UDPS : Félix Tshisekedi dément tout rapprochement avec Joseph Kabila

Au cours d’une conférence de presse tenue tout récemment à Bruxelles, le fils du « lider maximo » a, par ailleurs, clamé sa conviction à l’avènement de l’alternance démocratique en RDC en vue de « permettre au peuple congolais de reprendre son destin en main ».

Secrétaire national de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) chargé des Relations extérieures, Félix Tshisekedi est devenu la cible, depuis plusieurs semaines déjà, des mauvaises langues. À son sujet, il se raconte beaucoup de choses avec toujours cette volonté de nuisance manifeste. Après l’avoir présenté comme le virtuel successeur de son père à la tête du parti alors qu’une telle option est censée être discutée en interne dans le cadre d’un congrès, la folle rumeur lui a également prêté l’intention de vouloir s’accaparer les structures du parti à son bénéfice. En fait, l’homme qui a pris la décision de revigorer le parti en le tirant de sa longue léthargie apparaît comme un éternel incompris au sein de l’UDPS actuellement écartelé entre plusieurs intérêts.

Comme si cela ne suffisait pas, la rumeur publique venait dernièrement de l’enfoncer en confirmant un rapprochement entre lui et Joseph Kabila. Il se susurre dans la ville haute que les deux personnalités se seraient passées un deal qui consistait à faire du rejeton de « lider laximo » le Premier ministre du gouvernement de transition censé sortir au terme du dialogue. Joseph Kabila, à en croire ses détracteurs, chercherait à crédibiliser son fameux schéma de « glissement » en forçant un consensus politique devant inévitablement passer par le débauchage de quelques gros poissons de l’opposition. En cela, Félix Tshisekedi paraît constituer une alternative valable dans le sens de crédibiliser un plan qui a véritablement du mal à passer dans l’opinion. Coupant court à la rumeur, Félix est monté au créneau pour démentir cette information qui tient plutôt de l‘intox vis-à-vis de sa personne.

C’est à partir de Bruxelles où il séjourne qu’il a démenti, dans le cadre d’un point de presse tenu le 19 juin, le prétendu deal qu’il aurait conclu avec Joseph Kabila. « Je n’ai jamais conclu de pacte avec Joseph Kabila », avait-il martelé tout en précisant qu’il n’a jamais reçu une telle offre de la part de la « kabilie ». Et de poursuivre : « Je tiens à vous assurer que j’entends poursuivre le combat politique jusqu’à la libération effective de notre pays ». Tout en sachant que le chef de l’État reste obsédé à l’idée de demeurer au pouvoir au-delà de 2016, Félix Tshisekedi a laissé entendre qu’il n’est pas disposé à cautionner une telle supercherie qui fâche la Constitution et les lois de la République. « Je ne serai jamais le Premier ministre de Joseph Kabila », avait-il asséné.

Concernant le dialogue qui se profile à l’horizon, il a invité la « communauté internationale » à « prendre ses responsabilités » en le pilotant dans l’unique but de « rassurer les uns et les autres sur la crédibilité des scrutins ». Pour nombre d’observateurs, ce discours acéré de Félix Tshisekedi assorti des préalables tranche avec la modestie et le fair-play ayant caractérisé ses récentes prises de position plutôt favorables au dialogue proposé par le chef de l’État. Relayant la vision de son parti, l’intéressé avait, à maintes occasions, fait savoir qu’il y voyait une meilleure solution pour sortir le pays de la crise politique qu’il traverse.

Alain Diasso

Les Dépêches de Brazzaville

Commenter

Cliquez-ici pour commenter

Laisser un commentaire