Tout en saluant la publication du calendrier global des élections générales par la Commission Electorale Nationale Indépendante, la majorité des congolais a eu la nette impression de se trouver devant un piège à cons.

Certes, ce calendrier global fait suite à de nombreuses réclamations émanant de différentes couches des populations et des forces politiques toutes tendances confondues et plus particulièrement au lendemain du vote intervenu dans les deux chambres sur le projet de la loi électorale. A la chambre basse, on le sait, les membres de la Majorité Présidentielle avaient voté ce projet de loi tel que présenté par le gouvernement assorti de l’article 8 jugé liberticide qui prévoyait l’organisation et la tenue du recensement général comme préalable à élection présidentielle. D’aucuns ont vu dans cet article une tentative de violation de la Constitution en son article 73 qui stipule que: « le scrutin du vote du chef de l’Etat doit intervenir 90 jours avant l’expiration du mandat du président de la République ». D’où les accusations de vouloir ouvrir la voie au glissement du mandat de l’actuel chef de l’Etat au-delà du délai prescrit par la constitution en vigueur en son article 220 considéré comme verrouillé.

Cependant, la question qui taraude de nombreux observateurs est celle de savoir d’où proviendra la somme d’un milliard deux cent millions des dollars Us que réclame la Commission Electorale Nationale Indépendante pour organiser et tenir ces élections générales. D’autant plus que cette rondelette somme représente le cinquième du budget annuel produit par les régies financières et autres services générateurs des recettes en plus des participations de l’Etat dans certaines sociétés commerciales publiques et privées. Bien entendu, les trois autres milliards des dollars Us provenant de nos partenaires extérieurs pour parvenir au budget annuel de neuf milliards comme prescrit dans la loi des finances adoptée par les deux chambres du parlement et promulgué par le chef de l’Etat.

Les partenaires redoutent aussi le glissement

Du côté des partenaires extérieurs, le ton est à l’apaisement car s’ils ont salué aussi la publication de ce calendrier global, ils se posent aussi des questions sur la provenance de cette rondelette somme tant réclamée par la CENI. Abordé à ce sujet, chacun d’entre eux ne cache pas son étonnement et promet de libérer tout au plus 30 à 50 millions de dollars Us comme participation à cet effort de soutenir la RDC dans l’organisation et la tenue de ces élections générales. Or, à ce que l’on sache, il n’y a pas plus de dix partenaires extérieurs qui délieront le cordon de la bourse pour appuyer financièrement ces élections en RDC.

Dès lors que l’on ne pourra pas mobiliser ce milliard deux cent millions des dollars Us réclamés par la CENI, ce sera l’impasse.’ L’on se retrouvera devant des contraintes financières qui vont démontrer que l’on ne peut pas aller loin. Le pays sera donc devant ce fameux glissement de fait et de tous les dangers tant redouté et décrié par la majorité des congolais et de nos partenaires extérieurs. Va-t-on alors revivre les trois journées chaudes du 19, 20 et 21janvier de cette année qui ont vu le sang des congolais couler à flots, des centaines d’entre eux appréhendés et transférés dans les cachots des services de sécurité?

Vivement le dialogue…

Face à l’éventualité d’un blocage au niveau de la mobilisation du financement de ces élections, certains partis politiques, dont particulièrement I’UDPS et Alliés ainsi que les principaux partenaires extérieurs en appellent à plus de réalisme. D’où l’urgence et la nécessité de se retrouver autour d’une table pour débattre des voies et moyens en vue d’organiser des élections par une commission consensuelle pour ne plus revivre les tripatouillages scandaleux de novembre 2011. Etienne Tshisekdi vient de le rappeler lors de son adresse faite le samedi dernier à l’hôtel Piazza de Bruxelles à l’occasion du 33ème anniversaire de son parti.

Ce dialogue tant attendu pourra proposer aux Congolais de parer au plus pressé, notamment’ à l’organisation des élections provinciales, législatives et présidentielle. Car, avec les provinciales, le pays pourra se doter des assemblées provinciales desquelles sortiront les gouverneurs et les sénateurs. Les législatives aboutiront à donner au pays des députés nationaux pour former un gouvernement légitime tandis que la présidentielle sonnera la toesin pour un nouveau régime politique chargé alors .d’organiser dans un délai des quatre ans un recensement général des populations. C’est alors que le pays sera en mesure d’organiser les élections urbaines, municipales et locales.
F.M.