Kinshasa – L’avocat de sept militants congolais pro-démocratie arrêtés le 15 mars lors d’une rencontre internationale controversée à Kinshasa a déposé lundi une plainte pour arrestation arbitraire de ses clients, a-t-on appris auprès de la défense.

Il s’agit d’une plainte contre inconnu (contre X, ndlr) pour enlèvement, arrestation arbitraire, détention et perquisitions illégales ainsi que pour violation des droits garantis aux particuliers, selon une copie de la lettre de Me Sylvain Lumu adressée au procureur général de RDC.

Joint par téléphone, Me Lumu a précisé que cette plainte visait à défendre ces sept militants pro-démocratie arrêtés mais que d’autres personnes restaient détenues, sans pouvoir en indiquer le nombre ni l’identité.

Parmi les militants qu’il défend figurent Fred Bauma, du mouvement Lutte pour le changement (Lucha), basé à Goma dans l’est du pays, et Mi-Yangu Kiakwama kia Kiziki, membre du mouvement Filimbi et fils d’un député. Vendredi, l’appartement de ce dernier a fait l’objet d’une perquisition forcée, selon Me Lumu.

Dans son courrier, le défenseur demande au procureur des investigations et des poursuites pénales contre les responsables de ces arrestations arbitraires présumées.

Après une motion du député d’opposition Gilbert Kiakwama, père du militant de Filimbi arrêté, une mission d’information doit être mise en place pour étudier toute l’affaire, a indiqué lundi sur Twitter un député du même camp, Juvénal Munubo.

Chaque groupe parlementaire va désigner un député dès demain (mardi), a-t-il dit.

Le but est de s’enquérir de la situation, de faire la lumière sur ce qu’on reproche à ces jeunes et aussi de savoir où ils sont détenus, a-t-il précisé à l’AFP.

Le 15 mars, les forces de l’ordre ont arrêté une trentaine de personnes, dont trois militants sénégalais, un Burkinabè et plusieurs Congolais qui avaient participé à une rencontre sur la bonne gouvernance et la démocratie, en plein débat sur un éventuel troisième mandat du président congolais Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001.

Une partie des personnes arrêtées, dont des journalistes et un diplomate américain, ont été libérées le 15 mars au soir.

Les militants étrangers ont été expulsés le 18 mars, accusés de s’être rendus en RDC pour préparer des actes de violence. Le lendemain de ces expulsions, six militants et rappeurs congolais ont été libérés.

Cette affaire a éclaté dans un climat politique tendu en RDC.

En janvier, de violentes manifestations (27 à 42 morts, selon les sources) ont eu lieu principalement à Kinshasa à cause d’un projet contesté de révision de la loi électorale. Il aurait pu permettre à M. Kabila de rester en poste après la fin 2016, date du terme de son mandat, alors que la Constitution lui interdit de briguer un nouveau quinquennat.

Avec AFP