Un (petit) pas vers de nouvelles élections en RDC

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a déposé lundi 5 janvier un projet de loi pour définir les contours des prochaines élections devant avoir lieu en 2015 et 2016, dont la prochaine présidentielle.

Le Parlement, en session extraordinaire jusqu’au 26 janvier, devrait examiner rapidement ce texte, dont la promulgation permettra la publication du calendrier électoral complet exigé par la communauté internationale en vue d’un éventuel financement étranger des différents scrutins à venir.

Les élections locales ont déjà été annoncées pour 2015. Elles doivent être suivies par les provinciales et les sénatoriales avant la présidentielle et les législatives devant avoir lieu fin 2016. L’exécutif enterre ainsi ses projets de loi de révision constitutionnelle annoncés en juin mais jamais rendus publics. L’opposition a longtemps accusé le pouvoir de chercher à vouloir modifier la Constitution afin de permettre à Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà de 2016.

« Candidatures fantaisistes »

En vertu de la Constitution actuelle, le chef de l’État, au pouvoir depuis 2001, ne peut pas se représenter en 2016. Le président a jusqu’à présent refusé de céder à l’opposition qui lui demande d’annoncer clairement qu’il se retirera du pouvoir à la fin de son mandat.

Le projet de loi déposé lundi, dont l’AFP a obtenu une copie, amende la loi électorale existante. S’il est adopté, l’élection des députés provinciaux devra avoir lieu au scrutin universel direct, comme le prévoit la Constitution, alors que le gouvernement avait insisté sur la nécessité de modifier la loi fondamentale sur ce point, arguant que l’organisation d’élections directes serait trop coûteuse.

Afin de« lutter contre la multiplicité des candidatures fantaisistes » les frais de dépôt de candidature à la présidentielle ont été doublés passant de 50 à 100 millions de francs congolais (environ 90 500 euros), non remboursables, indique le texte.

Faire traîner les choses

Entaché de nombreuses irrégularités aux yeux de la communauté internationale et rejeté par l’opposition, la présidentielle de 2011 a permis à M. Kabila de se maintenir à son poste au prix d’une grave crise politique. Aucune autre élection n’a eu lieu depuis.

Selon plusieurs diplomates, la chute du président Blaise Compaoré au Burkina Faso a refroidi les ardeurs des partisans d’une révision constitutionnelle qui permettrait à M. Kabila de se maintenir au pouvoir. Mais le camp du président chercherait désormais à gagner du temps en retardant le processus électoral.

Joseph Kabila a annoncé que l’année 2015 serait « marquée par l’organisation des élections locales, municipales et provinciales ainsi que le démarrage des opérations du recensement de la population ».

L’opposition a immédiatement dénoncé l’organisation de ce recensement comme une manœuvre destinée à faire traîner les choses, dans un pays grand comme près de cinq fois la France et pratiquement dépourvu d’infrastructures.

(AFP)
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