Vers un retrait « progressif » de la Monusco?

Au regard de l’évolution positive de la situation politico-sécuritaire en Rd Congo, le Président de la République a, lors de son discours sur l’état de la nation devant l’Assemblée nationale et le Sénat réunis en Congrès, préconisé une réduction des troupes de la Monusco.

Premier à réagir, Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’Onu avait, sur un effectif de 20.000 casques bleus présents en Rd Congo, proposé le retrait de seulement 10%, soit 2.000 militaires. Un nombre jugé très insignifiant par les Congolais.

Il fallait à ce moment-là attendre la décision du Conseil de sécurité, qui lui ne s’est réuni que hier jeudi. A en croire une dépêche tombée sur notre table, lors de cette réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la situation en République démocratique du Congo, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, s’est félicité des progrès réalisés au cours de ces dernières années, mais a estimé que le retrait de la Mission de l’ONU dans le pays (MONUSCO) devrait être progressif.

M. Ladsous a présenté aux 15 membres du Conseil les résultats de la revue stratégique qui a eu lieu ces derniers mois concernant la MONUSCO.

« Il a été convenu que de grands progrès ont été réalisés en RDC au cours de ces dernières années : le retrait des forces armées étrangères, la réunification du pays, l’établissement du gouvernement de transition et deux élections nationales », a-t-il noté.

« Toutefois, des défis subsistent et en dépit de la défaite militaire du M23, des groupes armés congolais et étrangers, en particulier le FDLR et l’ADF, continuent de représenter une menace pour la population civile et pour la stabilité et le développement de l’est de la RDC et de la région des Grands Lacs ».

Le chef des opérations de maintien de la paix a constaté qu’il y avait eu ces derniers jours des « incidents troublants liés au processus électoral ». « Le peuple congolais a le droit de manifester pacifiquement. Nous exhortons le gouvernement à garantir que toute réponse aux manifestations violentes soit proportionnée », a-t-il ajouté.

Selon la revue stratégique, « la MONUSCO continue de jouer un rôle important dans la stabilisation de la situation en RDC », a-t-il souligné. Toutefois, dans le contexte d’amélioration de la situation dans certaines parties de l’est du pays, le Secrétaire général de l’ONU a recommandé de réduire les effectifs militaires de la Mission de 2.000 Casques bleus.

Hervé Ladsous a rappelé que le Président congolais Joseph Kabila et son gouvernement ont plaidé pour une réduction plus importante. Mais, selon lui, « étant donné les nombreux défis politiques et sécuritaires qui subsistent, toute réduction au-delà du chiffre recommandé aurait des implications négatives sur la capacité de la force à mettre en œuvre son mandat ».

« Cela ne veut, toutefois, pas dire que la MONUSCO devrait rester en RDC éternellement », a-t-il ajouté. « Le retrait de la MONUSCO devrait être progressif » et « dépendra de l’engagement et de la capacité du gouvernement à réaliser des progrès tangibles dans la neutralisation des groupes armés, notamment le FDLR et l’ADF ».

(L’Avenir)

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