Alors que l’audience reprend ce jeudi à la Haute Cour Militaire, la Voix des Sans Voix s’insurge contre toute tentative de disjonction des poursuites à l’endroit des prévenus présents et ceux prétendument en fuite et continue à exiger l’arrestation du Général John Numbi considéré comme le suspect N° 1 dans cette affaire.

Le procès en appel de double assassinat de deux défenseurs des droits de l’homme, membres de l’Ongdh  » la Voix des sans voix pour les droits de l’homme (VSV), Floribert Chebeya et Fidèle Bazana Edadi reprend ce jeudi 30 avril 2015 devant la Haute Cour Militaire(HCM).

En marge de cette audience, VSV parle déjà d’une théâtralisation de cette grave affaire suite au manque de volonté politique dans le chef des autorités congolaises en vue de contribuer à la manifestation de la vérité sur les circonstances réelles de l’assassinat de Floribert Chebeya et son chauffeur Fidèle Bazana.
L’Ongdh VSV qui est concernée au plus haut point dans cette affaire exhorte les autorités de la RDC à mettre fin à la théâtralisation de ce procès.

VSV qui est aussi l’une des parties civiles s’était d’ailleurs retirée de ce procès dénonçant la manière dont l’instruction du dossier se déroulait devant la HCM. Mais, si l’on arrêtait John Numbi, l’Ongdh sera alors prête à se constituer en partie civile et à reprendre le chemin du procès.  » La justice ne peut se racheter en prenant en compte les revendications de VSV de voir un jour John Numbi arrêté « , martèle Peter Tumba Mukulu, coordonateur des activités de VSV.

Si John Numbi est arrêté, la VSV reviendra au procès, ajoute t il.

Deux ans après la suspension volontaire du procès Chebeya et Bazana, la reprise de cette affaire le 21 avril 2015 n’augurait rien de bon avec la proposition, sous prétexte de gagner du temps, de juger uniquement les prévenus présents en opérant la disjonction des poursuites entre eux et les accusés en fuite.

C’est pourquoi VSV s’insurge contre toute tentative de disjonction des poursuites à l’endroit des prévenus présents et ceux prétendument en fuite.

La VSV invite les autorités judiciaires congolaises à procéder à l’arrestation immédiate de Christian Kenga Kenga et Jacques Mugabo qui circulent librement en RDC au lieu de distraire l »opinion publique avec un procès sciemment tiré en longueur.

L’Ongdh souhaite, à l’occasion de l’audience de ce jeudi, que la justice procède à l’arrestation de John Numbi Banza Tambo qui circule librement en RDC alors qu’il aurait du être converti en prévenu aux premières heures de l »annonce de l’assassinat de deux défenseurs des droits de l’homme dans les installations de l’Inspection Générale de la Police le 1er juin 2010 à Kinshasa.

Non au régime des intouchables

Pour VSV, le procès Chebeya et Bazana a pris trop de temps parce que Kinshasa le veut ainsi. Le cas de Major Paul Mwilambwe, un des prévenus en fuite rentré au pays en 2011 afin de se présenter devant la justice a été empêché délibérément et soustrait ipso facto.

Les autres prévenus en fuite comme Christian Kenga Kenga et Jacques Mugabo se sont à maintes reprises retrouvés sur le territoire national, plus précisément à Lubumbashi sans être inquiétés.

Il en est de même du Général John Numbi Tambo Banza , suspect N°1 dans cette affaire qui n’a jamais été arrêté et qui continue à circuler librement au pays.

» C’est l’absence de volonté politique qui frise le déni de justice qui ne dit pas son nom et l’instauration en RDC d’un régime des intouchables parfois plus forts que l’Etat qui, ont entre autres, contribué à tirer en longueur ce procès au grand dam des parties civiles et de la communauté mondiale des défenseurs des droits de l’homme « , tance Justin Chiba, l’un des directeurs exécutifs adjoints de la VSV.