Evêques : Touche pas à la « Sainte » Constitution !

Consultés par le président de la République le mardi 2 juin, les prélats catholiques saluent l’idée d’organiser des discussions politiques avant d’aller aux élections, mais restent fermes sur une chose : que la loi fondamentale ne soit pas piétinée.

La semaine s’est ouverte avec le début des consultations des forces vives de la Nation par le chef de l’Etat, Joseph Kabila, en perspective du dialogue politique qui se profile à l’horizon. Les premiers à être reçus dans ces consultations au Palais de la Nation, sont des confessions religieuses et des autorités coutumières. Les représentants de l’Eglise catholique, conduits par le président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), Mgr Nicolas Djomo, n’ont pas fait dans la dentelle devant le Président de la République, à en croire leur compte-rendu après la visite.

Pour les Evêques catholiques, le dialogue reste la voie royale pour dissiper les malentendus. L’idée du chef de l’Etat de convoquer ces discussions est donc vivement saluée. Mais les princes de l’Eglise veulent à ce que ce dialogue se déroule avec des bonnes intentions politiques qui rencontreraient l‘aspiration du peuple congolais. En termes clairs, ils mettent en garde les acteurs politiques contre toute tentative e de violer la Constitution de la République, un document sacré pour tout un peuple.

S’ils avaient utilisaient le même langage que les opposants qui ont boycotté ces assises de peur de tomber dans un piège qui ne dit pas son nom, les évêques auraient employé le mot « glissement ». Les Princes de l’Eglise ont préféré un ton neutre, mais qui veut dire la même chose. Sur Télé 50 le même jour. Nicolas Djomo a déclaré que ce dialogue ne doit pas provoquer une quelconque « prolongation des élections. « Glissement » ou « prolongation » ? Il n’y a qu’une différence de forme. Dans le fonds, c’est bonnet blanc, blanc bonnet.

Lorsqu’on parle, d’un côté, du respect de la Constitution et de l’autre, de la non- prolongation, pas besoin d‘être un spécialiste aguerri de la politique congolaise pour comprendre que l’allusion est faite à la présidentielle et aux législatives. Ces scrutins jumelés sont les seuls à être organisés en intervalle régulier au pays (2006 et 2011) et les seuls dont l’échéance est encore constitutionnellement respectable. Les restes des scrutins (provinciales et locales) n’ont aucun repère constitutionnel jusque-là et peuvent être organisés à tout moment, pourvu qu’ils n’empêchent pas la présidentielle et les législatives nationales. A vrai dire, la CENCO exprime les mêmes inquiétudes que le MLC, l’UNC et autres partis de l’opposition qui disent non au dialogue, à la seule différence qu’elle est d’accord sur la tenue du dialogue. Ce qui peut, dans une certaine mesure, rassurer les boudeurs et les convaincre de rejoindre l’Arche de Joseph Kabila.

Avertissement vieux de 2011

L’insistance des Evêques n’a rien de nouveau. Ils sont restés fidèles à leur logique depuis 2011. Après des élections chaotiques organisées cette année, les évêques, au cœur de la surchauffe en raison notamment des déclarations d’un de leur, le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya qui avait clairement dit que les résultats de la présidentielle remportée par Kabila de non conforme à la « vérité des urnes ».

Les évêques avaient fini par toléré le fait accompli, mais en laissant un avertissement au président réélu : terminer son mandat et ne pas chercher à se représenter pour un troisième cinq ans plus tard, en modifiant la Constitution.

A dix-huit mois de la fin de ce second mandat toléré malgré ses circonstances, l’occasion était belle pour les évêques de rappeler à l’actuel chef de l’Etat ce qu’ils ont toujours pensé. C’est presque, pour eux, une parole d’évangile.

Par Socrate Nsimba

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