Des ministres Belges à Kinshasa pour 4 jours

Les ministres belges des Affaires étrangères et de la Coopération au développement, Didier Reynders et Alexander De Croo, s’envolent samedi pour une visite de quatre jours en République démocratique du Congo (RDC), à l’image de la mission conjointe qu’ils avaient déjà menée début janvier au Rwanda et au Burundi voisins alors que Kinshasa se remet des manifestations violentes contre la modification – finalement abandonnée – de la loi électorale.

 

Ils ont à leur agenda des rencontres avec des membres du gouvernement congolais et sans doute avec le président Joseph Kabila, mais aussi de l’opposition et de la société civile, ont indiqué vendredi leur entourage.

L’un des thèmes centraux de ces entretiens sera le prochain cycle électoral, qui doit débuter par des scrutins locaux en octobre prochain avant de culminer par une présidentielle et des législatives en novembre 2016, peu avant l’expiration du second mandat de Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001.

Le calendrier publié le 12 février par la Commission électorale nationale indépendante (Céni) prévoit l’organisation des scrutins en retard: élections des députés provinciaux et élections locales (25 octobre 2015), élections sénatoriales (17 janvier 2016) et des gouverneurs de provinces (31 janvier 2016), ces deux derniers scrutins devant se tenir au suffrage indirect comme l’élection des maires (7 mars 2016). La présidentielle et les législatives sont fixées au 27 novembre 2016. Le tout avec un budget estimé à environ 1,1 milliard de dollars pour sept scrutins différents.

Une partie de l’opposition congolaise craint que Joseph Kabila, 43 ans, à qui la Constitution interdit de se représenter en 2016, cherche à retarder la présidentielle pour pouvoir rester en fonction au-delà du terme de son second quinquennat.

En janvier, des manifestations de protestation contre une révision de la loi électorale qui aurait permis de reporter la présidentielle ont été durement réprimées, au prix de 27 morts, dont 23 à Kinshasa, en trois jours, selon un bilan officiel.

Ces manifestations et la pression internationale – ainsi que des réticences jusque dans le camp présidentiel – ont conduit à l’abandon de la disposition contestée: un recensement préalable de la population de cet immense pays. Mais la nouvelle loi, adoptée le 25 janvier, lie cependant potentiellement la tenue des législatives aux résultats du recensement. Ce scrutin devant avoir lieu avec la présidentielle, certains juristes ou opposants craignent que cette disposition puisse être utilisée pour retarder l’échéance de « l’élection reine« .

Dès la promulgation de la loi, Didier Reynders avait appelé toutes les parties prenantes à contribuer à la tenue d’élections « transparentes, libres et justes » et souhaité le respect du calendrier électoral établi par la Céni.

Durant leur séjour en RDC, Didier Reynders et Alexander Croo évoqueront aussi le climat des affaires en RDC et l’instabilité endémique dans l’est du pays, qui reste le premier partenaire de la Coopération belge.

Ils se rendront ainsi à Goma, le chef-lieu de la province du Nord-Kivu, frontalière du Rwanda et de l’Ouganda. Cette région pullule de groupes armés locaux et étrangers, dont les rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), sommés de déposer les armes au plus tard le 2 janvier dernier mais qui ne l’ont pas fait. Et l’offensive promise par l’armée congolaise contre les FDLR tarde à se concrétiser alors que la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (Monusco) refuse de fournir son aide logistique, stratégique et opérationnelle aux Forces armées de la RDC (FARDC) en raison de la présence de généraux contestés au sein du commandement militaire congolais.

Avec leur départ de Kinshasa, prévu mercredi soir, les deux ministres devraient encore rencontrer Joseph Kabila.

Lors d’une récente rencontre avec les principaux ambassadeurs occidentaux à Kinshasa, Joseph Kabila avait réaffirmé que la RDC était « un Etat souverain » et fustigé « le comportement général des membres du corps diplomatique, qui ne paraît plus obéir aux règles et aux principes qui sont édictés par les différentes conventions internationales« .

Belga

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