Corruption, détournements des deniers publics, blanchiment des capitaux : la Société civile prépare sa plainte

La chronique est loin de tarir autour de la plainte déposée dernièrement au Parquet général de la République, au nom du chef de l’Etat, par le professeur Luzolo Bambi Lessa. Le Parquet général se prépare, pour la même cause, à en recevoir une autre. Celle-ci émane des organisations locales, poussées dans cette action par de grosses machines internationales, telles que Global Witness, Transparency international ou Human Rights Watch., Décidément, la plainte a ouvert une brèche qu’il ne sera pas facile de refermer de si tôt.

La plainte de Kabila, transmis aux bons soins des services du Parquet général de la République, par le professeur Luzolo, son conseiller spécial en charge de la bonne gouvernance, lutte contre la corruption, blanchiment des capitaux et financement du terrorisme, continue à faire des vagues.

Si des fuites parvenues dans l’opinion évoquent de grands bonzes du régime parmi les personnes visées, les prochains jours promettent bien des surprises.

A ce stade, le suspense est total, dans la mesure où on a du mal à prédire exactement ce qui s’en suivra. Une chose est sûre, néanmoins, la plainte déposée par le professeur n’est pas un canular. L’action a bel et bien été engagée auprès des services du Procureur général de la République. Elle vient d’ailleurs d’être confirmée par le ministre de la Communication et Médias, Lambert Mende Omalanga, dans un communiqué diffusé curieusement en anglais.

En effet, alors qu’on s’attendait à ce que le PGR éclaire l’opinion, à la place c’est Mende, porte-parole du gouvernement, qui s’est chargé de signer le communiqué. Qu’est-ce qui explique cette intrusion du gouvernement dans une affaire qui relève normalement de la justice ? Qu’importe!

Le plus important est que la machine judiciaire se prépare à une vaste opération de nettoyage. Les premiers visés seraient de gros calibres, confirment des sources proches du dossier. Crever l’abcès ou éventrer le boa, tous les termes y pas, sent. Il y a, cependant, des interrogations qui subsistent. Le chef de l’Etat, initiateur de cette action, va-t-il laisser à la justice 1e temps d’aller jusqu’au bout de la démarche? N’y aurait-il pas de pressions de tous genres pour, finalement, étouffer cette action dans l’œuf? La chronique va dans tous les sens. Déjà, l‘on apprend que de sérieuses menaces seraient exercées sur le professeur Luzolo.

C’est dire que tout peut arriver. Il faut craindre le pire, notamment un effet « boule de neige » qui pourrait probablement déboucher sur des révélations époustouflantes.

LE CERCLE S’ELARGIT

Il devait en tout cas en être le cas. En effet, la plainte de Luzolo a ouvert une brèche que tous, notamment les acteurs de la Société civile, attendaient depuis bien longtemps. Des informations les plus concordantes rapportent qu’un collectif d’organisations de la Société civile se prépare à emboiter le pas à l’action du chef de l’Etat. Elles sont, dans cet élan, poussées par de grosses machines internationales telles que Global Witness, Transparency International ou Human Rights Watch, etc.
Ce n’est donc qu’une question de temps, en attendant de ficeler la plainte. Une deuxième plainte pour corruption, détournements des fonds publics, blanchiment des capitaux, etc. devait bientôt atterrir sur la table de travail du Procureur général de la République.

Selon les mêmes sources, cette plainte devait inclure d’autres domaines tels que l’enrichissement illicite ou les biens mal acquis autrefois appartenant à l’Etat. Le déballage promet bien des étincelles.

Pour plus d’équité, d’ailleurs, la Ligue contre la corruption et la fraude, citée par RFI, a invité le. Procureur général de la République à s’intéresser également au cas de détournement des fonds de la Société nationale d’électricité qui avait impliqué, il y a quelques années, un ancien membre du cabinet du président de la République, aujourd’hui deuxième personnalité du gouvernement central.
Les mêmes organisations pensent que les enquêtes dans des secteurs les plus juteux des mines, des hydrocarbures et des forêts où des faits totalement compromettants ont été commis par différents dirigeants qui se sont succédé aussi bien au niveau du gouvernement que de différents services publics. me toujours, les régies financières, à savoir la Direction générale des douanes et accises, la Direction générale des impôts et la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et des participations ne devaient pas être épargnées par cette vague.
A quelque niveau que ce soit, tous ont trempé dans la magouille.
Pour la Société civile, à moins de servir d’autres objectifs que la promotion de la bonne gouvernance, l’action du chef de l’Etat doit s’étendre à tous les niveaux. Pour besoin d’efficacité de l‘action judiciaire, d’autres estiment que les personnes nommément repris dans la plainte de Luzolo devaient normalement être démis de leurs fonctions pour donner l’occasion à la justice de faire librement son travail. C’est aussi une occasion d’empêcher, pense la Société civile, toute dissimulation des preuves et falsification des éléments de la plainte. Des mesures préventives, telles que la suspension ou la révocation pire et simple, sont donc nécessaires pour permettre à ce que l‘action du chef de l’Etat trouve un champ bien défriché, préconise-t-elle.

L’appel de la Société civile sera-t-il entendu ? Nul ne le sait. Pour l’instant néanmoins, elle se prépare à enrichir le dossier transmis auparavant au PGR.

LE POTENTIEL

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