendons. Je pense qu’il ne faut pas se précipiter. Il faut prendre la longueur de temps pour mieux ajuster le tir. Parce que si on y va dans la précipitation, on risque d’oublier certains détails, d’en banaliser certains alors qu’ils seraient importants. C’est ce que l’Autorité Morale de la Majorité Présidentielle est en train de faire et je crois que c’est une attitude de sagesse.

Le Soft International

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